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Société

Réquisition des logements vides, régularisation des sans papiers et partage du temps de travail !

Vague de froid. Leur cynisme, nos solutions

Crédit photo AFP Ce lundi débute une vague de froid sans précédent depuis 2012 en France. Les températures seront inférieures de 4 à 8 degrés aux normales saisonnières, selon Météo France. Depuis novembre, ce sont déjà 65 personnes qui sont mortes du froid en Europe, dont plusieurs dans le pays des droits de l'homme, comme la semaine dernière à Annecy, où un homme de 45 ans est décédé. Léo Valadim

Une situation sans cesse plus dramatique chaque année

D’après la fondation l’Abbé Pierre, la France compte 141 000 personnes sans domicile fixe : un nombre qui a augmenté de 50% entre 2001 et 2012. Face au drame humain qui s’annonce à nouveau, le premier flic de France Bruno Le Roux n’a pas hésité à déclarer « Je veux, et le gouvernement souhaite, que tout soit mis en œuvre pour qu’il n’y ait rien, aucun mort, aucun blessé par grand froid ». Sans-doute cherche-t-il à faire passer la pilule après que Médecins Sans Frontières ait affirmé dans un communiqué que « les équipes de Médecins sans frontières ont dû prendre en charge huit personnes proches de l’hypothermie.[…]Les policiers harcèlent les migrants en leur confisquant leurs couvertures, utilisant parfois des gaz lacrymogènes pour les disperser, allant jusqu’à leur interdire de s’asseoir dans la file d’attente du centre humanitaire de La Chapelle où ils attendent une place d’hébergement ». Poursuivant la triste boutade, le ministre de l’Intérieur a également annoncé que « personne ne devra rester dans la rue, ni sans-domicile-fixe, ni migrant », qu’« il y aura de la place pour tout le monde »au chaud à l’abri. Le gouvernement a également dit compter « dimensionner » le 115 (numéro d’urgence destiné aux personnes sans abris). S’il n’est pas possible de savoir ce qu’entend par « dimensionner » le ministre de l’Intérieur (bien que l’on puisse s’en faire une idée), il est évident que cela ne pourra pas être une solution quand on sait qu’une demande sur deux au 115 n’aboutit pas faute de places dans les centres d’accueil, où règne bien souvent la violence et où les chiens ne sont pas acceptés.

Chaque année, ce sont autour de 500 décès qui sont recensés parmi les personnes vivant à la rue. Un chiffre bien en deçà de la réalité d’après l’institut national de la santé et de la recherche médicale (ISERM), qui évalue à entre 2700 et 2800 décès de personnes sans domicile fixe par an. L’espérance de vie de celles et ceux d’entre nous qui vivent dans la rue est de moins de 49 ans, contre 79 ans pour le reste de la population.

Réquisition des logements vides, régularisation des sans papiers et partage du temps de travail !

En Ile-de-France, alors que la présidente de la région Valérie Pécresse a annoncé qu’« en prévision de cet épisode climatique », elle débloquerait 100 000 euros pour les associations, ce sont 300 000 logements qui sont laissés inoccupés ! Au total en France, ce sont 2 880 000 logements qui étaient laissés vides en 2015, des chiffres ayant augmenté de 45% depuis 2005 d’après l’INSEE.

Une situation dramatique qui, chaque année, nous offre un bal de déclarations appelant à des plans d’urgence qui, faute de moyen et de temps, ne permettent jamais d’offrir un toit à l’ensemble des personnes à la rue. Si l’ouverture de centres ou de squats par des associations telles que le DAL tentent de répondre, par la solidarité, à cette situation, le problème de fond subsiste. La réquisition des logements vides, qui permettrait de loger l’ensemble des personnes à la rue, est une revendication vitale dans la situation. Mais il s’agit aussi d’exiger la régularisation de l’ensemble des sans-papiers, que leur situation irrégulière rend d’autant plus vulnérables dans la situation, puisque le spectre d’une expulsion du pays les guette et que la seule alternative qui leur reste est bel et bien la rue. Enfin, pour mettre un terme à la misère et la précarité extrême qui touche les personnes à la rue, il s’agit de réclamer le partage du temps de travail entre toutes et tous, avec un smic de 1700 euros net. Afin qu’il n’y ait plus d’hiver où meurent des centaines des nôtres.




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