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Jeunesse

A l’université Paris 3, la présidence veut faire taire ses étudiants

Université Paris 3 : mails d’intimidation et fermeture administrative contre la mobilisation étudiante

La mobilisation décolle dans les universités, notamment à Paris 1 et Paris 3, où plusieurs centaines d’étudiants ont décidé de se mobiliser, notamment contre la hausse des frais d’inscription, la présidence de l’université continue de nier nie la mobilisation : elle tente de l'éteindre en culpabilisant les étudiants et en les empêchant d’accéder au site Censier.

Au lendemain d’une assemblée générale qui réunissait 400 étudiants mardi 4 décémbre, et après le vote massif du blocage de l’université jusqu’à jeudi pour rejoindre la manifestation contre la hausse des frais d’inscription devant Campus France, le président de Paris 3 tente d’étouffer la lutte des étudiants. Lundi déjà, la présidence avait envoyé un mail scandaleux à l’ensemble des étudiants, professeurs et personnels, leur annonçant qu’ « un groupe d’individus [avait] pénétré de force sur le campus de Censier tôt ce matin (...) et bloqué tous les accès afin d’empêcher aussi bien les étudiant.e.s que les personnels d’accéder à leur espace de travail ». « Un groupe d’individu », voilà donc comment la présidence appelle des étudiants de sa propre université, mandatés par une assemblée générale ! S’inquiétant d’un blocage à l’approche des élections aux conseils centraux de l’université, monsieur Bonafou-Murat allait même jusqu’à écrire que « ce blocage est d’autant plus inacceptable qu’il empêche le débat et l’exercice démocratique ». Inacceptables, ce sont les mesures du gouvernement qui le sont, comme l’ont bien compris les étudiants qui ont d’ailleurs suggéré au président par un vote en assemblée générale d’envoyer des mails proposant des mesures concrètes de lutte, plutôt que d’essayer d’intimider ceux qui se mobilisent et de diviser les étudiants !

Hier soir, un nouveau mail a été envoyé, ne faisant aucunement mention de l’assemblée générale pourtant nombreuse qui s’était tenue le jour même, mais annonçant la banalisation des cours de ce mercredi 5 décembre. Une nouvelle manière de chercher à rendre invisible en invoquant le motif selon lequel« les personnes empêchant l’accès aux bâtiments du site Censier ont décidé le maintien du blocage ».

« Je réaffirme mon opposition à ce blocage qui nuit à l’accomplissement des missions de l’université, et avant tout à la réussite de nos étudiant.e.s. » conclue-t-il en fin de courrier. Quelles sont donc les missions de l’université pour monsieur Bonafou-Murat ? Certainement pas celles d’accueillir toutes et tous, d’être un lieu d’échange, et encore moins de politisation et de lutte pour nos droits, à en juger par la fermeture administrative du site Censier au troisième jour de mobilisation de ses étudiants !

Scandalisés par ces mails et le portail de Paris 3 verrouillé ce matin, ce sont les étudiants qui condamnent justement cette entrave « au débat et à l’exercice démocratique » pourtant si chers (dans ses mots !) à la présidence ! Le site de l’université doit en effet rester ouvert pour que prennent place les discussions entre les étudiant.e.s, et que s’organise le mouvement. Il est important de lutter contre ces méthodes et ce discours honteux de la présidence qui nous prive de nos locaux et tente d’étouffer notre mobilisation.




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