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Mumia Abu Jamal, plus vieux prisonnier politique du monde, fête ses 70 ans dans les prisons américaines

Journaliste et ancien militant des Black Panthers dans les années 70, Mumia Abu Jamal est persécuté par le système carcéral et judiciaire américain depuis 42 ans. Exigeons la liberté de Mumia et de tous les prisonniers politiques !

Youri Andre

24 avril

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Mumia Abu Jamal, plus vieux prisonnier politique du monde, fête ses 70 ans dans les prisons américaines

Crédit photo : UC Santa Cruz

Ciblé depuis 1981 par la répression judiciaire et carcérale états-unienne pour son engagement politique et journalistique, il est considéré comme le plus vieux prisonnier politique du monde. Mumia Abu Jamal, qui fête aujourd’hui ses 70 ans, est devenu un symbole mondial dans la lutte pour la libération de tous les prisonniers politiques. Depuis son interpellation à l’âge de 27 ans, Mumia a passé 42 ans dans les prisons américaines où il subit des conditions de détention infernales.

Tout commence en décembre 1981, quand une fusillade dans les rues de Philadelphie mène à la mort d’un policier et à une blessure au ventre de Mumia, présent sur les lieux. Très rapidement, Mumia alors va être désigné comme le coupable idéal d’autant plus qu’il était déjà identifié comme un opposant aux pratiques de la police de Philadelphie ainsi que le FBI, qui le surveille car membre fondateur de la section locale des Black Panther et écrivain pour leur journal national. Le caractère politique de son emprisonnement va immédiatement être dénoncé par ses camarades et soutiens.

Après un procès expéditif, il est condamné à mort en 1982. Jusqu’à aujourd’hui de nombreuses associations et groupes militants pointent du doigt un procès bâclé et clairement politique. Amnesty International dénonçait par exemple en 2011 « l’absence de jurés afro-américains, une représentation de la défense inadéquate, un juge ouvertement hostile, l’utilisation de déclarations politiques pour le condamner à la peine de mort et l’appuie de la police en faveur de son exécution tout au long du procès ». En 2012, suite à de nombreux appels, il est re-condamné, cette fois à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.

Comme de nombreux militants de la gauche radicale américaine des années 1960 et 1970, notamment des mouvement radicaux noirs, il a subi la violente répression d’Etat qui cherchait alors à étouffer toute contestation de l’ordre social dans un contexte de grandes mobilisations contre la guerre du Vietnam ou contre le racisme d’État.

Dans son adolescence, Mumia se rapproche des Black Panther, organisation afro-américaine de la gauche radicale militant contre les abus policiers, l’oppression et l’exploitation des noirs américains. Il devient journaliste pour leur papier national, et participe à la fondation de leur section à Philadelphie. A l’époque de son arrestation, Mumia était aussi un journaliste d’investigation pour une radio locale qui connaissait une certaine popularité pour ses enquêtes sur la corruption policière et son suivi des luttes de l’organisation noire radicale MOVE, aussi lourdement pourchassée par l’État.

L’acharnement de l’Etat contre Abu Jamal s’explique aussi par le fait qu’il n’a jamais renoncé à ses convictions politiques et à la justesse de son engagement. Malgré ses 42 ans d’enfermement dont plus de 28 en isolement dans une cellule de la taille d’une place de parking, Mumia Abu Jamal a continué d’écrire et d’analyser la situation politique dans neuf livres écrits en prison et publié par ses camarades et soutiens dans lesquels il analyse l’impérialisme américain, soutient le mouvement Black Lives Matter ou encore critique le système carcéral américain. Le mouvement Black Lives Matter qui avait submergé les rues états-uniennes en 2020 avait porté la revendication de la libération de Mumia, démontrant son rôle structurant dans la politique antiraciste et anti-carcérale encore aujourd’hui.

Près d’une quinzaine de militants afro-américains de cette époque sont encore incarcérés aujourd’hui. Pour la justice états-unienne, l’objectif est de faire de Mumia un exemple de ce qui attend chaque militant qui s’organise contre sa politique raciste et impérialiste. Avec plus de 1,9 millions de prisonniers parmi lesquels des centaines de prisonniers politiques, le système carcéral américain est une véritable arme de répression de masse au service des classes dirigeantes.

Aujourd’hui, la lutte de Mumia résonne d’autant plus, à l’heure d’un renouveau des mouvements politiques progressistes de toute une frange de la population américaine, en allant des travailleurs qui renouent avec le syndicalisme combatif jusqu’aux jeunes qui se battent aujourd’hui contre les oppressions et la catastrophe climatique. Tandis qu’une nouvelle génération de jeunes anti-impérialistes lutte dans les universités américaines contre le génocide du peuple palestinien, il y a de nombreuses leçons à tirer de l’histoire de Mumia Abu Jamal et sa génération militante qui, eux aussi, ont fait face à l’impérialisme états-unien et son système répressif.

Alors que son état de santé se détériore à un rythme alarmant et que le pouvoir américain compte bien le laisser mourir derrière les barreaux, il est urgent d’exiger la libération de Mumia, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques !


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