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Jeunesse

79% des jeunes estiment que « les violences policières sont une réalité »

Selon un sondage Opinionway publié ce vendredi, près de 50% des jeunes n’ont pas confiance en la police, 79% estiment que « les violences policières sont une réalité », et 48% que "la police française est raciste". L'opération séduction de Macron sur Brut ferait-elle un flop ?

samedi 19 décembre 2020

Crédits photo : AFP

En juin, à la suite du meurtre de Georges Floyd par un policier à Minneapolis, des milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, ont envahi les rues du monde entier, accompagnés du cri de leur colère. Quelques mois après seulement, et pour la deuxième fois en 2020, le débat sur la nature de l’institution policière a ressurgi sur le devant de la scène avec le mouvement contre la Loi Sécurité Globale, alimenté par la colère face aux violences policières subies par Michel Zecler le 21 novembre dernier. Cette colère s’est principalement tournée vers l’article de cette loi qui vise justement à interdire la prise de photos et de vidéos des forces de répression, alors même que ces vidéos ont permis de dévoiler ce qu’avait subi Michel Zecler et bien d‘autres. Rappelons que sans ces images, Michel Zecler aurait pu risquer des poursuites pour outrage à agents ou autre accusations fictives et de lourdes peines de prison, puisque dans ces cas-là, la peine (et donc l’hypothétique outrage) est proportionnel à la violence déployée par la police.

Mais comme l’ont rappelé les manifestants, l’affaire Michel n’est pas un cas isolé. On se rappelle de la mort de Zyed et Bouna en 2005, d’Adama Traoré en 2016, de l’affaire Théo en 2017, ou encore la mort de Cédric Chouviat en 2020. Les violences policières lors des derniers mouvements sociaux, notamment celui des Gilets Jaunes, ont également rendu ces violences visibles, déjà subies depuis des années par les habitants des quartiers populaires, et ce grâce aux vidéos d’amateurs.

C’est donc dans ce contexte de crise politique et de défiance face à la police, particulièrement présente chez les jeunes, qu’OpinionWay a effectué un sondage. Il a été effectué sous la forme d’une étude en ligne du 11 au 15 décembre pour 20 minutes auprès d’un échantillon de 627 personnes issus de la communauté #Moijeune, représentative des jeunes âgés de 18–30 ans. Cette défiance est équivoque dans les chiffres que révèle l’enquête. En effet, 47% des 18–30 ans « n’ont pas confiance » en la police, contre « 33% dans l’ensemble de la population ». La question du racisme est également abordée par l’étude, 48 % des 18-30 ans jugeant que « la police est raciste », contre 40 % de l’ensemble de la population. 81 % des jeunes sondés affirment que les agissements de la police sont dus à « leur couleur de peau », 79 % à leur lieu d’habitation et 67% à leur âge.

La défiance est tout aussi importante face à la Loi Sécurité Globale, 49 % des jeunes s’opposent à « l’autorisation pour les forces de l’ordre d’utiliser des drones équipés de caméras » et 45% à « l’interdiction de diffuser des images permettant d’identifier un policier ou un gendarme en opération ».

Ces chiffres montrent que la thèse des dérives individuelles est moins suivie par une partie de la jeunesse qui fait face au caractère foncièrement répressif et raciste de l’institution policière et à son impunité. Défiance qui risque d’encore augmenter face au dispositif policier et aux violences toujours plus importantes comme cela a été vu lors des manifestations ce mois contre la loi sécurité globale et la loi séparatiste.

Ce sondage illustre qu’une part importante de la jeunesse voit clairement la réalité du système policier et de l’institution raciste et violente qu’il représente. Par la Loi de Sécurité globale et la loi séparatisme, le gouvernement persiste et signe dans son offensive sécuritaire et sa volonté d’étendre l’impunité policière. Cette jeunesse, qui s’est récemment mobilisée dans les mouvements féministes et écologistes et contre les violences policières, qui est la première à subir les conséquences de la crise du Covid 19 tant économiquement que matériellement, ne semble pas résolue à rester insensible aux violences policières. Et c’est aussi en réponse à cette politisation et aux potentielles futures explosions de cette jeunesse que le gouvernement se prépare en donnant plus de moyens à la police. Il y a urgence à nous aussi nous mettre en ordre de bataille et nous organiser !




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