Politique

Édito. Relaxe, amnistie, justice !

Tous et toutes à Amiens les 19 et 20 octobre ! Et après on continue !

Publié le 17 octobre 2016

Ce qui se joue, à Amiens, cette semaine, est extrêmement grave, d’autant que cela a lieu sous un gouvernement de « gauche », champion des macronneries, du CICE, de la destruction du Code du travail, de la criminalisation du mouvement social et de l’état d’urgence qui lâche la bride aux policiers, renforce leur impunité et leurs violences

Mercredi et jeudi aura lieu devant la cour d’appel d’Amiens le procès de 8 camarades de Goodyear condamnés en première instance 24 mois de prison, dont 9 ferme. Ce qu’on leur reproche ? D’avoir lutté pour le maintien de l’emploi dans leur usine de la Somme et d’avoir pour cela retenu pendant trente heures dans les locaux deux cadres de la multinationale début 2014.

Jamais il n’y a eu de violence physique à leur égard. Le directeur du site de l’époque, Michel Dheilly, le reconnaissait d’ailleurs au sortir des locaux : « On ne peut pas dire que je sois traumatisé ». Du côté des ouvriers de l’usine, en revanche, il y a bel et bien eu violences, de la part du patronat et de son gouvernement, violences en réunion, retirées et qui se poursuivent jusqu’à présent. Il y a eu, à l’issue du PSE, 1143 licenciements directs. Seuls 250, au plus, auraient retrouvé un emploi aujourd’hui. Mais au cortège des licenciés, il faut rajouter 12 décès, dont 3 suicides, des familles détruites, des ménages endettés.

Non content d’avoir sinistré la région un peu plus, le gouvernement s’acharne. Malgré le retrait de la plainte par la multinationale, c’est le procureur, sur ordre du ministère de la Justice, qui a pris le soin de poursuivre les Goodyear. Sur ordre, donc, de Hollande. Pour retrouver des peines aussi lourdes, il faut remonter à 70 ans en arrière, à l’époque de la répression, par Jules Moch, ministre socialiste de l’Intérieur, des grandes grèves des mineurs en 1948.

Comme le dit Reynald Jurek, qui fait partie des condamnés, le message est clair : « Le gouvernement a voulu faire de nous un exemple, et dire aux gens : ‘’Faites attention si vous vous battez pour votre boulot, regardez ce qui peut vous attendre !’’ »

Mais cette répression s’inscrit aussi dans le sillage des matraquages, arrestations et peines prononcées contre les militants de la loi Travail. C’est aussi le reflet de cette répression, systématique, qui vise tout particulièrement les jeunes des quartiers au quotidien. C’est pour cela que la présence massive des équipes syndicales combatives, des salariés solidaires, des jeunes et des militants de tout le pays est décisive, à Amiens, mercredi et jeudi.

C’est pour toutes ces raisons que seront présents et prendront la parole, parmi tant d’autres, aux côtés de Mickaël Wamen et de ses camarades, Romain Altmann, secrétaire général de la CGT Info’Com, Amal Bentounsi, fondatrice du collectif Urgence notre police assassine, Assa Traoré, sœur de Adama Traoré, Guillaume Vadot, victime de violence policières dans le cadre de l’affaire de Saint-Denis du 22 septembre dernier.

S’il faut exiger la relaxe des camarades de Goodyear, il faudra tout autant porter la revendication de l’amnistie pour tous les militants condamnés ou poursuivis pour la mobilisation contre la loi Travail, de même que la justice pour toutes les victimes de violences policières.

Pour cela, de même que l’interdiction des licenciements, l’abolition de toutes les lois qui ont cassé le Code du travail, à commencer par la loi El Khomri, et la répartition du travail pour en finir avec le chômage, il faudra que les salariés, les jeunes et les militants présents à Amiens le portent avec encore plus de force devant le palais de Justice, et après. Car aucun des candidats de la gauche institutionnelle ne défend ce programme, et encore moins ceux du PS ou de la primaire à droite.

C’est pourtant sur ces axes qu’il serait possible non seulement d’unifier notre camp, y compris sur le terrain des élections, présidentielles et législatives, mais également de préparer la riposte face au prochain gouvernement. C’est pour cela que nous devons toutes et tous être à Amiens !