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Politique

« Entre les deux, mon cœur balance »

Valls ne parrainera pas Hamon !

Hier Le Parisien affirmait que Valls allait se rallier à la candidature de Macron avant le premier tour des élections. Après avoir démenti par le biais de ces proches hier que son choix était fait, il a déclaré ce matin qu’il se sentait « incapable » de parrainer Benoît Hamon… Marina Garrisi

Un geste qui en dit long


Manuel Valls a déclaré ce mardi « Je ne peux pas apporter mon parrainage à Benoit Hamon » au journal Paris Match. Alors qu’il a été plutôt silencieux depuis sa défaite à la primaire du PS, Manuel Valls devrait s’exprimer ce soir devant ses rangs à l’Assemblée Nationale… et probablement annoncer son soutien au candidat d’En Marche. Si l’ancien premier ministre a tenu à démentir hier soir les rumeurs concernant son ralliement à Macron avant le premier tour, sa déclaration de ce matin en dit long et semble confirmer sa dynamique de rupture avec le candidat officiel du PS.

Les deux hommes ne se sont pas parlés depuis la fin de la primaire du PS, mais Valls ne cache plus ses réticences à l’égard de la candidature de son ancien rival : « Hamon ne suscite pas d’engouement » dit-il. Avant de déplorer la montée du Front National et de jouer la carte du « danger » pour commencer à légitimer son retournement de veste en faveur de l’ancien ministre de l’économie qui apparaît aujourd’hui comme le seul candidat à même de vaincre Marine Le Pen, face à un François Fillon très fragilisé par les révélations du Penelope Gate, et à un Hamon qui apparaît comme distancié.

Les deux gauches irréconciliables se déchirent

Pour Valls, le récent accord signé entre Hamon et l’écologiste Yannick Jadot (EEL) a du mal à passer. « Je ne pourrais pas assumer autant de contradictions », justifie-t-il. Furieux de voir revenir sur le porte bagage de Benoit Hamon les frondeurs comme Cécile Duflot, Noël Mamère qui l’ont pilonné pendant plus de deux ans comme chef du gouvernement à l’Assemblée nationale. Valls n’est pas le seul, l’aile droite du PS reproche à Hamon d’avoir cherché à rassembler en priorité la « gauche de la gauche » en s’entretenant avec EELV et Mélenchon avant d’avoir agi en rassembleur dans son propre camp. Plusieurs ténors du parti, les « réformateurs », avaient déjà sortis une tribune appelant à rejoindre la candidature de Macron, creusant la fracture du parti socialiste.

Pour Cambadélis, premier secrétaire du PS, Benoit Hamon « n’a pas besoin » du parrainage de Manuels Valls, puisque le candidat a déjà passé la barre des 500 parrainages nécessaires pour se présenter. « Il faut respecter les règles » a quand même ajouté Cambadélis, faisant référence à l’engagement pris par les candidats de la primaire de la gauche de soutenir le candidat vainqueur « malgré les désaccords » qui peuvent exister. « J’ai dit qu’il y aurait des sanctions pour ceux qui parraineraient Emmanuel Macron, ils ont tous reçu une lettre de ma part leur disant qu’ils ne pouvaient plus représenter le Parti Socialiste », rappelant ceux qui hésitent à l’ordre. Tentative désespérée pour éviter que le parti se déchire complètement autour de ces élections, signant la fin d’une crise structurelle de l’appareil traditionnel de la social-démocratie.

En attendant, Manuel Valls sera amené à rendre compte de sa position en début de soirée après sa réunion en huis clos où sont attendues entre 200 et 300 personnes.




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