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Société

Violences policières

Toulouse, la police ressort les voltigeurs

Lors de la manifestation lycéenne de ce vendredi 7 décembre, qui fait suite à une semaine de manifestations quotidiennes dans la ville, la police a réprimé encore plus fortement que les autres jours. Elle a notamment ressorti les unités à moto, interdites il y a 32 ans jour pour jour après la mort de Malik Oussekine.

Le mois de décembre 1986 a été un mois chaud. Depuis le mois de novembre les étudiants et les lycéens se mobilisent contre le Projet de loi Devaquet qui menace d’instaurer la sélection à l’université, puis les cheminots se mettent en grève face aux attaques qui tombent contre leur statut. Une situation qui a un certain écho aujourd’hui puisque ces deux attaques, repoussées à l’époque, ont été remises sur le tapis par Macron au printemps dernier, avec succès. Pourtant, six mois plus tard, le macronisme semble en plein naufrage. La seule solution trouvée pour l’instant par le gouvernement c’est la répression.

Or, cette répression s’était déjà abattue sur la jeunesse lors de la mobilisation de 1986. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, Charles Pasqua, ministre de l’intérieur, envoie les voltigeurs (unité de police montée à moto avec un conducteur et le deuxième conducteur qui matraque la foule). Bilan de la soirée : un mort, Malik Oussekine, un jeune de 22 ans. Alain Devaquet démissionne dans la foulée, le projet de loi est retiré et le corps des voltigeurs dissous. A noter que les policiers responsables ne prendront que de la prison avec sursis.

Cette répression était justifiée par la présence de « casseurs »... Encore une fois, les classes dominantes ont bien du mal à changer de discours, le même qu’on entend depuis la Commune en 1871, les grèves de 36, depuis mai 68 etc... C’est parce que de plus en plus de gens prennent conscience de l’hypocrisie de la bourgeoisie dont la violence est autrement plus grande, que les médias et autres politiciens commencent à avoir des sueurs froides depuis samedi dernier.

A Toulouse les lycéens manifestent depuis vendredi dernier. Cette semaine il ne s’est pas passée un jour à Toulouse sans que les lycéens prennent la rue, rejoints de plus en plus par les étudiants. Ces cortèges ont systématiquement fait face à une répression intense. Hier, une lycéenne a reçu un tir de flashball dans la tête alors que la manifestation était bloquée à St Cyprien. Aujourd’hui, la répression a encore monté d’un cran. Les manifestants ont pu apercevoir des unités de la BAC (Brigade Anti-Criminel) motorisés qui attendaient les manifestants qui quittaient la manifestation dans les petites rues qui n’étaient pas bouchées par les CRS. Un conducteur et un autre policier à l’arrière... Ce genre de dispositifs peuvent être vus à Toulouse depuis la mobilisation qui a fait suite à la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade sur la ZAD de Sivens, où Toulouse a été un véritable laboratoire de la répression (nasses, gazages massifs, vagues d’interpellations etc...). Dans le cadre d’une répression qui semble aller crescendo en attendant l’acte IV des gilets jaunes, l’apparition de telles unités, quasiment 32 ans jour pour jour après la mort de Malik Oussekine est particulièrement scandaleuse !




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