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Monde

Hypocrisie et démocratie

Quand Maduro traite Rajoy de dictateur

Tandis que la répression s’abat brutalement sur la Catalogne qui combat pour son droit à l’autodétermination, Nicolas Maduro, le président du Vénézuela s’est grisé lors d’une invective adressée à Mariano Rajoy, qu’il qualifie de dictateur. Et celui qui est le responsable depuis avril de la mort de dizaines de manifestants, dit tendre la main à la Catalogne qu’il encourage à résister.

La répression au nom de la démocratie

Lorsque les Bonaparte de tous acabits s’invectivent en s’adressant des leçons en matière de démocratie, il faut s’interroger, et quand bien même l’un serait président du conseil d’un pays impérialistes et le second autocrate à la tête d’une semi-colonie actuellement agressée par les sanctions étatsuniennes et européennes. Alors que dans l’Etat espagnol Mariano Rajoy fait réprimer très durement, au nom de la démocratie les manifestants et toutes celles et ceux qui osent participer au référendum d’autodétermination, c’est encore au nom de la démocratie que de l’autre côté du globe, celui-là même qui, quelques mois plus tôt, réprimait dans le sang les manifestations, enjoint la Catalogne à poursuivre son combat.

Au nom de la Constitution et de la démocratie par contre, Rajoy réprime les manifestants et les aspirations du peuple catalan, soutenu par Macron qui n’hésite pas de son coté, à violer le droit de grève et la constitution en réprimant les manifestations et les blocages des routiers, comme Valls et Sarkozy avant lui. C’est au nom de la démocratie que Georges W. Bush a envahi l’Iraq, c’est aussi au nom de la démocratie que la France bombarde au Moyen-Orient, ou déploie ses troupes en Afrique. Pourtant de démocratie il n’est jamais question quand il s’agit de vendre des armes à l’Arabie Saoudite, l’un des régimes les plus réactionnaires de la région. En réalité, ce n’est pas au nom de la démocratie que les classes politiques et les classes dominantes répriment, mais au nom de leurs intérêts.

Contre leur « démocratie », la nôtre

En lieu et place de la démocratie que les classes dirigeantes entendent nous faire révérer alors qu’il ne se passe jamais un seul jour sans qu’elles en bafouent les principes les plus élémentaires, nous devons imposer la nôtre. Et notre démocratie, c’est d’abord nos luttes, c’est d’abord notre résistance elle-même. Quoi de plus démocratique que nos grèves, seul outil et seul recours pour les travailleurs, comme le montrent aujourd’hui éloquemment les Catalans, pour obtenir gain de cause ? En dépit des noms qu’ils lui donneront, « prise d’otage », « sédition », « anarchie », « terrorisme », « guerre civile » nous ne reculerons pas et affirmerons avec plus d’aplomb encore notre soutien au droit élémentaire à l’autodétermination.

Le gouvernement espagnoliste de Madrid et l’ensemble des élites dirigeantes de l’Europe sont d’accord : les Catalans sont anti-démocratiques puisqu’anticonstitutionnels. Mais l’indépendance et l’autodétermination n’est un « problème » que dans le cadre de la concurrence entre Etats-Nations capitalistes. Nous ne sommes pas responsables de leurs crises, de leurs guerres financières de rapine qui ruinent les travailleurs. En effet, pourquoi l’indépendance d’un peuple devrait-elle être synonyme de misère et de ruine ? Les Catalans ne nous font pas la guerre et ce n’est pas nous qui nous efforcerons de les ruiner par tous les moyens pour leur faire payer le prix de leurs aspirations démocratiques. C’est pourquoi il nous appartient de dénoncer leur hypocrite démocratie et de nous battre contre la répression partout, et de toutes nos forces et d’affirmer toute notre solidarité avec les travailleurs et la jeunesse de Catalogne.




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