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Société

Scandale alimentaire

780 tonnes de faux steaks hachés vendues aux associations venant en aide aux plus démunis

Ce vendredi, RTL a révélé un nouveau scandale alimentaire. Depuis juillet 2018 , 780 tonnes de faux steaks hâchés ont été distribués aux associations aidant les plus pauvres. Il s'agissait d'un achat groupé de 5,2 millions d'euro, dans le cadre du Fond Européen d'aide aux plus démunis (FEAD).

vendredi 7 juin

En juillet 2018, dans le cadre de du Fond européen d’aide aux plus démunis (FEAD), La Croix Rouge, les Restos du Cœur, le Secours Populaire Français et la Fédération française des banques alimentaires ont fait un achat groupé de steaks hachés d’une valeur de 5,2 millions d’euros.
En mars dernier, les associations ont commencé à émettre des doutes quant à la composition des steaks hachés dont le goût, la texture, la couleur et la tenue à la cuisson ne semblaient pas habituels.
Une enquête a alors été ouverte par la direction de répression des fraudes (DGCCRF) et la distribution a été suspendue afin de procéder à des analyses.

Le constat n’est pas ragoutant : aucune trace de viande dans ces steaks hachés, mais du gras et de la peau mixés avec de l’amidon et du soja. Deux produits non-autorisés dans la production de steaks. Si ces faux steaks n’ont mis en péril la vie de personne, il est inacceptable que des produits d’aussi mauvaise qualité ait été distribués en masse aux plus pauvres. Quand il s’agit de faire toujours plus de profit, ce sont les plus pauvres qui trinquent.

Selon l’enquête de l’AFP, l’entreprise française incriminée aurait fait fabriquer ces steaks par un fournisseur polonais, afin d’acheter à très bas coûts ces morceaux de graisse et se faire une grosse marge (plus de 7 millions de steaks ont été écoulés) sur le dos des plus démunis. Une deuxième entreprise française s’est rendue complice en mettant en contact le distributeur français et le fournisseur polonais. Aucuns des noms de ces deux entreprises n’ont été dévoilés pour le moment, mais les coupables risquent jusqu’à 2 ans de prison ferme et 1,5 millions d’euros d’amende pour tromperie et fraude en bande organisée. Au vu de la marge réalisée, la peine maximale ne devrait même pas les faire trembler…

Dans un communiqué commun, les quatre organismes victimes de cette duperie, expliquent que : « Le produit ne respectant pas les termes du cahier des charges sur lequel il s’était engagé, le fournisseur doit donc reprendre les produits concernés et les remplacer en quantité équivalente. » Dans le cadre d’une démarche européenne pour les plus démunis, il est inacceptable d’avoir laissé passer une telle abomination. Les quatre associations exigent alors une compensation financière.
L’industrie alimentaire, et particulièrement celle de la viande, est souvent confrontée à ce genre de scandale. Entre les lasagnes de cheval, et la fausse viande polonaise, et de manière générale, avec les conditions de production qui imposent la souffrance animale et des conditions de travail particulièrement dures pour les salariés se pose sérieusement la question du pouvoir laissé aux entreprises sur notre alimentation et notre santé.




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