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Examens en présentiel à Paris 1 en pleine troisième vague : énième mépris envers les étudiants

Après un examen blanc passé dans un amphi bondé, une UFR de la faculté élitiste de Paris 1-Panthéon Sorbonne a tenté de réitérer l'expérience en faisant venir composer ses étudiants en présentiel, malgré une situation sanitaire très dégradée, provoquant une levée de bouclier de ceux-ci, qui ont obtenu l’annulation de ces épreuves.

jeudi 8 avril

« Vraiment, on se sent marché dessus ». C’est ainsi qu’un étudiant de l’UFR 27 (mathématique et informatique) de Paris 1 résumait la situation, suite à la décision de la direction de faire passer des épreuves en présentiel malgré la situation sanitaire.

Une semaine plus tôt, la Commission pour la Formation et la Vie Universitaire (CFVU) avait adopté un règlement pour le passage des partiels de ce second semestre, qui ne les autorisait qu’en distanciel. Ce cadrage des partiels avait été voté à une large majorité, dont la plupart des organisations étudiantes, et malgré l’opposition du collectif Le Poing Levé qui avait rappelé que le problème n’était pas celui de savoir si la sélection se ferait en présentiel ou en distanciel, mais celui de la sélection elle-même.

Profitant de ce que la précédente CFVU avait autorisé les épreuves de contrôle continu en présentiel, l’UFR 27 a opéré un tour de passe-passe, en annulant ses partiels à quelques semaines de l’échéance et en les remplaçant par des épreuves de contrôle continu en présentiel, dont la première épreuve était prévue le jeudi 8 avril.

Déjà ce samedi 3 avril un partiel blanc de droit des entreprises en difficulté avait été maintenu en présentiel, en violation de toutes les règles sanitaires : les étudiants étaient assis une place sur deux, comme pour chaque examen hors période de pandémie, ce qui n’équivaut pas à un mètre de distance.
Les étudiants de l’UFR 27 se sont donc mobilisés contre la modalité du présentiel pour leurs examens de partiels, qui mettait en danger leur santé et celle de leurs proches. Ils ont interpelé la présidence de l’université, ainsi que leur direction d’UFR, mais celles-ci sont restés soit sourdes, soit évasives, cherchant à gagner du temps pour que les examens se tiennent coûte que coûte.

Mais les étudiants de l’UFR 27 n’ont pas renoncé, et, soutenu et encouragé par un communiqué publié par Le Poing Levé mercredi matin, ils ont maintenu la pression sur leur direction, qui a fini par céder mercredi soir, annonçant vers minuit que les épreuves en présentiel du lendemain étaient annulées.

🔴 Contournement de la CFVU : l’UFR 27 bascule ses examens sur le contrôle continu au mépris des étudiants 🔴

La...

Publiée par Le Poing Levé P1 sur Mercredi 7 avril 2021

Face à cela, la lassitude des étudiants de l’UFR 27 est palpable, se sentant méprisés, laissés pour compte. Comment expliquer sinon que les universités n’ont toujours pas rouverte après plus d’un an de fermeture, que la reprise des cours en amphi ne concerne qu’une infime minorité d’étudiants, mais que pourtant, quand vient l’heure d’évaluer et de sélectionner, les portes se rouvrent, et tous se retrouvent entassés dans des salles bondées. Le ressenti est grand et le ras-le-bol gronde chez cette « génération sacrifiée », pour laquelle le gouvernement n’a consenti que des miettes. Des milliards pour le patronat, mais pas un centime pour les étudiants et les universités, ni pour les travailleurs qui sont licenciés et dont les conditions de travail sont attaqués. Le mythe de la valeur du diplôme, de la méritocratie et de la sélection à toute force s’effrite pour une jeunesse qui, après des années d’étude toujours plus éprouvantes, ne voit que le chômage de masse à la sortie du tunnel.

L’annulation des épreuves en présentiel obtenue par les étudiants est une avancée, mais qui reste restreinte, car tout laisse à penser que la direction de l’UFR est loin de renoncer à toute sélection. Au contraire, les directions d’UFR et la présidence ne cessent de mettre la pression sur les étudiants, jouant de la sélection en master pour dissuader les étudiants de se mobiliser et de dénoncer la politique méprisante de l’administration alors qu’ils s’insurgent légitimement pour le respect de leur santé et de celle de leurs proches.

Ce jusqu’auboutisme de la présidence et des directions d’UFR de l’université Paris 1 démontrent comment la santé des étudiants et travailleurs de la fac en pleine 3e vague se subordonne aux objectifs d’évaluation et de sélection. Aucune confiance ne peut être placée dans la présidence de cette faculté, qui agit à l’inverse de ce qu’elle annonce en Conseil : alors qu’elle se disait très attentive à la sécurité et à la santé des étudiants au vue de la situation sanitaire, elle soutient en réalité des initiatives comme celles de l’UFR 27.




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