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Jeunesse

Communiqué Solidaires étudiant-e-s Montpellier

Un collaborateur de Benalla envoyé par l’Elysée contre les étudiant·e·s à Montpellier

En début d'année, à l'université Paul Valéry de Montpellier, des agents de sécurité privée récemment embauchés empêchaient les étudiants de se réunir en Assemblée Générale et les réprimaient violemment. Mediapart a révélé que ces agents ont été recrutés par la République en Marche. Le syndicat Solidaires Etudiant.e.s s'exprime sur ce scandale dans un communiqué que nous relayons.

Crédit photo : capture d’écran youtube

Un collaborateur de Benalla envoyé par l’Elysée contre les étudiant·e·s à Montpellier

C’est avec stupeur que nous avons pris connaissance de l’enquête de Mediapart publiée le 11/12/2018. On y apprend que les agents de sécurité privé, qui ont réprimé la mobilisation étudiante de l’an passé et qui ont empêché la tenue d’Assemblés Générales en ce début d’année, ont été recruté par le biais de La République En Marche et notamment grâce à l’intervention de Charlyne Péculier, responsable des Jeunes Avec Macron Occitanie.

Le « conseil de recrutement » du parti au pouvoir n’est pas anodin puisqu’il implique l’emploi, comme chef d’équipe, de Kader Rahmouni dont on découvre qu’il a travaillé aux côtés d’Alexandre Benalla durant la campagne présidentielle.
Le Président Patrick Gilli ainsi que les membres de son bureau, non content d’avoir permis à une police politique d’agir sur le campus, ont tenté de dissimuler les coûts faramineux de cette répression en court-circuitant le processus d’appel d’offre et donc le Conseil d’Administration de l’Université.

Pour rappel, l’Université Paul-Valéry a connu l’an passé une mobilisation d’une grande intensité et ce dès le mois de février. Le retrait du projet de loi dite « ORE » avait été demandé plusieurs fois par des Assemblées Générales rassemblant plusieurs milliers d’étudiant·e·s et les blocages avaient été régulièrement reconduits par les grévistes.

L’attaque fasciste, survenue dans l’enceinte de la faculté de droit de Montpellier, à l’encontre de ces mêmes personnes mobilisées avait également participer à massifier le mouvement puisque cinq jours plus tard l’Assemblée Générale se déroulait en présence de plus de 3000 personnes, un record national malgré la forte mobilisation partout ailleurs.

Le gouvernement face à ces mouvements massifs et intenses a non seulement maintenu le système de sélection Parcoursup, mais a en plus envoyé la police dans de nombreuses universités occupées afin d’enrayer la mobilisation qui devenait dangereuse pour lui.

A Montpellier, au vu de la difficulté à mettre en place et à assumer une opération policière d’envergure, la direction de l’Université avait opté pour l’emploi d’une sécurité privée supplémentaire. Des heurts avaient eu lieu avec cette dernière et particulièrement avec Kader Rahmouni, chef d’équipe, qui avait exercé des pressions sur de nombreux/ses militant·e·s.

A l’époque déjà, nous avions dénoncé toutes formes de répressions et de violences, qu’elles soient fascistes, policières ou exercées par le biais de sécurités privées. Nous avions également mis en garde contre le laxisme de la justice à l’égard de la répression.

Pourtant, dès la rentrée 2018, c’est les mêmes pratiques qui ont été reproduites. Allant même plus loin cette fois puisqu’il s’agissait d’empêcher les Assemblées Générales elles-même. La trentaine d’agents avaient également empêchés des étudiant·e·s « fiché·e·s » comme militant·e·s d’accéder à leur cours.

Aujourd’hui, les révélations de Mediapart nous renseignent sur la nature de ses sécurités privées : elles sont commanditées par le pouvoir en place et sont des actrices nouvelles de la répression politique ayant l’avantage de ne pas sembler liées à l’État. Cette répression politique ne doit pas être un précédant sans conséquences ! Nous demandons la démission immédiate de Patrick Gilli et des autres membres de la direction impliqués.

Au moment où les Gilets Jaunes bloquent l’économie, où des dizaines de milliers de lycéens sortent dans les rues pour protester contre Parcoursup dont ils connaissent maintenant les conséquences, le mouvement étudiant doit relever la tête et repartir à l’offensive afin que l’Université reste gratuite pour tou-te-s, construisons la lutte contre la précarisation généralisée !

Rejoignez vos Assemblées Générales locales !




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