Monde

Présidentielles 2016 aux Etats-Unis

Primaires. Sanders et Trump triomphent dans le New Hampshire

Publié le 10 février 2016

Après l’Iowa, c’était au tour des électeurs du New Hampshire de se rendre aux urnes dans le cadre des primaires présidentielles républicaine et démocrate. Et c’est les « outsiders » des deux partis qui ont largement triomphé face aux candidats de l’« establishment ».

Ivan Matewan

Le taux de participation était record à travers l’État du nord. En effet, des centaines de milliers d’électeurs se sont déplacés mardi afin de choisir qui devait représenter leur parti à l’élection présidentielle en novembre. La victoire de Bernie Sanders, côté démocrate, et de Donald Trump, côté républicain, constitue un nouveau coup dur contre les candidats favoris de l’establishment politique et inaugure une course à l’investiture qui risque d’être plus compliquée et plus tumultueuse que prévue.

Sanders s’impose face à Clinton

Comme le prédisaient les sondages à la vieille du scrutin, Sanders s’est imposé de manière extraordinaire face à Clinton dans ce petit État du nord. Avec la plupart des voix comptées, Sanders pouvait facilement revendiquer hier soir sa victoire avec 60 % contre 40 % pour Clinton. Pour cette dernière, c’était le couronnement d’une très mauvaise semaine. Malgré les efforts importants que sa campagne a déployés afin de limiter la casse, Clinton a dû avouer sa défaite tôt dans la soirée. C’est certainement son assimilation à la caste politique et économique dirigeante du pays, un clou sur lequel son rival ne cesse de taper, comme il l’a fait la semaine dernière lors du dernier débat démocrate, qui lui a coûté beaucoup de voix.

Sanders doit notamment sa victoire à sa capacité de mobiliser les femmes et la génération du millénaire (les jeunes de 18 à 35 ans). Confirmant cette tendance déjà observée dans l’Iowa où le candidat « rouge » a obtenu plus de 70 % parmi les jeunes, il a récolté près de 90 % parmi cette catégorie de l’électorat hier soir. Il devance Clinton également parmi les femmes, où il arrive en tête d’intentions de vote avec près de 55 %.

Pourtant, Clinton compte bien disputer la nomination jusqu’au dernier moment. Dans un document interne, envoyé aux militants de sa campagne, Clinton montre sa détermination et mise plutôt sur le mois de mars où 56 % des délégués sont en jeu dans 40 Etats et territoires. États et territoires où les populations sont beaucoup plus diverses à la fois socialement, économiquement et ethniquement. Et où elle se maintient jusque-là en position de tête.

Devant une salle brandissant des pancartes de sa campagne, Bernie Sanders a remercié les milliers de bénévoles et de petits contributeurs qui financent sa campagne. « Ensemble, nous avons envoyé un message... Le gouvernement de notre grand pays appartient au peuple et non à une poignée de contributeurs et leurs lobbys. » Ces deux victoires contribuent sans doute à renforcer la dynamique de sa campagne, mais si Sanders veut réduire encore plus l’écart qui existe à l’échelle nationale entre Clinton et lui-même, il va falloir s’adresser notamment aux Noirs et aux immigrés parmi lesquels son message ne passe pas encore.

Trump gagne, mais ses adversaires poursuivent la lutte

Côté républicain, Donald Trump, le milliardaire incendiaire, s’est imposé avec 34 % du vote contre le gouverneur modéré de l’Ohio, John Kasich (16%) et le gagnant des caucus de l’Iowa, Ted Cruz (12%). Les autres candidats – Jeb Bush, Marco Rubio et Chris Christie – ont chacun obtenu environ 10 %.

Même si tous les sondages misaient sur la victoire de Trump, le résultat a tout de même surpris après les caucus de l’Iowa où Ted Cruz a gagné, et où Marco Rubio a talonné Trump. Le milliardaire a salué ses soutiens avec ses discours et gestes devenus désormais trop classiques. Avec son discours populiste typique, il a loué le « grand passé » des Etats-Unis et appelé à renouer avec les meilleurs des sentiments réactionnaires comme la xénophobie et la critique du gouvernement fédéral et de l’élite politique.

La primaire républicaine est alors beaucoup plus ouverte que ce que l’on aurait pu penser. Et cela pose problème pour la caste dirigeante du parti qui avait pris position dans un premier temps en faveur de Jeb Bush, qui se retrouve aujourd’hui loin de la ligne d’arrivée. Mais aucun candidat n’a annoncé son retrait de la course à l’investiture hier soir.

Dans tous les cas, les résultats de ces nouvelles primaires, à gauche comme à droite, confirment le message que les électeurs de l’Iowa ont envoyé la semaine dernière : une mise en garde contre l’establishment politique. Deux nouvelles primaires – en Caroline du Sud et dans le Nevada – doivent venir confirmer ou infirmer ces tendances fin févier.