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Monde

Palestine vivra, Palestine vaincra !

Plus de 1000 prisonniers palestiniens en grève de la faim illimitée

Ce lundi 17 avril, « journée des prisonniers » en Palestine, plus de 1000 détenus ont entamé une grève de la faim. Ils revendiquent la fin de l’apartheid et dénoncent les conditions de détention inhumaines dans les geôles de l’État israélien.

Depuis 40 ans en Palestine, le 17 avril est la « journée des prisonniers », en soutien à tous les Palestiniens incarcérés dans les geôles de l’État sioniste. Mais ce lundi 17 avril 2017 n’a pas été comme les autres car il a été le point de départ d’une grève de la faim illimitée lancée par Marwan Barghouthi, leader du Fatah, homme politique préféré des Palestiniens et incarcéré depuis 15 ans dans la prison de Hadarim. Il est actuellement suivi par plus de 1000 autres détenus. Leurs revendications : mettre fin à l’apartheid judiciaire et aux conditions de détention inhumaines en Israël.

Dans une tribune parue dans le New York Times, Marwan Barghouthi, leader de la seconde Intifada, condamné cinq fois à perpétuité pour son combat contre l’occupation israélienne, explique les raisons de la grève de la faim illimitée qu’il a lancée lundi dernier à l’occasion de la très populaire « journée des prisonniers » :

 « Les prisonniers palestiniens souffrent de torture, de traitements dégradants et inhumains et de négligence médicale, certains ont été tués en détention. »

Il condamne le pouvoir colonial israélien et ses méthodes qui instaurent un véritable « apartheid judiciaire qui garantit une impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des Palestiniens et criminalise la présence et la résistance palestinienne ». C’est également l’occasion de rappeler que depuis 1967, près de 850 000 Palestiniens sont passés par les prisons d’Israël et qu’actuellement, sur les 6500 prisonniers, l’État colonisateur détient 62 femmes, 300 mineurs, des parlementaires, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme. Près de 500 de ces détenus sont incarcérés de manière extra-judiciaire, sans procès ni inculpation, comme à Guantánamo.

Face à ce mouvement de masse dans les prisons, inédit depuis 2013, le gouvernement israélien n’a pas tardé à répondre avec férocité. Craignant que le mouvement ne soit rejoint par d’autres détenus et que la grève de la faim ne soit pas plus le fait d’individus isolés, la ministre de la Justice Ayelet Shaked a affirmé que les autorités « n’hésiteront pas à utiliser la loi autorisant à nourrir de force des détenus en grève de la faim ». En effet, cette loi permet de nourrir de force les grévistes de la faim pour empêcher leur extradition vers la Palestine. Plus expéditif encore, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman entend réhabiliter «  l’approche de Margaret Thatcher ». Comme lors de la grève de la faim des prisonniers de l’IRA en 1981, le pouvoir cherchera à éprouver la résistance des détenus jusqu’au bout, quitte à ce que certains meurent littéralement de faim.

Le mouvement lancé par Marwan Barghouthi rappelle que le gouvernement israélien ne s’embarrasse pas de la dignité des prisonniers et que son système judiciaire est un élément central de sa politique de colonisation. Plus que jamais, nous devons exprimer notre solidarité avec le peuple palestinien et exiger la fin de l’apartheid !

Photo : AFP/ABBAS MOMANI




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