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12 victimes, 12 nominations pour Polanski aux Césars de la honte

Dans une déclaration, Roman Polanski, accusé de viol et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes, a affirmé qu’il n’assistera pas à la 45e cérémonie des César ce 28 février. Le réalisateur est nommé dans douze catégories, le même nombre que ses victimes connues à ce jour.

vendredi 28 février

Crédits photo : AFP

Roman Polanski ne sera finalement pas présent ce soir, pour, selon ses propres mots, « ne pas affronter un tribunal d’opinion autoproclamé prêt à fouler aux pieds les principes de l’Etat de droit pour que l’irrationnel triomphe à nouveau sans partage ».

Les 12 nominations pour son film « J’accuse », dont celles du meilleur réalisateur et du meilleur film, avaient suscité beaucoup d’indignation parmi les militantes qui luttent contre les violences sexuelles et sexistes, car comme l’a dit Adèle Haenel dans une interview au New York Times, « distinguer Polanski, c’est cracher au visage des victimes ».

C’est par un communiqué totalement victimisant que le directeur a annoncé son absence :

« Des activistes me menacent déjà d’un lynchage public. Certains annoncent des démonstrations devant la salle Pleyel ». D’après lui, cette soirée « promet de ressembler davantage à un symposium qu’à une fête du cinéma censée récompenser ses plus grands talents ».

Accusé d’avoir commis de nombreuses violations, et alors qu’il est visé par l’accusation d’agression à la photographe Marianne Barnard quand elle avait 10 ans, et toujours poursuivi par la justice nord-américaine pour le viol de Samantha Geimer en 1977, âgée alors de 13 ans, il est inacceptable que Polanski continue à recevoir des honneurs, comme si rien ne s’est passé.

Face à cela, dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 février, le groupe Collage Féminicides a collé des affiches devant la salle Pleyel, où se tiendra la cérémonie des Césars ce soir, pour dénoncer Roman Polanski, son impunité, ainsi comme l’Académie des Césars : « Violanski : voulez-vous vraiment vivre dans un monde où un pédocriminel est nominé 12 fois aux César ? » et « Violanski les César de la honte ».

10 mineures sur les 12 victimes

Parmi les 12 victimes, 5 ont décidé de rester anonymes. Deux d’entre elles avaient 9 ans lorsqu’elles ont été abusées, tandis que les trois autres avaient 10, 12 et 16 ans. Mais la liste des victimes continue : Marianne Barnard, 10 ans, Samantha, 13 ans, Renate Langer, 15 ans, Charlotte Lewis, 16 ans, Robin, 16 ans, Valentine, 18 ans et Mallory Millett, 29 ans.

Pourtant, Polanski continue de nier les faits en toute impunité : « Les activistes agitent le chiffre de 12 femmes que j’aurais agressées il y a un demi-siècle ; ces fantasmes d’esprits malsains sont désormais traités comme des faits avérés. Un mensonge répété 1000 fois devient une vérité. »

Malheureusement, les victimes de violences sexuelles et sexistes se comptent par millions et par millions dans le monde, ce qui montre que l’égalité qui existe aujourd’hui devant la loi n’est pas une réalité dans notre vie quotidienne. Face à cela, nous n’avons pas d’autre choix que de nous organiser indépendamment de l’État et de ses institutions, qui légitiment et perpétuent ces violences.




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