Notre classe

Suicide au travail

Un cadre se suicide chez Carrefour

Publié le 8 juillet 2016

Mardi dernier, dans l’Isère, un cadre de Carrefour s’est suicidé sur son lieu de travail. Ce suicide rappelle à la fois à quel point le capitalisme tue mais surtout que personne n’est réellement à l’abri de ces violences : de la caissière au cadre, nous subissons tous l’exploitation et ses conséquences.

George Waters

L’homme de 58 ans, marié, père de deux enfants, a choisi un local technique de son lieu de travail pour mettre fin à ses jours. Malgré les tentatives de réanimation de ses collègues et du SAMU, le chef de secteur du Carrefour de Meylan n’a pu être sauvé.

Ce suicide rappelle à quel point la souffrance au travail est un élément structurant de notre société actuelle. La proche actualité nous le rappelle : hier, nous rappelions comment le stress et le harcèlement au travail pouvait être érigés en politique d’entreprise, et les cas qui s’accumulent de suicides au travail ne font que nous démontrer la dure réalité : le capitalisme tue !

Ce suicide n’intervient pas nulle part : Carrefour, un des géants mondiaux de la grande distribution, est connu pour son management plus qu’agressif, en témoigne la dernière affaire dans laquelle la direction avait voulu licencier une sous traitante qui avait accepté des sandwichs périmés destinés à la poubelle.

Il rappelle aussi que la classe ouvrière ne se limite pas aux seuls métallos des fourneaux de Florange ou aux employés d’Air France, mais qu’une grande partie des « cadres et professions intermédiaires » font aussi partie, objectivement, de la classe ouvrière. En effet, tout aussi exploitées que celles et ceux qui sont en bas de l’échelle, la pression patronale s’exerce sur ces populations de façon de plus en plus décomplexée, alors que leur position de « supérieur » est bien formelle, étant donné que la continuité de leur emploi n’est due qu’à leur capacité à appliquer les ordres de leur supérieur. Il est en effet marquant de voir à quel point ces « cadres » sont bien cantonnés à des fonctions d’exécutants, bien loin de la participation à la chaîne de commandement du capital.