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Notre classe

La lutte a payé !

Victoire des grévistes sur la mairie de Saint-Denis contre la casse de leurs conditions de travail

Ce vendredi 9 décembre, plus de 1000 grévistes de la mairie de Saint-Denis et habitants de la ville se sont à nouveau rassemblés sur le parvis de la mairie, autrement dit bien plus que les jours précédents. Sous cette pression grandissante, la mairie a dû céder : le plan de coupes des congés a été intégralement retiré. Manon Véret

C’est une belle victoire pour les communaux de Saint-Denis. Par une grève reconductible très suivie, les salariés ont pu faire reculer la mairie PCF qui pensait réduire le temps des congés pour « faire des économies » et « lutter contre l’absentéisme », alors même qu’elle est restée fermement sur ses positions jusque-là.

Mais plus qu’une victoire matérielle, c’est une grande avancée qui a pu s’opérer chez les salariés. Pour la première fois, et sous la pression de l’assemblée générale des grévistes, s’est créée une intersyndicale pour former un véritable arc de forces qui défendent les salariés en lutte. Par ailleurs, cela fait plusieurs années que la ville n’avait pas connu un mouvement de grève aussi dur. Plus qu’une victoire matérielle, les salariés se sont aussi forgés une expérience de lutte victorieuse, qui les arme pour les prochains combats à mener face à la potentielle arrivée d’une droite dure, avec un Fillon qui prépare les attaques contre les organisations syndicales.

Au-delà des travailleurs eux-mêmes, c’est l’alliance qui s’est créée avec les habitants de Saint-Denis qui a sans aucun doute fait plier la mairie. Cet élan de solidarité avec les grévistes est non seulement précieux pour la lutte, mais c’est d’autant plus édifiant que la mairie est PCF : pendant les rassemblements, et aussi bien chez les communaux que les habitants solidaires, on pouvait entendre les nombreuses critiques qui étaient adressées aux élus du parti communiste. Et la phrase qui revenait le plus souvent était : « ils n’ont plus de communiste que le nom ». Cela révèle la rupture qui se crée avec une mairie qui se dit de gauche, dont les élus ne font qu’appliquer les logiques néo-libérales du gouvernement.

Les liens qui se sont tissés lors de cette mobilisation doivent alors s’entretenir pour mieux appréhender les futures attaques du gouvernement. Car comme nous le montre la grève déterminée des communaux de Saint-Denis, la victoire est possible. Et si cette victoire n’est qu’embryonnaire, c’est bien ce à quoi il faut se préparer à une plus large échelle.




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