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Rat des champs

FNSEA : de Vichy à Bruxelles, histoire d’un syndicat au service du pouvoir

La FNSEA, fidèle relais du pouvoir, a appelé à arrêter la mobilisation en saluant les mesures du gouvernement favorables à l’agro-industrie. Depuis sa création en 1946, le syndicat a participé à créer ce modèle agricole au cœur des colères actuelles. Un modèle au service des grandes exploitations et des puissances industrielles, que la FNSEA défend ardemment depuis 78 ans.

Antoine Chantin

2 février

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FNSEA : de Vichy à Bruxelles, histoire d'un syndicat au service du pouvoir

Crédit images : Creative Commons 4.0 / Pablo029

L’opération était réglée comme du papier à musique et la conférence de presse de la FNSEA/JA programmée avant même que Gabriel Attal ait fait ses annonces. Au final des mesures anti-écologiques, des mesures pour perpétuer la misère dans le monde agricole et pouvoir empoisonner davantage les agriculteurs et la population, mais rien, toujours rien sur les revenus des petits agriculteurs. Le numéro a pourtant plu aux dirigeants syndicaux agricoles de la FNSEA, des JA et de la Coordination Rurale qui ont appelé à cesser les blocages. Tout en langue de bois, le très riche agro-businessman Arnaud Rousseau qui se fait le porte-parole des agriculteurs a déclaré : « Le mouvement ne cesse pas, il se transforme ». Une sortie de mouvement préparée en coulisses depuis des jours, alors que la colère des agriculteurs menaçait de déborder les cadres traditionnels de représentation.

Lire aussi : Moins d’écologie, pas plus de revenus. La FNSEA applaudit Attal et siffle la fin du mouvement

Dans une note datée du 24 janvier dernier, les services de renseignements alertaient le gouvernement sur la dynamique actuelle de la contestation du mouvement des agriculteurs, lui enjoignant de prendre des mesures au plus vite. Pour les services de police, « les syndicats risquent d’être débordés si l’attente est trop longue ». Révélatrice de la pression donnée par une partie de la base à ce mouvement, et symptomatique de la fébrilité du gouvernement, la note des renseignements souligne, en outre, la centralité des syndicats agricoles pour faire la courroie de transmission de l’Etat.

Syndicat majoritaire dans le monde agricole avec plus de 212.000 adhérents revendiqués, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) figure comme l’acteur central dans la ritualisation et la canalisation de toute forme de contestation des agriculteurs. Un rôle et une fonction de soupape au cœur de l’ADN de ce syndicat, qui, depuis sa création en 1946, entretien un lien étroit avec le pouvoir politique, tout en défendant les intérêts d’un nombre limité d’agriculteurs et d’acteurs du secteur agroalimentaire.

De Vichy à Chirac, un syndicat au chevet du pouvoir politique et économique

Si la FNSEA se présente comme un syndicat qui se « bat pour accompagner les paysans Français dans leurs projets et trouver des solutions à leurs difficultés » , à sa création, au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’organisation cherche pourtant à défendre les intérêts d’un nombre limité d’acteurs du secteur, les exploitants agricoles. Ces derniers vont s’atteler à démanteler la Confédération générale de l’agriculture (CGA) alors principale force syndicale du pays, qui regroupait tant les exploitants, que les ouvriers et les techniciens agricoles. Or la CGA, créée de manière clandestine en 1943, contre le régime de Vichy et sa Corporation paysanne, regroupait et était principalement dirigé par des figures de la gauche socialiste et communiste à l’image de l’un de ses dirigeant, Tanguy-Prigent, membre de la SFIO et « socialiste de gouvernement » après la guerre.

Issus de la Corporation paysanne, une organisation radicalement anticommuniste et antisocialiste, les anciens cadres agricoles de Vichy se regrouperont très largement au sein de la FNSEA. Cette politique d’entrisme de l’extrême-droite au sein du syndicat, qui n’était alors que l’une des composantes de la CGA, avait un but précis : reprendre le contrôle du secteur agricole, en éliminant progressivement les dirigeants communistes et socialistes du syndicat. Cette bataille n’est pas anodine au regard de l’idéologie exaltée par le Maréchal Pétain, surnommé « Maréchal paysans », dont la figure du paysan constituait l’un des piliers de la propagande vichyste. Selon le dirigeant de l’État collaborationniste, avec la Corporation paysanne, « La France redeviendra ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une nation essentiellement agricole. Elle restaurera les antiques traditions artisanales ». De l’idéologie prônée par le régime de Vichy et son organisation agricole, les dirigeants de la FNSEA en garderont l’essence dans le cap qu’ils donneront à leur syndicat, une idéologie viscéralement corporatiste, attachée à l’ordre et à la hiérarchie, collaborant de près avec le pouvoir.

Cette bataille politique et idéologique permettra aux dirigeants de la jeune FNSEA de poser la défense des intérêts des exploitants agricoles, comme le principal cheval de bataille du syndicat. Un cap qui conduit l’organisation à défendre, dès sa création, les principaux acteurs économiques du secteur. La décision, en 1950, de permettre aux propriétaires terriens non-exploitants d’adhérer, et donc de peser sur la politique de la FNSEA, ne fera qu’accélérer ce cap. Dès lors, s’il se présente comme « défenseur des paysans », il apparait que dès sa création, l’ADN du syndicat agricole est viscéralement au service d’une catégorie particulière du secteur agricole, les exploitants et les propriétaires terriens. Pour Bernard Lambert, figure du syndicalisme agricole et membre fondateur de ce qui deviendra la Confédération Paysanne, « La FNSEA a choisi d’être un syndicalisme de chefs d’entreprise, au même titre que les PME ou le CNPF [Conseil National du Patronat Français, devenu MEDEF] et non pas un syndicalisme de travailleurs. […] Il faut maintenir l’alliance de la carpe et du lapin : les paysans exploiteurs et les paysans exploités se retrouvant dans la même organisation. » (Bernard Lambert, Les paysans dans la lutte des classes, 1970)

Cette défense acharnée des exploitants agricoles va très vite conduire le syndicat à se rapprocher du pouvoir politique, afin que le nouveau modèle agricole en gestation, dans une France en reconstruction, corresponde au mieux aux intérêts des secteurs économique que la FNSEA défend. Rompant avec la vielle conception corporatiste qui avait prévalu jusqu’alors, qui tentait, par une politique des prix, de dicter la politique agricole de l’Etat et qui profitait presque exclusivement aux grandes exploitations, la FNSEA va s’immiscer directement dans les affaires de l’Etat en entamant une politique de cogestion avec le pouvoir gaulliste. « C’est la grande époque Debré-Pisani [Premier ministre et ministre de l’Agriculture de de Gaulle] où le gaullisme novateur s’appuie sur le CNJA (Comité National des Jeunes Agriculteurs, devenu Jeunes Agriculteurs) pour combattre les ultra-conservateurs du milieu agricole. » écrit Bernard Lambert à propos de ce courant moderno-réformiste opposé à la fois aux médiations traditionnalistes et aux perspectives socialisantes mettant en avant l’alliance avec le mouvement ouvrier.

Porté par la loi d’orientation agricole de 1962, un véritable pacte se forge entre l’Etat et la FNSEA, qui favorisera la disparition des petites exploitations au profit des moyennes et grandes structures, conduisant à un nouvel exode des campagnes – la population active agricole passant de 25 % à 5 % de la population active à l’orée des années 2000. Cette politique de cogestion s’accélérera à la fin des années 1960 et au début des années en prenant la forme de conférences annuelles avec le pouvoir, et même de rendez-vous mensuels entre le ministre de l’Agriculture et la FNSEA.

Ces « mardis mensuels » deviendront une véritable institution avec l’arrivée à la tête du ministère de l’Agriculture de Jacques Chirac. En effet, loin de l’image caricaturale et restée dans la postérité de l’homme politique bon-vivant arpentant inlassablement le Salon de l’Agriculture, le futur président de la République a lancé sa carrière en s’appuyant sur les réseaux de la FNSEA en Corrèze, syndicat dont il restera redevable. Comme le rappelle François Guillaume, président de la FNSEA, de 1979 à 1986 « il s’est attaché à un certain nombre de personnes et notamment des agriculteurs (…) il y avait une sorte de pacte tacite entre les paysans et lui ». Une alliance qui servira le jeune Jacques Chirac et que ce dernier n’oubliera pas une fois le portefeuille de l’Agriculture en main.

« L’histoire de la FNSEA a toujours été d’avoir un œil, et la main autant que possible, sur la "caisse" »

Un serviteur à qui le syndicat rendra hommage à sa mort, titrant « Chirac : le monde agricole reconnaissant » tout en soulignant que ce dernier savait « claquer les portes à Bruxelles quand il le fallait mais (savait) surtout veiller à l’essentiel : la consolidation de l’axe franco-allemand (…) sur le budget de la PAC qui fait référence aujourd’hui encore dans l’histoire de l’Europe ». Car l’un des axes essentiels de l’intervention de la FNSEA s’effectue bien à Bruxelles, à rebours de l’image que se donne le syndicat en pourfendant régulièrement les institutions européennes. En effet le syndicat participe pleinement aux politiques européennes en matière agricole en élaborant à Bruxelles la Politique agricole commune (PAC). Une participation consciente que Luc Guyau, président de la FNSEA entre 1992 et 2001 revendiquait à la veille des élections européennes de 1999, affirmant que « la Politique agricole commune doit rester au cœur de la construction européenne. Pas d’Europe sans agriculture, pas d’Union Européenne sans politique agricole commune. »

En ce sens au travers de cette politique active au sein des instances européennes, la FNSEA a participé à changer profondément la nature même de l’exploitant agricole. Passant de simples « patrons du privé » au sortir de la deuxième guerre mondiale, ils sont désormais « des patrons du privé subventionnés par le public, qui cherchent à réaffirmer leur indépendance par une gestion directe des fonds par la profession et par la demande d’une politique de prix garantis » comme le note le chercheur en sciences politique Pierre Mayance.

Une gestion directe des fonds qui permet notamment à la FNSEA de garder solidement la profession sous son joug, tout en lui donnant sa direction souhaitée. En effet, les subventions issues de la PAC sont indispensables pour de nombreux agriculteurs. Une étude réalisée par la chambre d’agriculture de l’Orne estimait ainsi, en 2007, que la part des aides de la PAC représentait 150 % du revenu d’exploitation dans ce département. Une politique qui profite essentiellement aux agriculteurs respectant un schéma agricole accordé aux exigences capitalistes, au premier rang desquels figurent les dirigeants départementaux de la FNSEA, dont le niveau d’aide de la PAC, par hectare, est en moyenne supérieur de 50 % au niveau d’aide moyen. Un chiffre qui, comme le souligne la chercheuse Alexandre Hobeika, « permet de comprendre la forte sensibilité des dirigeants FDSEA à toute modification des aides PAC vers un rééquilibrage, car ils y seraient presque tous perdants »

Un enjeu extrêmement sensible pour le syndicat agricole qui l’a conduit, en France, à verrouiller son emprise sur les régions. Dans le sillage de sa politique de cogestion entamée à l’orée des années 1970, la FNSEA s’est fortement immiscée dans les exécutifs régionaux ces dernières années. Ainsi, en 2017, sur treize régions métropolitaines, sept vice-présidents à l’agriculture étaient des agriculteurs, pour beaucoup proches du syndicat. Dans d’autres régions, comme en Rhône-Alpes, si la vice-présidente n’était pas agricultrice, cette dernière était suivie de près par deux membres de la FNSEA : l’ancien président de la FDSEA du Rhône, désormais conseiller régional à l’agriculture bio et l’ancien directeur de la FRSEA Rhône-Alpes, devenu chargé de mission auprès de cette vice-présidente. Une stratégie loin d’être anodine puisque depuis 2014 la gestion du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feadar) relève des régions. Comme le note Gilles Luneau, auteur de La forteresse agricole, « L’histoire de la FNSEA a toujours été d’avoir un œil, et la main autant que possible, sur la ‘‘caisse’’. En s’emparant des régions, le syndicat cherche à maintenir sa position monopolistique concernant l’orientation des lignes de crédit. »

Une emprise sur les régions loin d’être sans conséquences, puisque cette mainmise sur la « caisse » permet au syndicat de façonner, encore maintenant, le modèle agricole tant nationalement que localement, selon ses préceptes et les intérêts de ses dirigeants. Ainsi dans la région Auvergne-Rhône-Alpe, dès l’arrivée au pouvoir de Laurent Wauquiez, un très proche de la FNSEA, en 2016, les subventions aux associations d’agriculture paysanne ont été drastiquement amputées. La Fédération régionale d’agriculture biologique ainsi perdue 70% de son enveloppe, tandis que pour Terre de liens et le réseau des Amap cette réduction fut, respectivement de 50% et 35%. Une politique qui faisait dire au président local de l’Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural, qu’« il y a aujourd’hui une mise sous tutelle de la politique agricole de la région par la FNSEA. »

Un outil piloté et au service des intérêts de l’agrobusiness

Que ce soit au niveau national, où la FNSEA continue d’exercer une solide influence sur les différents gouvernements, en comptant par exemple deux ministres de l’Agriculture issus de ses rangs, Henri Nallet et François Guillaume, (Christian Jacob qui a exercé plusieurs fonctions ministérielles avant de prendre la tête des LR entre 2019 et 2022 a également été président du CNJA), ou au niveau local, où l’organisation bénéficie d’un poids hégémonique au sein des chambres d’agriculture, la FNSEA continue de donner le ton de la politique agricole nationale. Lors des dernières élections des chambres d’agriculture, en janvier 2019, le syndicat avait ainsi obtenu plus de 55% des voix. Une très large avance sur les autres syndicats, largement favorisée par le poids que jouent les chefs exploitants dans ces élections, alors que les autres professions du secteur s’étaient largement abstenues.

Une influence à toutes les échelles qui bénéficie grandement aux puissances économiques du secteur, qui voient dans la FNSEA un outil pour faire avancer leurs pions. La nomination, en 2023, d’Arnaud Rousseau à la tête de ce syndicat en est la parfaite illustration. Véritable agro-businessman, cet héritier d’une exploitation de 700 hectares en Seine et Marne, est également président du conseil d’administration du groupe Avril, l’une des plus importantes sociétés du secteur des oléagineux, qui regroupe des marques tels que Puget ou Lesieur. Une nomination loin d’être anodine puisqu’elle marque le retour de ce puissant groupe agroindustriel à la tête du syndicat, après le passage entre 2010 et 2017 de Xavier Beulin, président du conseil d’administration d’Avril. En prenant la tête de la FNSEA, Avril cherche à façonner le secteur agricole afin que ce dernier soit le plus profitable à ses intérêts et à ceux de ses actionnaires. « La FNSEA tend à devenir un atout politique pour Avril, qui se pose en pilote de la ‘‘ferme France’’ et déclare viser structurer l’ensemble des filières végétales et animales, plutôt que l’inverse », note Alexandre Hobeika, chercheur en science politique.

Il n’est donc pas étonnant qu’Arnaud Rousseau, véritable représentant et défenseur des principaux acteurs capitalistes du secteur agricole, appelle « au calme et à la raison » les agriculteurs qui cherchent à bloquer le marché de Rungis et désormais à suspendre le mouvement bien qu’aucune des causes de la crise agricole n’ait aperçu un début de commencement de résolution. Pourfendant les normes écologiques et les institutions européennes, le président de la FNSEA cherche à défendre et à épargner à tout prix les intérêts des grands groupes de la distribution, faisant fi des prix dérisoires que ces derniers imposent aux agriculteurs. Une stratégie qui bénéficie en premier lieu à son groupe Avril, qui pourrait profiter de la disparition de normes environnementales (épandage de pesticides, limitation des surfaces à laisser en jachère etc) pour accroitre ses marges tout en continuant à faire pression sur les prix de vente de ses syndiqués.

La FNSEA, syndicat historiquement au service des intérêts des principaux secteurs économiques du secteur et cogestionnaire des politiques agricoles avec l’Etat, a donc tout intérêt à jouer le rôle de catalyseur qui est attendu de lui. Un rôle que le syndicat a joué historiquement et a encore démontré ces dernier jours, en gardant la mainmise sur le mouvement et en mimant le bras de fer avec le gouvernement pour finalement faire le SAV de ses annonces. Les petits agriculteurs ne pourront pas entrevoir de sortie à la crise sans rompre drastiquement avec ce syndicat qui a toujours eu son rond de serviette dans les ministères, les institutions européennes ou les conseils d’administrations des grands groupes de d’industrie agricole et agroalimentaire. Un syndicat, qui plus qu’un défenseur des agriculteurs représente les intérêts de l’agrobusiness en avançant ses revendications antiécologiques, nationalistes et protectionnistes contre les revendications des agriculteurs les plus fragiles de toute l’Europe, qui souffrent de revenus misérables et de dettes toujours plus importantes imposés par cette même agro-industrie que représente la FNSEA.


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