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Monde

Face à une vie quotidienne insupportable : la révolte de migrants

Sandrine Bakayoko jeune ivoirienne décédée dans le camp de la honte à Cona en Italie

Sandrine Bakayoko avait 25 ans et rêvait de devenir coiffeuse à Milan, elle était malade depuis plusieurs jours mais lundi 2 janvier lorsqu’elle à fait un malaise les responsables du centre d’accueil de Cona ont mis du temps à réagir, elle est morte quelques heures plus tard. Suite à cela dans la nuit du 2 au 3 janvier des migrants du camp se sont révoltés pour dénoncer leurs conditions de vies à l’intérieur de ce soi-disant centre « d’accueil » situé à Cona au nord de l’Italie. Maryline Dujardin

C’est la mort d’une jeune ivoirienne passée par la Lybie et venue en Italie avec son compagnon, qui exacerbé toutes les tensions. A Cona les migrants vivent dans des conditions plus que rudimentaires ; pas de chauffage, entassement des lits, insalubrité… Ce centre d’accueil situé à une cinquantaine de kilomètres de Venise se trouve en fait être un ancienne structure militaire (ancienne base de lancement de missiles) entourée de barrières de fils barbelés et n’a définitivement rien d’accueillant. Ils sont environ 1500 dans ce centre pouvant normalement n’accueillir qu’une quinzaine de personnes.

Durant la nuit du 2 au 3 janvier une centaine de migrants du camp a tenté de se révolter pour faire se faire entendre et dénoncer les conditions de vies du centre. Le personnel s’est barricadé dans les bureaux et les migrants ont brulé des meubles jusqu’à ce que la police intervienne.

En Italie aujourd’hui les communes qui le souhaitent reçoivent une contrepartie financière pour accueillir les migrants, cet accueil se fait sur la base de 2,5 migrants pour 1000 habitants. Or la petite ville de Cona accueille près de 1500 migrants pour 3000 habitants, le choix est clairement fait d’installer ce camp loin des grandes villes et de toute solidarité. Cette révolte s’inscrit dans un contexte où l’Italie et son nouveau gouvernement ont choisi de durcir leur politique migratoire. Paolo Gentiloni, arrivé après la démission de Matteo Renzi début décembre a choisit de durcir la politique d’accueil en Italie. Marco Minniti le nouveau ministre de l’Intérieur, et le préfet Franco Gabrielli ont publié une note quelques jours avant le décès de Sandrine et la révolte du camp de Cona dans laquelle ils annoncent des mesures plus sévères sur l’immigration. Ils souhaitent augmenter le nombre d’un autre type de structure : les centres d’identification et d’expulsion. Il en existe actuellement 4 en Italie, ils voudraient le faire passer à 20, ces centres sont aujourd’hui décrits comme de véritables prisons.

Les migrants du camp de Cona ont donc tenté de faire face au sort qui leur est réservé. Au travers de l’Europe les réfugiés luttent chaque jour pour leur survie. Pour éviter toute solidarité ils sont isolés dans des camps loin des grandes villes et ceux qui leur apportent de l’aide sont condamnés à l’image de Cédric Herrou.

Les politiques migratoires inhumaines se multiplient et plutôt que de chercher des solutions aussi simples que celle d’ouvrir les frontières et de réquisitionner les logements vides tout est fait pour alimenter le jeu des partis d’extrême droite en attisant la haine.




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