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Augmentation de salaire pour les étudiants infirmiers mobilisés dans les hôpitaux : une première victoire

Depuis plusieurs jours les appels à l'aide des étudiants réquisitionnés et payés autour de un euro de l'heure font le tour des réseaux sociaux. Sous pression, le gouvernement a augmenté les étudiants d'Ile de France. Il faut maintenant exiger la pérennisation de ces augmentations et qu'elles soient appliquées à toutes les régions, dans lesquelles les étudiants infirmiers sont en première ligne du fait du manque de personnels.

samedi 28 mars

Photo : DR

Dans les Instituts de Formations en Soins Infirmiers, la formation se fait sur trois ans. En tout, les étudiants ont 60 semaines de cours et 60 semaines de stage. Durant ces stages, ils travaillent plus de 35 heures par semaine et sont payées 112€ en 1ère année, 152€ en 2ème année et 200€ en 3ème année, alors même que dès la fin de la première année ils ont des qualifications d’aide soignants. Réquisitionnés pour faire face à la crise sanitaire en cours, du fait du manque de personnels dans les hôpitaux, plusieurs d’entre eux ont dénoncé sur les réseaux sociaux leur rémunération dérisoire qui ne leur permet pas de vivre décemment alors qu’une bonne partie de la gestion de la crise repose sur leurs épaules.

Suite à ça, le ministère du travail a annoncé dans un communiqué mobiliser des crédits pour que les salaires des étudiants d’Ile-de-France soient revalorisés à hauteur de 1400€ par mois, soit une augmentation considérable pendant la crise. Cette victoire témoigne de la fébrilité du gouvernement qui n’avait pourtant pas daigné donner satisfaction à la mobilisation des soignants qui a duré plus d’un an, exigeant une augmentation des moyens dans l’hôpital public. Acculé, le gouvernement s’est retrouvé obligé d’augmenter les étudiants qui jouent aujourd’hui un rôle déterminant pour prendre en charge les malades, du fait du manque de soignants.

Or cette augmentation, non seulement est provisoire, mais surtout ne s’applique qu’aux étudiants d’Ile-de-France alors que les réquisitions se font partout. Il y a donc urgence à ce que les étudiants soient augmentés dans toutes les régions !

Mais cette situation met en lumière des conditions d’études et de travail dramatiques qui ne vont pas prendre fin avec la victoire contre le virus. En effet, non seulement leur formation publique est payante et coûte entre 6000 et 8000 euros par an, qui ne sont pris en charge que pour les étudiantes de moins de 25 ans, mais en les payant au lance pierre on les plonge dans de grandes difficultés financières constantes car ils peuvent difficilement se salarier en parallèle de leurs stages, durant lesquels elles travaillent plus de 35 heures par semaines. Si Macron, en situation de faiblesse, a annoncé à son discours de Mulhouse que des moyens allaient être déployés pour les soignants après la crise, il faut d’ores et déjà exiger que ces jeunes qui aujourd’hui font preuve d’un courage sans faille aient un salaire d’au moins un SMIC durant leurs études.

Les travailleurs de la première ligne, depuis des années invisibilisés et méprisés par le pouvoir sont entrain de conquérir une autorité et un rapport de force considérable, face à un gouvernement irresponsable qui a une grande part de responsabilité dans l’hécatombe en cours, en ayant contribué à détruire l’hôpital public, en ne protégeant pas décemment les soignants, ou encore en refusant de fermer les usines non-essentielles. C’est le moment de conquérir des acquis pour la suite, en commençant par une augmentation immédiate des salaires de ces travailleurs qui risquent aujourd’hui leurs vies et celles de leurs familles pour des salaires de misère.




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