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Précarité Etudiante

Hausse des loyers, pénurie de logement Crous : réquisitionnons les logements vides !

La rentrée universitaire est marquée par la hausse de l'inflation et de la précarité étudiante. Une situation aggravée par la pénurie de logements, qui touche particulièrement les étudiants. Face à cette situation, réquisitionnons les logements vides !

Lorélia Fréjo

13 septembre 2023

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Hausse des loyers, pénurie de logement Crous : réquisitionnons les logements vides !

Crédits photo : Université Sorbonne Paris Nord, 2021

Des files toujours plus grandes devant les banques alimentaires, le coût de la rentrée étudiante qui atteint 3000 euros : la rentrée universitaire se fait sous le signe de la précarité étudiante, alors que 20% des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté. En cause, l’inflation des prix de l’énergie et de l’alimentation mais aussi la hausse des prix du logements et le manque d’offre pour les appartements étudiants. En effet, de nombreux reportages et témoignages font état de la difficulté pour les étudiants de trouver un logement pour l’année. Selon France Inter, il manquerait près de 250 000 logements Crous par rapport à la demande.

Manque d’offres, hausse des prix : une rentrée étudiante sous le signe de la crise du logement

« Cette année, la recherche de logement est catastrophique. Zéro appartement libre, dès qu’il y en avait un, il était pris en une heure ! » explique par exemple Samuel, étudiant à Strasbourg au journal France 3 Grand-Est. En urgence, ce dernier raconte avoir trouvé un lit dans un dortoir d’une auberge de jeunesse, une solution précaire étant donné le prix de la chambre. A Strasbourg, de nombreux autres étudiants se retrouvent à commencer l’année sans logement. La situation est la même du côté de la Rochelle, comme l’explique France Bleu ou encore de Rennes. Dans un reportage sur la ville, BFM TV suit un étudiant qui n’arrive pas à trouver de logement pour la rentrée. Aucune annonce n’est disponible pour son budget, et il devra attendre le mois d’octobre pour espérer voir de nouvelles offres apparaitre.

A Paris ou Lyon, la situation est encore plus dramatique, notamment du fait de l’augmentation des loyers. Il faut en effet débourser plus de 700 euros de budget par mois pour espérer trouver un logement. Comme l’explique Le Monde : « dans cette course à l’appartement, la prime va aux familles les plus à l’aise financièrement ». Dans son reportage, Le Monde explique que certaines familles ont dû renoncer à laisser leurs enfants étudier dans la ville de leur choix du fait de la pénurie de logement et de la hausse des coûts.

Cette situation est notamment due à la spéculation immobilière sur les petits logements. Interrogé par le quotidien Les Échos, Loïc Cantin, président de la fédération nationale de l’immobilier raconte : « chaque année, le nombre de logements disponibles pour les étudiants diminue car il y a un phénomène de transfert vers les locations de type Airbnb, les propriétaires cherchant à s’exonérer de certaines réglementations ». En cause, toujours selon le journal, de nombreux logements dits "passoires energétiques" ont dû être supprimés du marché étant donné leurs trop mauvaises conditions d’isolation.

Baisse des budgets universitaires : les Crous débordés

Cette crise du logement étudiant n’est pas sans lien avec la baisse des budgets universitaires, et la crise de l’offre Crous, trop faible en comparaison du nombre d’étudiants à loger. Dans son enquête, résumée par Libération, la Fondation Abbé Pierre explique en effet, « l’Observatoire de la vie étudiante dénombre actuellement 2,7 millions d’étudiants dans le supérieur, parmi lesquels on ne compte pas moins de 710 000 boursiers. En comparaison, le Crous ne dispose que d’environ 175 000 places au sein de ses résidences, soit pour seulement 6 % de la population étudiante totale. » Par ailleurs, l’enquête de la Fondation Abbé Pierre dénonce l’augmentation des expulsions, permises par des jugements expéditifs des tribunaux administratifs.

Pour pallier cette situation, les directions universitaires évoquent des solutions de logement courte durée aux étudiants dans le besoin, mais ces dispositifs disposent de très peu de places. Selon France Bleu , à Strasbourg par exemple, « 27 lits d’urgence sont disponibles gratuitement » pour les étudiants dans le besoin pour « une durée de 10 jours maximum » via l’association des étudiants. Un dispositif bien trop léger pour répondre à la situation, car comme l’explique la présidente de l’association Alexa Foulon : « tous [les lits sont] occupés, et la liste d’attente est longue ».

De son côté, le président de l’université de Rennes, Davis Alis, est même allé jusqu’à lancer un appel à la « solidarité aux habitants » pour loger les étudiants. Dans sa lettre aux rennais, il demande de « proposer des chambres dans les appartements, dans les maisons, pour ces étudiants qui ne trouvent pas de logement. » Là aussi, il s’agit d’un moyen de contourner le besoin d’augmentation des places et des budgets des Crous étudiants, et la construction de nouveaux logements étudiants.

Face à la pénurie de logement et la hausse des prix : réquisition des logements vides !

Alors que la situation est déjà dramatique et met en lumière le manque criant de moyens, le gouvernement menace de nouvelles coupes budgétaires de l’Enseignement supérieur. Dans une interview pour la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Macron expliquait que la hausse des budgets universitaires n’était pas à l’ordre du jour car elles n’en « ont pas besoin » et a ouvert la voie à de nouvelles hausses des frais d’inscription. De son côté, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement Supérieur appelle à de nouveaux efforts des universités. Une hypocrisie révoltante de la part du gouvernement, qui montre à nouveau son mépris des conditions de vie des étudiants, et notamment de celles plus précaires, démontrées à de multiples reprises par la macronie.

Face à cette situation, des premiers secteurs de l’université ont commencé à se mobiliser comme les IUT de Bordeaux, ou les filières STAPS à Rouen pour revendiquer la hausse des budgets de l’université. Alors que le manque de logements touche une part considérable de la population étudiante et que le manque de moyens à l’université affecte étudiants et personnels, avec Le Poing Levé, collectif de jeunesse de Révolution Permanente, nous revendiquons l’augmentation des budgets de l’université, la gratuité totale de l’université et l’augmentation des places en Crous. Mais surtout, alors qu’on compte au moins 3 millions de logements vides en France, il faut revendiquer la réquisition des logements vides, pour permettre à toutes et tous d’être logés dignement.


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