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Jeunesse

AG inter-luttes

Tolbiac : 2 000 personnes contre la répression et pour la convergence des luttes

Ce mercredi matin, les étudiants de Paris 1 mobilisés contre la loi ORE ont appelé à une grande AG inter-luttes de défense de l’occupation du site qui dure depuis la fin mars et qui se trouve, depuis hier, sous le coup d’une menace d’évacuation. A 16h, 1500 personnes étaient réunies sur le parvis du centre Pierre-Mendès France pour affirmer un soutien sans faille au mouvement enraciné solidement dans ce site à la pointe de la mobilisation en région parisienne.

Discréditer Tolbiac pour mieux la réprimer

Médias, gouvernement et présidence de la fac tentent, chacun selon ses moyens, de discréditer la mobilisation et le mouvement d’occupation de Tolbiac en tentant d’en faire, tour à tour, un bastion antisémite et hostile à l’instar du Quotidien de Yann Barthès, une zone franche marginale et apolitique, ou encore un repaire d’individus dangereux confectionnant cocktails molotov et pièges anti-personnel. La stratégie est claire : Dépolitiser l’enjeu de l’évacuation de Tolbiac pour en faire une stricte opération de « sécurisation des biens et des personnes » et masquer le caractère éminemment politique de l’offensive. Mais à la suite des multiples répressions policières de la mobilisation étudiante, à Bordeaux, Lille, Nanterre et Montpellier, la manœuvre ne pouvait pas passer inaperçue. L’annonce de la reprise en main par la préfecture de la situation à Tolbiac a suscité une vive réaction de la part des étudiants mobilisés d’abord, nombreux mardi 10 au soir pour organiser la défense du site face à une possible tentative d’évacuation, puis de tous les secteurs mobilisés actuellement contre les attaques de Macron.

La vapeur se renverse

La réussite franche de l’AG inter-luttes qui a réuni cheminots, postiers, étudiants, professeurs, personnels des universités, hospitaliers ainsi que certaines personnalités politiques comme Eric Coquerel, député de la France Insoumise, a de toute évidence imposé un coup d’arrêt aux velléités de déblocage de l’université. La politisation soudaine de la situation est une excellente défense et toutes les personnes présentes, quel que soit leur secteur d’origine, ont affirmé leur soutien et revendiqué le caractère central de la grève de Tolbiac, qui ne doit pas tomber. La fenêtre ouverte par les arguments de type sécuritaire, accumulés depuis plusieurs jours, est en train de se refermer pour l’exécutif qui voit le prix d’un éventuel assaut sur Tolbiac considérablement réévalué à la hausse. Côté étudiants, la solidarité n’a pas manqué puisque toutes les facs mobilisées, Nanterre, Paris 8, Paris 3, Paris 4, Paris 6, Paris 7 ou encore l’EHESS ont pu exprimer leur soutien à la tribune de l’assemblée générale de lutte.

Et après ?

Sur la base de ce franc succès, il faut repartir à l’offensive et faire la conquête de nouveaux points d’appui pour la grève dans les universités et sites qui ne sont pas encore mobilisés. De plus, cette expérience de défense collective a fait la démonstration, comme l’a défendu un militant cheminot du syndicat Sud Rail, que la grève reconductible était une condition essentielle pour pouvoir réaliser concrètement tous les efforts nécessaires à la défense de toutes nos grèves, de tous nos piquets. C’est la grève reconductible qui, au delà même de l’aspect économique central, donne le temps et libère toutes les forces nécessaires à la convergence en acte et au quotidien.




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