Société

Le chômage en forte hausse

Sous couvert de guerre contre le terrorisme, la guerre sociale vient de faire 42 000 nouvelles victimes

Publié le 26 novembre 2015

Daniela Cobet

En temps d’escalade liberticide et de négociations militaires, cela ne fait pas forcément la Une des grands médias, mais la plus forte hausse du chômage depuis près de trois ans enregistrée pour le mois d’octobre est une nouvelle accablante pour les travailleurs. Elle montre que sous couvert d’état d’urgence, d’offensive guerrière et de pseudo trêve sociale, les capitalistes poursuivent leur guerre contre les acquis sociaux et les conditions de vie des exploités. Une guerre qu’ils sont malheureusement en train de gagner…

Pôle emploi vient d’annoncer, ce jeudi après-midi, une très forte hausse du taux de chômage en octobre, avec 42.000 nouveaux inscrits. C’est un coup porté au gouvernement qui espérait quela baisse constatée en septembre(-23.800) marquerait le début de l’inversionde la courbe du chômage, ce qui ne l’empêche pas de minimiser la catastrophe dans son discours en parlant de « chiffres pas satisfaisants ». Et encore, les effets des attentats du 13 novembre sur l’emploi, dans le secteur clé qu’est celui du tourisme, ne laisse pas espérer une amélioration lors des prochains mois

Mais c’est surtout un coup supplémentaire porté aux travailleurs qui sont désormais près de 3,6 millions à être privés d’un emploi. Privés du seul « droit » que cette société leur accordait au bout du compte, qui était celui de se faire exploiter.

La trêve sociale que veut imposer le gouvernement dans ce contexte est d’autant plus perverse qu’elle a pour conséquence concrète et immédiate d’empêcher des salariés comme ceux d’Air France de résister aux attaques contre l’emploi qui continuent à couler à flots. Cette trêve n’est donc qu’une farce et puisque à sens unique, les travailleurs n’ont aucune raison de la respecter.

D’autant plus que l’on peut s’attendre à ce que le tournant sécuritaire et guerrier du gouvernement se finance à coups de plus d’austérité et de restrictions budgétaires. Cette politique ne fera par ailleurs qu’aggraver les conditions de misère sociale et de manque de perspectives pour les jeunes qui font le terreau du recrutement par les groupes terroristes.

Pas d’autre solution donc que de reprendre le chemin de la rue et de la lutte, contre les licenciements, comme contre l’état d’exception et le va-t-en guerre que le gouvernement cherche à imposer. La journée du 2 décembre pourrait être une occasion à saisir en ce sens, à condition que des directions comme celle de la CGT décident de transformer leurs paroles, plutôt justes ces derniers temps, en actes.

Car tant que les patrons et les actionnaires continueront à imposer, avec la complicité du gouvernement, leur règle d’or qui est celle du maintien de leurs bénéfices exorbitants, le chômage et la misère sociale ne reculeront pas. Il faudrait donc un mouvement social puissant pour imposer des mesures réellement efficaces contre le chômage qui sont l’interdiction des licenciements, la réduction massive du temps de travail sans réduction de salaire de façon à embaucher tout les chômeurs et la nationalisation sous contrôle des travailleurs et de la population des grandes entreprises et des secteurs stratégiques de l’économie.

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