Notre classe

#Assezdeviesbroyées - Rassemblement lundi devant l’Hôtel Dieu à 17h !

Toulouse. Sous la pression de sa hiérarchie, un infirmier se suicide au CHU de Rangueil

Publié le 19 juin 2016

C’est un nouvel événement glaçant qui attise la colère du milieu hospitalier toulousain : lundi 13 juin, un infirmier de 55 ans a mis fin à ses jours dans son bureau, au CHU de Rangueil à Toulouse. Un drame qui met au centre des attentions les conditions de travail sans cesse dégradées du personnel hospitalier. Un appel à la grève a été déposé pour ce lundi 20. Un rassemblement sera aussi organisé le même jour à 17 heures devant l’Hôtel Dieu.

Julian Vadis

« Si cette aide-soignante n’est pas capable de gérer son stress, elle n’a qu’à partir faire caissière à Casino ». Cette déclaration odieuse, prononcéelors d’un CHSCT du CHU de l’hôpital Purpan à Toulouse le 8 avril dernierpar la directrice déléguée du pôlefemmes-mère-couple - dont on appréciera par ailleurs l’intitulé - prend aujourd’hui un sens d’autant plus révoltant. En effet, la directrice avait prononcé ces mots à voix basse lors de l’intervention d’une aide soignante, alertant sur la dégradation des conditions de travail dans le milieu hospitalier, pointant du doigt «  un état de stress permanent parce que nous travaillons constamment à flux tendu ». Car ne nous y trompons pas, ce sont bel et bien les conditions de travail de plus en plus difficiles des personnels hospitaliers - l’exemple de la lutte à la clinique du Pont de Chaume à Montauban reprenant cette thématique est en ce sens frappant - qui sont les sources même du suicide d’un infirmier de 55 ans dans son bureau au CHU de Rangueil, lundi 13 juin. Un cas loin d’être isolé. Pour des raisons similaires de pression due aux conditions de travail dégradées, Jean-Louis Megnien, cardiologue réputé de l’hôpital Georges Pompidou à Paris s’était défenestré du 7ème étage.

« Il est arrivé lundi matin et s’est enfermé dans son bureau où il s’est donné la mort. Il a été découvert par sa voisine de bureau. Le médecin qui a établi le constat de décès a déclaré mardi que le suicide ne faisait aucun doute », a ainsi expliqué Patricia Calmettes, représentante syndicale, à La Dépêche du Midi. Très vite, une enquête a été ouverte et la direction des hôpitaux de Toulouse a publié un communiqué pour tenter de canaliser la saine colère qui s’exprime. Ainsi donc, la direction directement responsable de la casse des conditions de travail dans les hôpitaux toulousains affirme partager la tristesse des familles et s’engage à faire la lumière sur ce drame. Le bourreau se propose ainsi de faire office de juge impartial et bienveillant, en mettant en place, entre autre, une cellule d’aide psychologique. Un comble !

« Globalement, tous les services sont déstabilisés par les fins de contrats CDD, le sous-effectif et la pression à l’activité  » a ainsi déclaré la CGT dans un communiqué. Un appel à la grève a été déposé pour lundi 20 juin, incitant l’ensemble des agents hospitaliers à rallier le rassemblement devant l’Hôtel Dieu le même jour, à 17 heures. Une riposte chargée de sens tant la multiplication de ces drames dans des milieux divers doit nous alerter, appelant à une solidarité de classe. Rendez-vous est donc pris, du côté des hospitaliers et dans la rue, pour dire stop à ces politiques de casse sociale. « Mobilisons-nous contre les vrais casseurs de l’hôpital », ceux qui détruisent les vies et non une ou deux vitres, est en ce sens un mot d’ordre progressiste.