Société

"La banalité de ces faits ne les rend pas pour autant tolérables"

Témoignage d’un manifestant arrêté le 1er mai à Bordeaux. Chronique d’une banale garde à vue

Publié le 28 juin 2016

Camille Hostin

Interpellé le dimanche 1er mai 2016 puis placé en garde à vue, je vais vous relater mon expérience. Je n’ai pas ici la volonté de me victimiser ni d’attiser quelque haine que ce soit, je souhaite uniquement lever le voile sur le comportement banal, anodin, quotidien de la police ainsi que sur la façon dont sont traitées les personnes gardées à vue. Je suis conscient que ma garde à vue s’est relativement bien passée si on la compare avec celle d’autres personnes, je tiens malgré tout à témoigner car trop peu de gens le font. Cette chronique a été écrite le vendredi 6 mai et mise à jour le 24 juin. Le 6 mai, la France était dans un contexte social particulièrement tendu, elle n’en est d’ailleurs toujours pas sortie. La défiance vis à vis du gouvernement et des forces de police atteint des sommets et le syndicat de police proche de l’extrême droite Alliance a même osé organiser une manifestation contre « les violences des manifestants et la haine anti flic ». J’ai été jugé le 3 juin pour « violences volontaires aggravées sur personne dépositaire de l’autorité publique » et la délibération du tribunal a été rendue le 24 juin. Mon procès est la raison pour laquelle il s’écoule autant de temps entre l’écriture et la parution de cette chronique. Avant de relater les faits survenus au cours de ma garde à vue, avant de présenter les agissements des policiers, je tiens à mettre au clair ma situation et à m’exprimer clairement sur les faits qui me sont reprochés. En effet, le chef d’inculpation « violences volontaires aggravées sur personne dépositaire de l’autorité publique » semble gravissime et impressionnant. En réalité, il m’est reproché d’avoir lancé quelques gouttes de mercurochrome mélangé avec de l’eau sur un officier de la BAC sans brassard et matraque levée au cours de la manifestation du 1er mai à Bordeaux. J’ai été reconnu coupable des faits qui me sont reprochés le 24 juin et condamné à un stage citoyenneté à mes frais. Le procureur, après un discours à haute teneur politique et faible teneur juridique digne du syndicat de police proche de l’extrême droite Alliance, avait requis un stage de citoyenneté et une interdiction de manifester car il estimait que mon niveau de citoyenneté n’était pas compatible avec le droit de manifester. A l’heure où j’écris ces mots, c’est à dire le 24 juin 2016, les deux policiers qui ont laissé Zyed et Bouna mourir dans un transformateur électrique viennent d’être relaxés. Il y a quelques semaines, le gendarme qui a tué Rémi Fraisse a été mis hors de cause. Romain, 28 ans vient de sortir du coma avec des séquelles suite à une blessure due à une grenade de la police. Ceci étant dit, je peux maintenant expliciter les faits survenus au cours de ma garde à vue et le comportement des policiers à mon égard. Je suis conscient en écrivant ceci que c’est « ma parole contre la leur ». Cependant, je trouverais dommage de passer sous silence les faits que je m’apprête à décrire. Voici donc mon expérience de garde à vue en sept actes.

Acte 1 – L’arrestation

J’ai été appréhendé par les officiers de la BAC le 1er mai aux alentours de 13h, un homme a tenté de s’interposer et a violemment été frappé au visage puis projeté à terre par les agents de la BAC alors même que ceux – ci n’avaient pas leur brassard « police » qu’ils ont pourtant obligation de porter lors des arrestations. L’agent de la BAC me dit d’abord que c’est un simple contrôle d’identité, mes amis présents au moment de l’arrestation filment la scène, les baceux disent alors qu’ils préfèrent entrer dans la voiture de police de façon à ce qu’ils ne puissent pas être filmés. Alors même que mon identité n’a pas été vérifiée, les agents de la BAC me disent que je vais avec eux au commissariat, je leur demande si je suis interpellé ou bien placé en garde à vue, je n’obtiens pas de réponse claire, je leur demande le motif qu’ils ont pour obligation de me donner, ils me disent que je suis là pour dégradation et que LCL compte déposer plainte contre moi, je nie alors avoir dégradé quoi que ce soit, ils me disent qu’ils ont des vidéos. J’apprendrai une heure plus tard que j’ai en réalité été interpellé pour « violences volontaires aggravées sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Je suis en suite transporté au commissariat, les agents de la BAC me descendent de leur voiture et me disent « tu vas coopérer sinon tu vas goûter le goudron ».

Acte 2 – Phase préliminaire – local de la BAC

Je suis dirigé vers le local de la BAC, sur mon passage, je croise quelques policiers, quelques moqueries sur ma taille se font entendre. Arrivé dans le local de la BAC, le baceux sur lequel j’ai lancé quelques gouttes de mercurochrome me dit « c’est toi le petit merdeux qui m’a lancé des trucs dessus hein ? Petit connard va, tu crois que je t’ai pas vu sale enculé, quand tu pars en courant ta capuche tombe et on voit ta gueule de petit merdeux ». Personne ne me décline mes droits, un policier me demande si je veux voir un avocat et un médecin, je leur dis que je veux sortir le plus vite possible et leur demande si avoir un avocat me fera perdre ou gagner du temps, ils me disent que ça m’en fera perdre, ils me disent que si je ne demande pas d’avocat de suite, je pourrai toujours en demander un plus tard, ainsi, je ne demande pas d’avocat mais garde en tête la possibilité d’en demander un plus tard. Un baceux arrive, je lui dis bonjour, il me répond qu’il ne dit pas bonjour aux petits merdeux comme moi, un autre baceux me dit qu’à mon âge il avait autre chose à faire que manifester et que je ne dois pas avoir grand chose à faire de ma vie. Je leur demande un verre d’eau, ils me répondent qu’on leur a coupé l’eau, je leur dis que je souhaite aller aux toilettes, ils me disent qu’ils n’ont pas de toilettes, refusant ainsi de satisfaire les besoins naturels fondamentaux de tout être humain, ils m’apporteront finalement un verre d’eau environ dix minutes plus tard. Un baceux s’approche alors de moi et donne un grand coup de poing dans le mur à quelques centimètres de mon visage, il me dit que le prochain sera dans ma gueule de petit merdeux. Ils fouillent alors mon sac devant moi, un baceux sort ma carte d’identité, il dit à son collègue « c’est pas lui qui a lancé le caillou » son collègue lui répond « je m’en fous, on va dire que c’est lui, il va manger pour les autres ce petit enculé ». Un baceux amène alors une bouteille à moitié remplie d’un liquide rouge et la pose avec les affaires trouvées dans mon sac, je lui dis que ce n’était pas dans mon sac. Ils trouvent dans mon sac une dissertation dont l’intitulé est « peut on détester la police », se moquent ouvertement des personnes l’ayant rédigée et me disent qu’il est impossible de détester la police car la police c’est l’ordre. Le baceux ayant donné le coup de poing dans le mur revient alors vers moi et me menace de me mettre « des grandes baffes dans ma gueule de petit con » son collègue intervient alors et dit « non, les baffes dans la gueule ça marche cinq minutes mais moi j’ai mieux, je vais pas te frapper mais je vais te pourrir la vie, je vais venir devant chez toi tous les matins pour te faire peur, je serai partout, à la fac, chez toi, partout, tu vas devoir déménager de Bordeaux tellement je vais te rendre la vie impossible ». Un baceux me demande alors ce que font mes parents dans la vie, je lui réponds que ma mère et mon père sont respectivement auto entrepreneur et chef d’entreprise, il me demande s’ils sont idéologiquement d’accord avec moi, je leur réponds qu’ils le sont sur la plupart des sujets, le baceux me dit alors que mes parents sont probablement schizophrènes, le baceux sur lequel j’ai lancé le mercurochrome s’approche de moi et me dit « j’espère que l’entreprise de ton père marche bien, car moi je vais lui faire cracher son pognon à ton père ! ». Les baceux poursuivent sur mes opinions politiques et me demandent pour qui j’ai voté aux élections départementales et régionales, je leur rétorque que le scrutin est secret, un baceux s’énerve alors et me repose la question en hurlant, je leur dis à nouveau que le scrutin est secret, ils en déduisent alors que je n’ai « même pas les couilles de mes opinions » déterminant ainsi que les opinions politiques ne se traduisent que par le vote et que les forces de police doivent pouvoir être au courant de qui vote pour qui. Les baceux me disent qu’ils ne m’ont pas arrêté moi par hasard, ils me font comprendre que j’ai été arrêté du fait de mon influence dans la mobilisation bordelaise contre la loi El Khomri et que mon arrestation est aussi un moyen de casser le mouvement. Ils prennent alors mon téléphone et lisent mes messages à haute voix avec un ton railleur. Ils vont également sur Facebook et y voient un appel au rassemblement devant le commissariat en solidarité ainsi que la vidéo de mon arrestation, ils rigolent entre eux et disent « et si on postait un message sur Facebook avec son compte pour dire qu’il a été libéré ? ». Ils me disent alors que « d’après mes petits copains, les policiers seraient des PD » alors même qu’aucun message homophobe de ce type n’a été écrit, ils tiennent alors des propos homophobes et extrêmement caricaturaux, ils disent en effet « il y a des PD dans la police, ils défilent sur des chars avec des tenues en latex et des petites moustaches ». Ils rigolent des réactions en commentaires au violent coup de poing qu’on voit sur la vidéo et disent « si on a même plus le droit de frapper les gens qui s’interposent aux arrestations ». Il continuent à puérilement rire de ma petite taille et disent que je ferai mieux d’arrêter car je n’ai « pas les épaules » et que « l’insolence, c’est à partir de 1 mètre 80 ». Ils continuent à lire mes messages, ils disent qu’ils ont ainsi les noms de « tous mes petits copains anarchistes » et que leurs propos vont me retomber dessus, que je vais payer pour tous les autres. Ils me demandent l’utilité du matériel médial contenu dans mon sac, je leur dis que c’est pour se protéger des gaz lacrymogènes et des matraques, un baceux me dit alors que la bombe de froid sert à asperger les policiers alors même que celle – ci ne sert qu’à soigner les personnes s’étant pris des coups de matraque. Un baceux me dit que ma mère est devant le commissariat et très énervée. J’apprendrai plus tard qu’elle n’était pas énervée du tout, j’apprendrai également qu’elle a communiqué aux policiers le numéro d’un avocat faisant valoir son droit à demander un avocat pour moi. Dans ce cas précis, les policiers ont obligation de me transmettre la demande de ma mère de prendre un avocat pour moi et de me demander si je souhaite prendre l’avocat proposé par ma mère. Les policiers ne m’ont jamais transmis le numéro de l’avocat. Ils continuent à rire de ma taille et disent « tu es tout petit, t’as une gueule de petit merdeux et tu te prends pour un révolutionnaire ». Les baceux me disent que je vais être descendu en cellule et que j’ai de la chance car les cellules sont neuves, à cause de cette « putain de Cour Européenne des droits de l’homme » ( qui a condamné la France pour l’état insalubre de ses cellules de garde à vue ) me dit – on alors. Je dis que je veux un avocat, je n’ai aucune réponse, je répète plusieurs fois que je veux un avocat, aucun avocat n’est appelé.

Acte 3 – Phase préliminaire au placement en cellule

Je passe par une petite salle où je dois vider mes poches avant d’aller en cellule, les policiers comptent mon argent devant moi et se moquent ouvertement « tu fais la manche ? » me demande – t – on. Un baceux me regarde et me dit « tu réfléchiras la prochaine fois avant de faire des conneries avec tous tes potes anarchistes, ces abrutis de consanguins » je dis alors que je ne suis pas anarchiste, il me demande alors pourquoi je manifeste avec eux et me dit que lui personnellement ne traîne pas avec des personnes en désaccord idéologique avec lui. Il poursuit en disant que les gens habillés en noir sont tous des anarchistes et que le fait que je sois habillé en noir signifie que j’en suis un. Il finit son discours en disant que le jour où ma fille « se prendra deux doigts dans la chatte quai de Paludate » ( NDLR : le quai de Paludate est l’endroit où se trouvent de nombreuses boîtes de nuit à Bordeaux et où ont lieu la plupart des agressions et des viols le soir ) ou bien le jour où j’appellerai le 17 car je me fais agresser, ils ne seront pas là pour moi car ils seront en train de s’occuper de petits merdeux dans mon genre. L’intimidation continue et un policier me dit que je ferais mieux d’arrêter les manifestations. Je suis finalement placé en cellule.

Acte 4 - L’audition

Les policiers viennent me chercher en cellule pour que je sois auditionné, mon avocat n’est pas présent alors même que je l’ai demandé à plusieurs reprises et que ma mère en a demandé un pour moi. J’arrive dans la salle où je dois être auditionné, sur les murs sont accrochés des sous vêtements de charme féminins comme des trophées. L’officier de police judiciaire rédige le procès verbal à l’avantage de l’accusation, il écrit notamment que lors de la manifestation j’étais dans le cortège de la CNT alors même que je lui ai répété plusieurs fois avoir été entre le cortège de Solidaires et de la CNT. Il m’accuse encore d’être un anarchiste, je répète à nouveau que je ne le suis pas, il me rétorque qu’il sait mieux que moi. Il m’interroge sur les balles de ping pong présentes dans mon sac, il me soutient que celles – ci servent à fabriquer des explosifs, il me parle en suite de l’explosion survenue durant la manifestation, je lui dis que j’ai cru sur le moment à une grenade de désencerclement, il me soutient que je savais que c’était un pétard. Il regarde mon téléphone et me dit que ma copine est très énervée contre moi. Je lirai plus tard les messages et constaterai qu’elle était bien plus énervée contre les policiers que contre moi. L’officier de police judiciaire me dit qu’ils ont des vidéos prouvant que c’est moi qui ai lancé le liquide. Ils diront plus tard à mon avocat qu’ils n’ont en fait aucune vidéo. Constatant que les faits à mon encontre sont minimes, le policier me dit « tu veux pas m’insulter ou partir en courant » je ne rentre pas dans son jeu et lui réponds que non, je n’en ai pas envie, il me dit que c’est dommage. Il me dit alors qu’il va « supplétiver » je lui demande ce que cela signifie, il me dit qu’il va me rajouter des chefs d’inculpation, des trucs que je n’ai pas fait pour être sûr que je sois condamné. Il finit par me dire que je peux me mettre le code pénal et le code de procédure pénale dans le cul car ici c’est lui qui fait la loi. En relisant le procès verbal, je lui dis que certaines phrases ne me vont pas, il me dit qu’il ne va pas se prendre la tête à modifier alors qu’il en a l’obligation.

Acte 5 – Fin de l’audition et verdict

L’officier de police judiciaire me dit qu’il va téléphoner au procureur, je suis alors transféré dans une petit cellule insalubre sans lavabo ni toilettes. Il revient me voir vingt minutes plus tard, grand sourire et me dit « bravo Camille, t’as gagné, tu dors ici cette nuit et tu passes devant le juge demain ». Je leur dis alors que je veux voir un avocat et que je refuse la comparution immédiate, ils me disent qu’ils vont appeler un avocat mais qu’il est presque impossible qu’il accepte de se déplacer un dimanche 1er mai. Il me dit que si je refuse la comparution immédiate, je dois partir trois jours en prison en détention provisoire.

Acte 6 – Retour en cellule, signature de documents, entretien avec avocat et médecin puis nuit en cellule

Je suis ramené en cellule, des policiers viennent me voir à plusieurs reprises et me font signer des documents, ils me demandent de consentir à la destruction de mon sac ainsi que de son contenu, je leur dis que je refuse que mon sac soit détruit, ils me disent que si je ne signe pas, j’aurai des problèmes, je signe alors sous la pression. Je réitère ma demande à voir un avocat, je leur dis également que je veux voir un médecin. Ils me refusent la visite d’un médecin alors même que celle – ci est un des droits fondamentaux des personnes gardées à vue. Environ deux heures plus tard, mon avocat arrive, je l’avais pourtant demandé depuis des heures, les policiers avaient juste refusé de l’appeler. Je m’entretiens avec mon avocat, il me confirme que les policiers ont menti depuis le début, que prendre un avocat ne ralentit pas la procédure, que je n’allais pas partir en prison si je refusais la comparution immédiate, que je n’allais pas avoir de problèmes si je refusais la destruction de mon sac. La demi heure d’entretien avec mon avocat se termine, je suis ramené en cellule, mon avocat demande à ce que je voie un médecin. Les policiers appellent alors un médecin. En attendant le médecin, je retourne en cellule, un officier de la BAC vient me voir tout sourire et me dit « bonne nuit Camille, moi je rentre à la maison. » Environ une heure et demi plus tard, le médecin arrive, il me donne un somnifère. Je suis alors ramené en cellule. Deux policiers viennent me voir et me disent grand sourire que je dois signer la fin de garde à vue, je les regarde avec un grand sourire, ils se regardent et rigolent en disant « pour demain matin ».

Acte 7 – Déferrement devant le tribunal

Le lendemain matin, des policiers viennent me chercher en cellule pour être déféré devant le procureur qui doit déterminer des poursuites à engager. Sur mon trajet jusqu’au fourgon de police, quelques blagues fusent. Arrivé au tribunal, je suis placé dans une cellule insalubre, j’y passerai plusieurs heures en attendant mon passage devant le procureur, l’entretien avec mon avocat et enfin mon passage devant le juge des libertés et de la détention. Il fait froid dans ma cellule, je demande alors si je peux avoir une couverture ou un pull, on me dit que je ne peux pas avoir de couverture mais que je peux avoir un pull. J’attends toujours mon pull. Je ressors libre du tribunal après avoir vu le procureur et le juge des libertés et de la détention, je suis convoqué le 3 juin mais ne suis pas placé sous contrôle judiciaire.

Conclusion

En écrivant ce texte, je suis bien sûr conscient que les faits relatés sont anodins, banals et paraissent dérisoires pour toute personne ayant déjà eu affaire aux forces de police. Cependant, la banalité de ces faits ne les rend pas pour autant tolérables. L’accommodation à la répression ne doit pas rendre cette répression acceptable au pays dit « des droits de l’homme ». Les faits relatés plus haut vont du mensonge à l’insulte en passant par l’intimidation, ils ont tous une portée politique et s’inscrivent dans un phénomène de répression croissante des mouvements sociaux. Alors que le syndicat de police Alliance attribue la « haine anti flic » à des groupes d’extrême gauche ultra radicaux assimilés à ce que le médias appellent couramment des casseurs, il est évident que le gouvernement ainsi que les policiers semblent oublier la cause première de la défiance et du scepticisme à l’égard des forces de police, à savoir le comportement de celles – ci, les ordres qui leur sont donnés et leur rôle devenu presque uniquement répressif.