Jeunesse

Répression policière et procès « préventif »

Toulouse / loi travail. Anthony, étudiant, risque quatre mois de prison avec sursis

Publié le 16 septembre 2016

Le 12 mai dernier, Anthony, étudiant en lettres à l’université du Mirail, avait été arrêté à Toulouse, place Dupuy, lors d’une journée de mobilisation particulièrement réprimée. Ce jour-là, le climat de tension, généré et largement entretenu par les forces de police présentes sur place, était à son comble. Anthony, loin d’avoir seulement subi la répression policière de plein fouet, se prépare à endurer désormais les procédures judiciaires qui en découlent.

Paul Carson-Saher et Léo Valadim

Le jour même de la libération de quatre camarades – qui avaient eux-mêmes été arrêtés la veille de manière totalement arbitraire lors d’une action symbolique –, les nouvelles arrestations qui suivirent plus tard dans l’après-midi, dont celle d’Anthony, avaient laissé un goût amer du côté des manifestants toulousains.

Le 12 mai, la répression augmentait d’un cran à Toulouse

C’est donc en revenant victorieux du commissariat que les manifestants se sont vus charger à François Verdier, dans les gaz et sous des coups, visiblement destinés à essayer de faire payer l’affront. Les faits se sont déroulés dans une violence inouïe, beaucoup de personnes ont dû se réfugier dans le métro avant de vivre une scène qui restera gravée dans leur mémoire pour longtemps. La BAC n’a pas hésité à réprimer et interpeller jusque dans la rame, sous les yeux des passagers, choqués ! La scène a d’ailleurs en partie été filmée.

Un procès « préventif » visant à intimider les étudiants toulousains

C’est donc dans l’ambiance de guerre civile qui a précédé l’épisode du métro, qu’Anthony a été interpellé. Seule preuve à charge, l’accusation du policier qui affirme « J’ai malheureusement l’habitude de ce genre de situation, mais ce jour-là, j’ai vraiment eu peur, c’est bien cette personne qui nous a pris pour cible ». Difficile de douter de la version du robocop, quand on sait à quel point Anthony terrorise ses professeurs qui vont jusqu’à le qualifier de « réfléchi, subtil, droit, altruiste et généreux », selon La Dépêche. C’est donc sur la base du témoignage qu’Anthony risque son avenir, notamment professionnel. Sa parole contre celle du flic. Anthony doit être soutenu face à cette justice de classe, celle qui condamne les manifestants à tour de bras, comme cela a été le cas l’année dernière de Gaëtan. Lui aussi étudiant au Mirail, est accusé, sans preuves, de violences sur agent, alors qu’il participait à une des manifestations qui avaient été interdites suite à l’assassinat de Rémi Fraisse par les gendarmes. La représentante du ministère public requiert donc 4 mois de prison avec sursis, le verdict sera rendu le 5 octobre à 14 heures. Si l’objectif est clair ici, intimider les étudiants avant la rentrée qui aura lieu le 18 septembre en ce qui concerne le Mirail, notre réponse collective doit l’être tout autant, en relançant dès la reprise des cours des cadres de discussions larges au sein de la fac afin de préparer la rentrée sociale que mérite le gouvernement.