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Monde

A bas le coup d’Etat !

Bolivie. 5 morts après une brutale répression

Le gouvernement de facto fait monter d’un cran la répression : 5 morts et plusieurs blessés en une journée. Aucun dialogue n’est possible avec les putschistes. Face à la répression il faut opposer la mobilisation ouvrière et populaire.

samedi 16 novembre

La résistance ouvrière, paysanne et indigène contre le coup d’Etat et le gouvernement putschiste se poursuit en Bolivie. Le foyer reste la ville d’El Alto et le département de La Paz. Mais d’autres régions sont aussi mobilisées pour exiger la chute du gouvernement de l’autoproclamée présidente, Jeanine Áñez. C’est le cas de la zone alentour de Cochabamba, la deuxième ville du pays. C’est en effet dans cette région qu’une brutale répression a eu lieu ce vendredi faisant au moins cinq morts et plusieurs blessés.

Le gouvernement putschiste est issu des courants de droite et réactionnaires, des fondamentalistes religieux et profondément racistes, notamment de la région aux alentours de Santa Cruz et du Beni. Le gouvernement d’Áñez compte sur le soutien des classes dominantes boliviennes, de gouvernements dirigeants réactionnaires de la région comme Bolsonaro et le putschiste vénézuélien Juan Guaidó. Mais le soutien le plus important reste celui des Etats Unis, traditionnel instigateur de coups d’Etats dans la région, sans oublier celui de l’Union Européenne.

Il s’agit avant tout d’un gouvernement revanchard. Et cela malgré le fait qu’Evo Morales ait dans une grande mesure préservé l’essentiel des intérêts des capitalistes boliviens et gardé une bonne relation avec les capitaux impérialistes et ses agents locaux (n’oublions pas que Morales s’est rendu au Brésil pour saluer Bolsonaro lors de son investiture). Les vieilles classes dominantes blanches et racistes veulent prendre centimètre par centimètre tout le pouvoir, avant tout politique, qu’elles ont perdu durant les années de gouvernement du MAS (Mouvement Au Socialisme, parti de Morales). C’est pour cela que les forces répressives, piliers du coup d’Etat, ont commencé à tirer à balles réelles sur les manifestants.

Nous voyons ainsi le caractère néfaste des déclarations d’Evo Morales appelant au « dialogue », à la « négociation » avec les forces putschistes revanchardes. Alors que Morales a proposé de rentrer au pays pour « pacifier » la situation, les policiers et l’armée tirent à balles réelles sur les manifestants et la présidente Áñez lui a répondu que s’il rentrait il irait en prison et devrait « répondre devant la justice » pour ses crimes.

Sur cette même ligne « pacificatrice » s’inscrivent les déclarations de la bureaucratie de la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB). La COB a joué un rôle très important lors du coup d’Etat car sa direction a « demandé » à Evo Morales de démissionner afin de calmer l’offensive réactionnaire. Cela n’a fait qu’accélérer et encourager les forces de droite, proto-fascistes. Maintenant que les travailleurs et les paysans, humiliés par cette droite revancharde et colonialiste, se mobilisent contre le coup d’Etat et se font tuer, la COB sort un communiqué scandaleux appelant à « respecter l’ordre constitutionnel » pour le bien de « la paix sociale ». Dans ce même communiqué la COB lance un clair avertissement sur un ton menaçant à l’égard des syndicalistes et sections qui soutiendraient la mobilisation et participeraient des actions radicales des masses : « on ne permettra pas que des secteurs ou des groupes radicaux brisent le mouvement syndical ». Dans son communiqué, la COB ne dit strictement rien à propos de la brutale répression. De cette façon, avec ses appels à la « paix sociale » au milieu de la répression la COB couvre les agissements du gouvernement putschiste et participe à la tentative de démobilisation des travailleurs, des femmes, des paysans et des populations indigènes.

Il faut rompre avec la politique conciliatrice d’Evo Morales et le MAS qui amènent à l’impasse et désarment les masses face à la réaction. Une réaction si virulente et revancharde qui, malgré le fait que Morales propose une voie « conciliatrice », elle veut tout et préfère accentuer la répression.

En ce sens, pour imposer une défaite aux forces réactionnaires, aux militaires et policiers, aux groupes fascistes, les travailleurs et les masses doivent poursuivre et accentuer la voie de la lutte mais aussi de l’auto-organisation pour éviter que des bureaucraties comme celle de la COB dévient, canalisent, voire participent à la répression de la contestation. Contre les accords politiciens par en haut, sur le dos des exploités et opprimés, il faut se battre pour une Assemblée Constituante libre et souveraine, pour que les travailleurs et les masses puissent remettre en cause l’ensemble du régime, sur les aspects politiques sociaux mais aussi économiques.




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