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Notre classe

Sortir des concertations et préparer la bataille !

SNCF. Sans attendre les réformes, les « concurrents » se positionnent pour se partager le rail

On le sait, le gouvernement va entamer les réformes nécessaire pour casser le service public et libéraliser le secteur du rail. Si les signes post-22 mars laissent entendre une belle mobilisation des cheminots, avec une porte ouverte à un scénario de grève dure, le patronat trépigne d'impatience. Ainsi, de nombreuses entreprises se positionnent, sans prendre la peine d'attendre la mise en place des réformes, pour se partager le gâteau.

Transdev, Deutsche Bahn (DB), Trenitalia-Thello... En tout, c’est une dizaine d’entreprises, de grands opérateurs du transport à échelle internationale, qui, par le biais de l’Association française du Rail (AFRA), se positionnent et se promettent une rude bataille pour profiter des réformes du ferroviaire concoctées par le gouvernement Philippe. Mieux, les futurs « concurrents » de la SNCF ont participé à une réunion de concertation préalable à la réforme ! 

Il faut dire que le gâteau à de quoi ouvrir l’appétit des grands opérateurs. En incluant le réseau francilien, c’est en effet un marché cumulant un milliard de passagers que le gouvernement souhaite ouvrir à la concurrence. Si, bien entendu, l’ensemble des services jugé « non rentable » (sécurité ferroviaire, maintenance du réseau etc.) ne sont pas dans le viseur du patronat à échelle internationale, ce sont plusieurs dizaines de milliards d’euros que « les grands » du ferroviaire entendent se disputer.

Et à ce jeu là, tous les coups sont permis. Ainsi, l’entreprise française Transdev s’estime être « la solution alternative naturelle à l’opérateur historique »  de la bouche même de son PDG Thierry Mallet. Le scénario qui se profile ressemble à un remake de la bataille en cours contre son principal concurrent outre-Rhin. En effet, la DB, entreprise à l’origine britannique racheté en 2010 par l’équivalent de l’ex-SNCF allemande, et qui est, entre autres, l’un des principaux opérateurs du ferroviaire en Grande Bretagne entend étendre son empire dans l’hexagone. Enfin, Trenitalia-Thello, qui a vu débarquer... la SNCF sur le marché italien, avec une entrée en force en 2012 et l’obtention de 20% du réseau ferré transalpin par l’entreprise française, se verrait bien réaliser une opération similaire. Et si ces trois entreprises tiennent aujourd’hui la corde, d’autres restent en retrait, guettant toute opportunité pour participer au banquet.

Le message du patronat est clair. Notre réponse doit être à la hauteur !

On se demande bien sur quoi le « gouvernement des riches » entend « discuter » avec les syndicats à propos du contenu des réformes, ni ce que ces derniers attendent des fameuses « concertations » annoncées. Alors que l’objectif de libéralisation totale du ferroviaire européen est prévu à l’horizon 2020, les pièces pour imposer la réformes et partager le gâteau sont méthodiquement posées sur l’échiquier.

La date de mobilisation du 22 mars, qui s’annonce réussie notamment chez les cheminots, apparaît chaque jour plus insuffisante pour faire reculer un gouvernement décidé à détruire le service public, du rail, mais aussi de la santé ou encore de l’éducation. C’est au contraire dans la convergence avec les secteurs actuellement en lutte tout en cherchant à faire tâche d’huile, dans la grève dure et reconductible qu’il sera possible d’opposer un rapport de force suffisant pour renvoyer Macron, les grands opérateurs du rail et autres fossoyeur à l’affût des marchés publics dans les cordes. A ce titre, l’inter-fédérale du 15 mars doit être l’occasion de l’élaboration d’un plan de bataille visant le retrait de l’intégralité des réformes, sans aucune négociation.

Dans ces circonstances, la bataille du rail et plus largement du service public doit être la bataille de toute la classe ouvrière et de l’ensemble des usagers. Que ce soit en participant à la campagne de selfies #SolidaritésAvecLesCheminots ou par le biais de collectifs de soutien actif à la grève, c’est par une bataille d’ensemble qu’il sera possible d’imposer le premier test sérieux du quinquennat Macron. 50 ans après mai 68, il s’agit de s’inspirer de ce qui reste aujourd’hui l’une des plus belles pages de la lutte des classes, en France comme ailleurs.

Photo : Flockr | Guillhem Ramonet.




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