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Politique

Bordeaux. Plus d’un milliers de manifestants ce 12 décembre contre l’offensive sécuritaire et islamophobe !

Ce samedi à Bordeaux, malgré un fort dispositif policier, les manifestants contre la loi sécurité globale ont marché au côté d'organisations de défenses de droits contre le racisme et l'islamophobie venu en nombre pour manifester contre la loi dites « contre les séparatismes » et l’islamophobie d’État mais aussi au côté des militants Kurdes.

samedi 12 décembre 2020

Plus d’un milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Bordeaux, cadenassés par un fort dispositif répressif, avec en ligne de fond la dénonciation de l’offensive répressive et islamophobe du gouvernement et pour la liberté des peuples à l’internationale.

Malgré plusieurs appels à manifestations, finalement la convergence était le mot d’ordre de cette nouvelle journée de lutte contre l’offensive sécuritaire et islamophobe du gouvernement Macron. Suivi de près par un arsenal répressif de grande ampleur, les différents cortèges ont fait chemin commun de la Place de la Bourse jusqu’à la Place de la Victoire.

Parmi les manifestants, des Gilets Jaunes et un large secteur du milieu politique et associatif bordelais ont marché au côté du Collectif d’Organisation Musulmane de Nouvelle Aquitaine, présent pour dénoncer la violente offensive islamophobe du gouvernement venant stigmatiser, précariser et criminaliser toujours plus les personnes de confession musulmane.

La communauté Kurde de Bordeaux étaient aussi présente principalement pour exiger l’arrêt des opérations militaires de la Turquie au Kurdistan Syrien mais aussi pour la libération de Abdullah Öcalan, leader du Parti des Travailleurs Kurdes, emprisonné depuis 21 ans en Turquie.

C’est donc une manifestation qui faisait le lien entre la Loi Sécurité Globale, qui avait à elle seule mobiliser plusieurs milliers de personnes il y a deux semaines, et la loi dites « contre les séparatismes » qui avait lieu aujourd’hui dans la métropole Bordelaise. Malgré cette convergence, la mobilisation n’a pas été massive possiblement due à l’absence d’une réelle stratégie visant à amplifier le mouvement.

Une militante nous confiait :

« Finalement le vrai séparatisme c’est celui du gouvernement. Moi en temps que femme musulmane la seule chose qui me brime aujourd’hui, c’est le gouvernement et l‘ensemble des lois qui vont venir encore nous stigmatiser plus. Et les effets de ces lois on les voit déjà, on a vu les multiples perquisitions et leurs motifs totalement scandaleux. Aujourd’hui, ça tient à pas grand-chose, il suffit d’avoir un livre d’une certaine édition chez soi, il suffit d’avoir une marque sur le front parce qu’on fait le prière, il suffit d’utiliser de l’huile de Nigel et ça y est on est catalogué comme étant des personnes à abattre, des « dangers pour la République ».

La militante continue : « Aujourd’hui, il est nécessaire que tout le monde se bouge, contre la loi dites « contre les séparatisme » et contre la loi de sécurité globale parce que finalement ça va toucher tout le monde. »

Avant d’affirmer : « aujourd’hui, on voudrait juste pouvoir pratiquer notre religion tranquillement et que le gouvernement s’occupe des vrais problèmes à savoir la crise sanitaire, la crise sociale, le mal logement, les gens qui vont e retrouver à la rue sans rien à la suite de cette crise, les petits commerçants qui se retrouvent à devoir mettre la clé sous la porte.. et au final ce sont ces gens là qui se retrouvent à devoir payer pour tout le monde pendant que les « grands » de ce monde, ceux qui font et défont le monde ne payent jamais de leurs crimes, ne payent jamais le prix de leurs impôts et c’est nous qui payons tout le temps, c’est nous qui raquons ! »

Notable également, le soutien affiché de plusieurs groupes de manifestants aux travailleurs de Toray, actuellement en lutte contre les licenciements et la répression syndicale

Peu après son départ, l’ensemble des cortèges se sont dirigés vers le cours Victor Hugo, dans une ambiance déterminée et combative, malgré un important dispositif de police et de gendarmerie.
Rapidement, ils atteignent le croisement du Cours Pasteur, avant de prendre le chemin de la Place de la Victoire.

Et si ces deux cortèges ont manifesté ensemble, c’est avant tout parce que les lois sécuritaires visant à renforcer le pouvoir du corps répressif de l’État et la rhétorique islamophobe du gouvernement se concrétisant aujourd’hui par une énième loi venant stigmatiser, exclure et réprimé les personnes de confession musulmane marchent main dans la main : deux faces d’une même monnaie réactionnaire, outils d’une classe dominante qui entend avant tout faire payer la crise aux précaires, aux immigrés, et aux travailleurs, a coups de matraque et de rhétorique raciste.




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