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Politique

Droit dans le mur

Gilets jaunes : le gouvernement refuse d’écouter la colère et maintient le cap

Invité du JT de France 2, Edouard Philippe a envoyé promener les gilets jaunes : qu'importe la colère et les difficultés qu'expriment la mobilisation, le gouvernement a un cap à tenir !

lundi 19 novembre 2018

Au lendemain du mouvement des gilets jaunes 17 novembre, Edouard Philippe était l’invité dimanche soir du JT de France 2. Si le Premier Ministre a assuré avoir entendu les revendications des plus de 300.000 personnes mobilisées partout en France, il a surtout expliqué fermement que l’exécutif n’entendait pas revenir sur la hausse des taxes sur les carburants, opposant ainsi une fin de non-recevoir aux gilets jaunes.

« Le cap que nous avons fixé, il est bon et nous allons le tenir. Je comprends le ras-le-bol fiscal." Mais "la trajectoire carbone" sera maintenue. "pas pour le plaisir d’ennuyer les Français, pour utiliser un mot poli. Nous voulons que la fiscalité pèse plus sur le carbone que sur le travail." a ainsi expliqué le Premier Ministre.

Affichant sa confiance dans la politique du gouvernement et son mépris de la colère de la population, Edouard Philippe a réaffirmé la nécessité de faire un effort de "pédagogie". Comme si les centaines de milliers de personnes mobilisées, frappées par la précarité et le déclassement, avaient besoin qu’on leur explique pourquoi, en réalité, tout va bien !

"Frappé" par "le caractère inédit de ces manifestations", Edouard Philippe en bon maître d’école n’a par ailleurs pas manqué de rappelé à l’ordre les gilets jaunes, notant que "la France, c’est la liberté d’expression, la liberté de manifestation, mais ce n’est pas l’anarchie. Et on a vu des scènes qui relevaient de l’anarchie, même si je ne met pas tout le monde dans le même sac".

Pourtant, derrière l’aplomb affiché par le Premier Ministre et la volonté de rester ferme, on sait le gouvernement inquiet en coulisse face à un mouvement imprévisible, incontrôlable et massif.

"Ce n’est pas quand ça souffle qu’il faut changer de cap" a affirmé Edouard Philippe. Pourtant, la situation du gouvernement semble actuellement moins tenir de la métaphore marine du navire bravant la tempête en maintenant sa direction que du Titanic, incapable de changer de cap alors qu’il se dirige tout droit vers un iceberg.

Crédit photo : Capture France 2.




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