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Politique

Marche contre les violences policières

Acte XII. Un gilet jaune mutilé agressé par un militant d’extrême-droite

Amputé de la main droite par une grenade lors de l'acte IV, Antoine s'était rendu à Paris pour témoigner lors de la Marche des Blessés pour l'Acte XII. Pourtant, son intervention n'aura pas eu lieu, le bordelais ayant été agressé par un militant d'extrême-droite.

lundi 4 février

Interviewé par France Inter, Antoine témoigne de l’attaque subie. Alors qu’il part acheter des cigarettes lors de la manifestation, un homme s’approche et lui demande s’il est "anti-fasciste". Antoine répond "oui" et reçoit immédiatement un coup de poing en pleine figure de la part de son interlocuteur qui s’enfuit.

Le caractère politique de cette agression ne fait aucun doute et pour Antoine, analysant le contexte dans lequel s’est déroulé l’événement, son agresseur était « de l’extrême-droite et [venait de] la branche clairement violente. » En effet, depuis le début du mouvement, des bandes d’extrêmes droite tentent de s’imposer dans les cortèges de gilets jaunes, mais aussi d’empêcher la jonction entre les forces de gauche et d’extrême-gauche et le gilets jaunes.

« On parle des casseurs mais pour moi, ces gars-là sont bien plus dangereux. Ils ne s’attaquent pas à des bâtiments ou des voitures, ils s’attaquent à des gens. » a ainsi expliqué Antoine, pour qui l’objectif de cette agression était clair : « On a essayé de me faire taire, on a essayé de me bâillonner et techniquement ça a réussi. »

Alors que l’assimilation des gilets jaunes à un mouvement d’extrême-droite ne trompe plus personne, la manifestation de samedi était un véritable casse tête politique pour l’extrême-droite. En rendant hommage aux blessés des actes précédents, les Gilets jaunes posaient une question totalement absente au début du mouvement : la question de la violence d’Etat, un thème central de l’extrême gauche. Comment dés lors résoudre l’équation pour ces militants qui ne rêvent que d’un général au pouvoir ?

Dans le cortège parisien, certains cherchaient à défendre la police et brandissaient des pancartes bleu blanc rouge incriminant les ordres venus directement du gouvernement. "Ils veulent être gardiens de la paix, on les oblige à être forces de l’ordre" affirmait l’une d’entre elles, suggérant que ce sont les ordres politiques qui dévoient les policiers de leur véritables missions.

Ne pas égratigner l’institution policière, tout en dédouanant ses petits soldats. L’agresseur d’Antoine s’inquiétait sans doute de voir ce blessé encombrant, ouvertement de gauche, porter un autre discours qui, par la gravité de sa blessure, était susceptible d’une large audience lors des prises de parole organisées pendant la marche blanche. Un discours qui n’aura finalement pas eu lieu.

Après avoir été blessé par la police, c’est au tour de l’extrême-droite de blesser Antoine. Ce samedi 2 février, il a été frappé au visage et réduit au silence, parce qu’il s’est dit anti-fasciste.




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