Politique

Répression, violences policières, racisme : débat et perspectives de lutte

Toulouse le Mirail. A presque un an d’état d’urgence, nouvelle rencontre sur les violences policières

Publié le 8 novembre 2016

Deux semaines après une première rencontre organisée sur la faculté du Mirail, une deuxième réunion s’est tenue, ce mardi 8 novembre. Rassemblant une soixantaine de personnes, étudiant-e-s et enseignant-e-s ; la discussion initiée sur les violences policières, la répression et le racisme d’État a ainsi pu être approfondie, et des perspectives concrètes ont émergé.

Julian Vadis

Violences policières, état d’urgence, répression, racisme, austérité... Un débat riche et une volonté de s’organiser pour lutter

 
Une soixantaine de personnes se sont réunies à 12h30 le mardi 30 novembre : étudiants, enseignants et personnels. Emmanuel Barot, professeur de philosophie de l’université du Mirail, a introduit la réunion en s’appuyant notamment sur la tribune parue dans Médiapart, dont il a été signataire, dénonçant le coup de force des récentes manifestations policières. Ces dernières représentent en effet une donnée nouvelle de la situation actuelle par rapport à la première réunion sur ce thème : ce degré d’insubordination sur la droite du gouvernement, le fait qu’une partie de l’appareil répressif d’État demande de nouveaux « outils », tant au niveau strictement matériel que « judiciaire », pour accroître la chape de plomb sur les masses populaires et sur le mouvement social, méritait en effet d’être au cœur de la discussion. La nécessité de faire émerger durablement un front de lutte et de défense et des droits démocratiques, et de l’enraciner sur le Mirail, en est apparue d’autant plus évidente

Dans la discussion a également émergé la question de l’austérité imposée au monde du travail et à l’université, au travers tout particulièrement de la question du « contingentement » (c’est à dire la sélection, comme atteinte fondamentale du droit démocratique d’étudier, à l’Université dès le L1), qui va toucher dans les prochaines semaines, entre autre, le Mirail. Les liens à faire avec cette situation politique actuelle sont en fait nombreux. Vincent Charbonnier, philosophe et membre du bureau national du Snesup, également signataire de la tribune à Médiapart, est intervenu pour insister sur le fait que la logique d’enfermement, d’isolement, sévit tant dans la rue qu’à l’Université même, et que la sélection en est un forme. Outre le fait que le renforcement de l’appareil répressif reflète, en soi, des moyens décuplés pour l’État dans le but de réprimer les mouvements sociaux, les aspects réactionnaires de la politique actuelle face aux droits de s’organiser et de formuler une critique de la situation générale ont également été pointés. La nécessité de lutter contre la casse de l’université est apparue comme dimension intrinsèquement liée aux tâches à venir de ce cadre de lutte en formation.

Au cœur des perspectives : faire converger les différents secteurs de notre camp social

 
Dans la suite logique de la réflexion, la nécessité de faire converger les différents secteurs de notre classe, pour constituer un véritable front de défense des droits démocratiques, a été au centre de nombreuses interventions. Que cela soit les associations politiques et syndicales de la faculté, ou plus largement les associations de quartiers, le mouvement ouvrier organisé ou les collectifs contre les violences policières, la répression et sur la question des ZAD, façonner un arc de force large « en résistance » à la politique réactionnaire et sécuritaire actuelle est apparu comme un impératif. Dans le prolongement des discussions entamées le 18 octobre, le passage aux perspectives concrètes a de ce fait constitué un autre axe fort de la réunion.

Vers un rassemblement contre l’état d’urgence lundi 14 novembre

 
De nombreuses idées ont germées. Par exemple celle d’organiser sur le campus une journée de rencontre, autour d’une table ronde, d’une conférence débat ou encore de projection de films ou documentaires, sur la faculté en invitant un maximum d’associations et organisations. Mais dans l’immédiat, le calendrier a « imposé » une date, qui a tout de suite fait l’unanimité : celle du 14 novembre, qui marque « l’anniversaire » de la mise en place de l’état d’urgence le 13 novembre 2015 après l’attentat du Bataclan. Un rassemblement est d’ores et déjà en cours d’organisation sur la faculté lundi prochain, afin non seulement de marquer une nouvelle fois une opposition totale à cet état d’urgence, de réaffirmer une revendication vitale – celle de sa levée – mais aussi, par cette action, d’enclencher une dynamique plus large et plus « pérenne ». Un communiqué émanant de cette réunion est en cours d’élaboration. Nous le relaierons dès qu’il aura été rendu public.