^

Notre classe

« On ne peut plus faire des usines à malades »

Une femme retrouvée morte 12 heures après son admission aux Urgences à Paris

Une femme d’une cinquantaine d’année est morte aux Urgences de l’Hôpital de Lariboisière sans avoir pu recevoir les soins appropriés. Le personnel l'a retrouvée morte 12h après son admission aux urgences.

Crédit photo A. Gelebart

C’est dans l’Hôpital de Lariboisière, vers 18h30 qu’elle s’est présentée à l’accueil et a été mise sur un brancard dans une salle d’attente prévue pour les cas d’urgences relatives de l’hôpital. Le lendemain matin vers 6h30, les membres du personnel l’on retrouvée sans vie sans avoir pu lui donner les soins adaptés. 12 heures sans avoir pu obtenir de soin. Une enquête a été ouverte au Parquet de Paris dans le 10ème arrondissement, pour déterminer les causes réelles de sa mort, ainsi que la visite d’un officier de la police judiciaire pour écarter la piste d’un acte criminel. Dans Le Figaro, on peut lire les déclarations du docteur Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France.

« Cette personne s’est présentée lundi dans un centre médical pour une fièvre encéphalite (fièvre accompagnée de maux de tête, NDLR) », « En l’absence de personnel pour la recevoir, le cabinet a appelé les pompiers de Paris qui ont déposé la patiente aux urgences de l’hôpital de Lariboisière. Sur place, elle a été vue par l’infirmière en charge de l’accueil et de l’orientation ».

Sur France Info, le médecin urgentiste Gérald Kierzek explique que « Le service [des urgences] est en surchauffe permanente. Les syndicats alertent en permanence en disant qu’il va y avoir un drame, malheureusement c’est ce drame-là et je crains que ce ne soit ni le premier ni le dernier » derrière cette mort, il faut voir la politique criminelle des gouvernements successifs qui ferment les robinets pour la santé.

Gérald Kierzek explique la situation compliquée dans laquelle se retrouvent les agents hospitaliers du service de Lariboisière. « On sait que ce service de Lariboisière est un des plus gros services d’urgences, qui a été construit en 1997 pour 120 malades par jour, et ils sont à plus de 300 malades par jour, donc les équipes font ce qu’elles peuvent, avec ce qu’elles ont en termes de moyens, c’est-à-dire pas grand-chose », et ce « n’est pas faute d’avoir alerté la direction générale [de l’AP-HP]. On ne peut pas débiter du malade comme on fait sur une chaîne de production, et c’est ce qu’on nous demande de faire en ce moment ».

Selon le docteur Christophe Prudhomme, un nouveau plan de réduction des effectifs de 800 à 1000 personnes par an sur 5 ans a être opéré ainsi que le gel des dépenses de personnels jusqu’en 2023. Les membres du personnel de l’hôpital se sont déjà mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail, le gel des dépenses du système de santé et pour s’opposer à la réforme du projet du système de soins annoncée par le gouvernement précédant.

Cet évènement, ne fait que mettre en lumière, une fois encore, le problème du système de santé, qui subit les coupes budgétaires de la part de l’Etat, et des fermetures successives d’hôpitaux et de cliniques. Un personnel débordé, surchargé, à bout, qui ne peut pas assumer toutes les tâches qu’on lui donne. Cela fait des années que les personnels hospitaliers tirent la sonnette d’alarme sans jamais être écoutés. C’est pourquoi, de plus en plus, ils se mobilisent et luttent pour avoir un vrai service hospitalier public de qualité afin que des évènements tragiques comme celui-ci n’arrivent plus jamais.

Les hôpitaux ne sont pas faits pour être rentables mais pour sauver des vies. Comme le rappelle Gérald Kierzek sur France Info, « Il ne faudrait pas que la responsabilité retombe sur les infirmiers, les infirmières et les médecins ». « Il faut à tout prix que la ministre [de la Santé] comprenne qu’on ne peut plus faire des usines à malades. Il faut revenir à une taille humaine, de façon à ne plus oublier des malades sur des brancards ».




Mots-clés

Casse de l’hôpital   /    #NosViesValentPlusQueLeursProfits   /    Santé   /    secteur santé   /    #AssezDeViesBroyées   /    Notre classe