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Politique

#SansMoiLe7Mai

Tout le monde déteste Macron ?

Emmanuel Macron arrive en tête du premier tour de l’élection présidentielle mais il a recueilli seulement 18 % des suffrages si l’on tient compte de l’ensemble des inscrits. Pour faire face au FN, il a d’ores et déjà le soutien du PS et des Républicains. Pourtant, l’électorat ne semblent pas faire front autour de Macron.

Loin de 2002, où les rues étaient noires de monde contre l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour, ce dimanche 23 mars, il n’y a eu que quelques petits rassemblements. En 2002, il était question d’opposer au FN un front républicain et de voter en masse pour Jacques Chirac. Cette fois, les personnes rassemblées criaient « Ni Macron, ni Le Pen ». Les forces de répression contrairement à 2002, avaient pour ordre d’empêcher tout rassemblement. Les CRS, qui votent majoritairement pour Marine Le Pen, ont pu se lâcher contre cette jeunesse qui est descendue montrer sa colère dans les rues.

Depuis hier, on assiste à quelque chose qu’on n’aurait pas imaginé il y a encore quelques années. Face au FN au second tour, une partie de la population et notamment de la jeunesse disent ouvertement qu’ils ne voteront pas. À choisir entre la peste et le choléra, certains ont fait leur choix. Ça sera ni l’un ni l’autre. À l’image d’Agnès Druel paru sur le blog Médiapart, où elle écrit : « Non merci le Front Républicain. Mon vote sera blanc au second tour. Par refus de cette mascarade que l’on nous impose », il y a une scissure dans la société française.

Je ne voterai pas Macron parce que le capitalisme sauvage et l’affaiblissement du pauvre ne font pas partie de mes convictions profondes. Je ne voterai pas Macron, parce que je refuse de glorifier le travail, je refuse une société qui nous offre comme simple modèle d’épanouissement le travail, sans prendre en compte la souffrance physique et morale que cette activité peut exercer chez nombre d’entre nous.

Il faut noter également que sur les réseaux sociaux, le #SansMoiLe7Mai est en tête des trending topics. Les internautes ne veulent pas choisir entre « un banquier » et « une raciste ».

Il est clair notamment, chez les électeurs de la France Insoumise, que Macron n’est pas une solution dans la situation actuelle. Il continuera à faire la politique ultralibérale du gouvernement Hollande.

Il n’aura de cesse de s’attaquer à nos acquis sociaux. Si le FN arrive une fois encore au second tour, c’est bel et bien de la responsabilité des gouvernements PS et UMP qui se sont suivis. Depuis 15 ans, Chirac, Sarkozy, Hollande, avec leur politique pro-patronale et leurs interventions impérialistes ont permis au FN d’avoir un terreau fertile pour vilipender son discours haineux, divisent notre classe.

Macron ne bénéficie pas de cet élan « républicain » pour le poser d’ores et déjà comme vainqueur au second tour. Le gouvernement catastrophique de Hollande qui a brisé le « dialogue social » pour pouvoir faire sa politique a eu pour effet de reléguer le PS a 6 % au premier tour. Macron, qui avec sa loi éponyme est l’un des responsables de la « fracture sociale », n’est pas pour une grande partie de la population une alternative souhaitable. Cinq ans de Macron, ce sera cinq ans d’attaques contre notre classe et cinq ans de cadeaux au patronat.

Les élèves du lycée de Blanc-Mesnil ne s’y trompent pas. Ce lundi matin ils ont bloqué leur lycée, ayant pour mot d’ordre « No Macron No Le Pen ». Ils trouvent désastreux le fait d’avoir le choix entre la politique raciste et autoritaire défendue par Le Pen et celle ultralibérale et anti-pauvres défendue par Macron. Alors, le 7 mai, ça sera sans moi.




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