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Racisme d'Etat

Brésil. Un homme noir tabassé à mort dans un Carrefour par le vigile et par un policier qui faisait ses courses

Suite à une petite dispute avec un caissier dans un Carrefour, un homme noir est mort sous les coups du vigile du magasin et d'un policier militaire qui y faisait ses courses. Un acte dramatique qui illustre le racisme structurel qui existe au Brésil.

samedi 21 novembre

Au Brésil, à Porto Alegre, dans le quartier de Passo D’areia situé au nord de la ville, João Alberto Silveira Freitas faisait des courses avec sa femme dans un Carrefour. Une dispute a éclaté avec le caissier qui a appelé le vigile, rapidement rejoint par un policier militaire qui faisait ses courses. Les deux hommes ont traîné João hors du magasin et l’ont battu à mort. Les services d’urgence ne sont pas arrivées à temps pour le sauver.

Des organisations antiracistes, des syndicats et des organisations du mouvement social ont appelé à un rassemblement devant le carrefour ce vendredi à 18h pour réclamer justice pour João Alberto Silveira Freitas.

Un rassemblement a été appelé devant le carrefour ce vendredi à 18h pour réclamer justice. Une vague d’indignation a secoué le Brésil, d’autant plus que ce vendredi était la Journée de la conscience noire, journée de manifestations qui arrivait dans un contexte particulier, six mois après le mouvement Black Lives Matter qui a remis en question la police et le racisme d’État à l’échelle internationale. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays.

Comme l’ont rappelé les manifestants, cet assassinat est symptomatique du racisme structurel qui existe au Brésil. Le Brésil est le pays avec la plus grande population noire pour un pays non-africain et son histoire est profondément imprégnée par l’esclavagisme, et son quotidien par un violent racisme. Comme l’écrit notre journal frère au Brésil, la police brésilienne, outil de l’Etat brésilien et d’une bourgeoisie profondément raciste est le bras armé d’un ordre fondé sur l’exploitation et de la précarité des personnes racisées. Si elles sont beaucoup moins médiatisées, donc moins connues, les violences policières et les meurtres racistes au Brésil sont extrêmement courants.

Ces violences policières quotidiennes que connaissent les personnes racisées au Brésil s’accompagnent de violences économiques qui illustrent le racisme structurel de l’État brésilien. Tout le monde connaît l’image des quartiers d’affaires et des quartiers touristiques qui contrastent avec les favelas, illustrant les inégalités sociales qui traversent ce pays. Le régime bonapartiste de Bolsonaro, qui trouve ses origines dans le coup d’État institutionnel de 2015, en plus d’accentuer la répression, l’emprisonnement massif et les violences policières que subissent les populations racisées, a mené des politiques qui viennent augmenter la précarisation et l’exploitation des classes populaires brésiliennes, à l’image des nombreuses réformes néolibérales comme le démantèlement et la privatisation du système de santé public.

Par ailleurs, ce meurtre horrible qui a eu lieu dans un Carrefour, fleuron de l’impérialisme français dont un des actionnaires principaux avait financé la campagne de Bolsonaro, renvoie à cet événement inhumain où l’enseigne rappelait que la vie de ses employés ne comptait guère face aux profits. Cet été, un des employés d’une de leurs enseignes au Brésil est décédé sur son lieu de travail et, pour éviter de fermer le magasin, le corps avait été dissimulé sous des parapluies.

Une bonne synthèse de ce que sont les classes dominantes brésiliennes et leur représentant Bolsonaro : une poignée de profiteurs inféodés aux intérêts des bourgeoises impérialistes, protégé par des milices qui assassinent les Noirs, les peuples autochtones, les paysans sans-terre et font régner la terreur dans les quartiers pauvres.




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