Alors que Cambadélis rame à contre-courant et se fait gardien du temple en menaçant les élus qui parrainent Macron de les exclure, le doute persiste dans le parti socialiste. En effet, Hamon a perdu beaucoup de temps à chercher à reconstruire la « Gauche Plurielle » jospiniste, brèche sur laquelle il comptait beaucoup pour se faire une place entre Macron et Mélenchon et convaincre dans ses rangs. Au final le bilan n’est pas glorieux, avec comme seule prise EELV, alors que le PCF a rallié Mélenchon et que le PRG en pince pour Macron. De même, ses pirouettes sur la question du revenu universel peinent à le positionner crédible pour le peuple de gauche. Fini l’euphorie post-primaires, le jeune apparatchik se retrouve désormais avec entre 12 et 14% d’intentions de vote, soit autant que Hollande avant son retrait.

Sur sa droite, rien ne va plus non plus

Lui qui avait pour objectif de sauver le pilier gauche de la Vème république autour de sa candidature connait bien des revers. En effet, outre Bartolone, c’est aussi la Secrétaire d’État Juliette Méadel qui a exprimé ses doutes ce mardi concernant la candidature socialiste. Ce positionnement n’est pas anodin de la part de cette proche de Valls. En effet, ce-dernier a récemment déclaré à des députes socialistes « Je comprends tous les positionnements des parlementaires, des élus, des militants. Je sais que, parmi vous, certains ont choisi Emmanuel Macron et d’autres restent fidèles à Benoît Hamon, je comprends tous les choix ». Tout est dit, l’ancien premier ministre qui avait jugé les positions du vainqueur de la primaire « irréconciliables » avec les siennes laisse aujourd’hui la porte grande ouverte à la débâcle. Hollande quant à lui laisse planer le doute.

Alors que la débandade du côté de Fillon renforce Macron comme Le Pen bien plus qu’elle n’ouvre un espace à Hamon, la tension se renforce sur les cadors du PS. Le président François Hollande a beaucoup insisté dans ses récentes déclarations sur sa peur de la montée du FN. En effet le risque est grand que le président le plus impopulaire de la Vème République devienne aussi celui qui, avec ses gouvernements, a ouvert les portes de l’Élysée à l’extrême droite. Or Hamon n’apparait clairement pas comme un rempart crédible, comparé à un Macron qui gratte non seulement au PS, chez LR, mais qui tente aussi d’obtenir le soutien de l’UDI. Si le risque Le Pen est important, il n’est bien entendu pas la seule chose qui motiverait les rats à quitter le navire, eux qui pour beaucoup voient depuis un moment en Macron une alternative intéressante à l’odeur rance des locaux de la rue Solférino. Dans les jours qui viennent, le gros de l’appareil du parti va donc devoir se positionner, au risque d’abandonner la candidature issue de leur propre primaire, et donc de laisser le PS couler, ce qui reste une alternative coûteuse.