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11 000 scientifiques signent un communiqué pour alerter sur le niveau d’urgence climatique

Plus de 11 000 scientifiques ont signé à l'occasion du 40e anniversaire de la première conférence sur le climat un communiqué afin d'alerter sur le niveau d'urgence climatique.

samedi 9 novembre

A l’occasion du 40e anniversaire de la première conférence sur le climat organisée à Genève en 1979, plus de 11 000 scientifiques issus de 153 pays ont publié dans Bioscience un document appelant à prendre conscience de l’urgence climatique. Le document présente notamment plusieurs graphiques montrant l’augmentation entre 1980 et 2018 des gaz à effet de serre, des températures et du niveau des océans. “Vous n’avez pas besoin d’être un grand spécialiste pour regarder ces graphiques et comprendre que tout va mal”, a déclaré dans The Guardian Thomas Newsome, chercheur à l’université de Sydney et coauteur du document.

Selon The Guardian, leur objectif est de définir une gamme complète d’indicateurs de ‘signes vitaux’ concernant les causes et les effets de la dégradation du climat, plutôt que les seules émissions de carbone et l’augmentation de la température de surface”. Ainsi, les scientifiques pointent du doigt la responsabilité des activités humaines dans la crise climatique, et en particulier “la consommation excessive liée à un mode de vie riche”. Ils estiment par ailleurs qu’“une immense augmentation des efforts en matière de conservation de notre biosphère est nécessaire pour éviter des souffrances indicibles dues à la crise climatique.”

L’impossible capitalisme vert

Face à l’urgence climatique, c’est encore une fois de plus la logique des petits gestes qui est mise en avant, dans l’idée que seul notre mode de consommation est responsable de la crise écologique. Mais cette logique ne s’attaque pas à la source du problème : la crise climatique n’est pas seulement le fruit de notre mode de consommation mais surtout celui de notre mode de production. La production étant toujours subordonnée à l’objectif de rentabilité économique, et la concurrence poussant toujours les entreprises à vendre le moins cher possible dans notre système capitaliste, on assiste à une surproduction industrielle et agricole au détriment de la planète.

Si la logique des petits gestes se veut une solution à la crise écologique, cette solution dissimule la vraie source du problème. En réalité, tant que nous vivrons dans un système capitaliste, les entreprises continueront de polluer la planète. Capitalisme et écologie sont incompatibles, quoiqu’en disent les campagnes publicitaires soi-disant écolos. Ainsi, la fabrication des voitures électriques produit par exemple deux fois plus de CO2 que les voitures traditionnelles, en raison de l’extraction des matières premières pour produire les batteries. Par ailleurs, la transition écologique se retrouve même instrumentalisée par la bourgeoisie dans le but d’augmenter ses profits ; la hausse de la taxe carbone a ainsi servi à financer le CICE, dont les plus gros bénéficiaires sont Total, Renault et GDF.

Changer le système, pas le climat

Il devient plus qu’urgent et actuel de changer le système dans lequel on vit. Quelques revendications peuvent être avancées, mais celles-ci ne prendront tout leur sens que si elles sont accompagnées d’un changement du système. Ainsi, nous revendiquons la gratuité des transports et le renforcement du fret ferroviaire afin de diminuer la circulation routière. Par ailleurs, une planification de la circulation géographique des biens permettrait d’éviter des détours inutiles. Enfin, l’ouverture des frontières et la liberté d’installation pour tous les migrants sont nécessaires face à la catastrophe humaine qui nous attend.

Crédits photo : KHAM / REUTERS




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