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Société

Seine-Saint-Denis

Violences policières. 4 policiers en garde à vue pour viol en réunion

LP/THOMAS POUPEAU C’est un nouvel épisode de violences policières, des plus brutales, auquel se seraient livrés 4 policiers ce jeudi à Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Théo, un homme de 22 ans, aurait été violé par 4 policiers lors d’une interpellation dans le quartier de la Rose-des-Vents. L'un des quatre policiers lui aurait introduit une matraque télescopique dans l'anus. Des faits rappelant notamment les méthodes des policiers municipaux de Drancy jugés en janvier dernier. Les policiers ont été placés en garde à vue dans les locaux de de l’IGPN. Ils sont accusés de viol en réunion sur le jeune blessé. Leur garde à vue prolongée de 24 heures. Nicolas Rossel

Selon Le Parisien, les faits connus à ce jour seraient les suivants : Jeudi dernier, Théo, 22 ans, se rend chez une amie. Son chemin croise celui de quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST) dont la mission est de procéder à des interpellations dans les quartiers. Les vidéos surveillances récupérées, et toujours en cours d’analyse par l’IGPN, confirment le témoignage de Théo, selon lequel ces policiers l’ont tabassé, notamment à coup de matraque télescopique dans les jambes. Les habitants aux alentours tentent d’intervenir pour sauver le jeune homme, mais ils sont gazés par les policiers. Théo est alors embarqué violemment dans la voiture. Lorsque l’un de ses frères accourt au commissariat pour savoir ce qu’il s’est passé, il entrevoit son frère le visage tuméfié, sur un fauteuil roulant, et envoyé à l’hôpital suite à des saignements. Les examens cliniques confirment le viol. Théo est hospitalisé depuis jeudi soir pour des blessures graves, et explique que les policiers lui ont introduit une matraque télescopique pour le violer. Les quatre policiers sont en garde à vue depuis vendredi.

La violence de cette histoire n’est pas sans nous rappeler celle des gendarmes, qui a conduit à la mort d’Adama, ou encore les menaces de viol proférés par les policiers qui ont agressé Guillaume Vadot à la gare de Saint-Denis. Si l’agression de Théo fait scandale aujourd’hui, c’est parce que des habitants ont osé filmer, témoigné, mais c’est surtout parce que la famille de Théo ose porter plainte et ne veut pas laisser passer cette violence en uniforme. Plus nous braverons la loi du silence, les peurs, et les menaces des policiers, et plus nous révélerons le vrai visage de la police et ces dizaines d’agression quotidiennes que subissent les habitants des quartiers populaires. Mais les révéler au grand jour ne suffit pas à faire tomber tout un système étatique, policier et judiciaire qui marche main dans la main. C’est en alliant nos forces, celle de victimes des violences policières, mais aussi en faisant front avec les syndicats, les étudiants, et tous ceux qui ont lutté contre ces mêmes policiers et ce même Etat lors du mouvement contre la loi travail, que nous pourrons créer un rapport de force à hauteur de cette machine répressive.




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