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Notre classe

Selon une étude de l'Insee

Un travailleur sur quatre s’est déjà blessé dans le cadre de son activité professionnelle

Une étude de l'Insee dévoile qu'un travailleur sur quatre déclare avoir souffert d'au moins un incident ayant occasionné des blessures dans l'exercice de ses fonctions.

Beaucoup savent déjà, pour les avoir subi, que les accidents de travail sont encore aujourd’hui choses courantes. Cette inquiétante et triste réalité s’est vu confirmée jeudi dernier par la sortie d’une étude de l’Insee dans laquelle on apprend que 26 % des personnes travaillant ou ayant travaillé lors de l’année 2013 déclarent avoir souffert de blessures dans le cadre de leur travail, hors accident de trajet, et que parmi ces personnes, 7 % ont été dans l’incapacité de reprendre leur emploi antérieur. Si ces chiffres sont alarmants en eux-mêmes, ils ne sont cependant pas les seuls présentés par cette étude, et les suivants mettent en évidence un frontière de classe on ne peut plus claire.

Les ouvriers sont de loin les plus touchés, 40 % d’entre eux déclarent en effet avoir souffert de blessures lors de leur activité, suivis des agriculteurs dont 32 % déclarent avoir soufferts d’incidents similaires : deux fois plus que les cadres, dont 16 % déclarent s’être blessés au travail.
Le contraste se fait encore plus saillant lorsque l’on compare les secteurs d’activités : 42 % des personnes dont l’activité est relative a la construction déclarent avoir été touchées par ce problème, suivis par les travailleurs en industrie, à 31 %.

On apprend également dans ce document que les postures et mouvements pénibles physiquement sont imputables à 28 % des blessures au travail. Peut-être serait-ce le moment de rappeler les mots d’Emmanuel Macron au sujet du compte pénibilité : « « Je n’aime pas le terme [pénibilité] donc je le supprimerai, car il induit que le travail est une douleur. », avait-il dit, avant de réduire les indemnités relatives à la pénibilité du travail et d’en complexifier les conditions d’accès.

Aux arguments des députés et ministres macronistes et d’autres droites qui nous assurent que le burn-out n’existe pas et ne comporte donc aucun risque, nous opposerons encore une fois les chiffres de l’Insee : ces derniers démontrent que les « contraintes psychologiques », et entre autre la tension psychologique au travail, sont responsables d’environ 28 % des accidents sur le lieu de travail. Tout autant, donc, que les postures physiquement pénibles.

Voilà la réalité des gens qui travaillent, alors même que Macron et son équipe nous répètent en toute assurance que le burn-out n’existe pas et votent contre sa reconnaissance, tandis qu’ils complexifient les conditions d’accès au compte pénibilité et réduisent les prérogatives du CHSCT, embauchent de moins en moins de médecins du travail et réduisent le nombre de visites médicales obligatoires en entreprise.

8 % de ces personnes blessées disent en ressentir aujourd’hui encore une gène considérable, et 4 % ont été contraintes de mettre fin a leur activité professionnelle. Alors même que Macron s’attaque aux retraites, 15 % des personnes de plus de 55 ans disent souffrir encore aujourd’hui d’une gène considérable à la suite d’un accident du travail au point de ne plus pouvoir travailler.

Ce sont eux qui, n’en déplaise à Macron et à la bourgeoisie, se mettent réellement en danger pour faire tourner la société, et qui en retour voient leurs droits sabrés , car il va sans dire que les attaques constantes envers la sécurité sociale ne seront pas pour améliorer la situation des personnes victimes d’accidents professionnels. Peut-être serait-il temps d’enfin contraindre Macron et les capitalistes dont il fait le jeu à respecter ceux qui font tout, et qui bien souvent y laissent des plumes.

Étude disponible sur le site de l’Insee : https://www.insee.fr/fr/statistiques/3645477

Photo : AFP/Philippe Huguen