Manon Véret-Gay 
 
 
Le plan Hirsch est une réforme qui vise à réorganiser le temps de travail des hospitaliers, en dehors des médecins. Les journées de 7h50 de travail passeront à 7h30, ce qui par conséquent réduit le nombre de RTT à 15 par an. C’est déjà le régime de travail des nouveaux embauchés, l’accord étant signé, et les plus anciens travailleurs peuvent y passer de manière volontaire et recevoir une contrepartie financière. La réduction du nombre de RTT par an, ainsi que l’incitation à passer au nouveau régime, montre que la direction de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) est déterminée à faire des économies sans prendre en compte l’impact que la réforme va avoir sur les hospitaliers.
 
Simon Chiaroni, secrétaire général de la CGT Bichat, dénonce cette réforme en montrant ses conséquences : «  Les collègues vont travailler 14 jours de jour et 14 jours d’après-midi. Il y a beaucoup de personnel féminin, dont des personnes en situation mono-parentale. Cela va forcément impacter leur vie personnelle, et entraîner des frais de garde qu’elles n’avaient pas jusqu’alors.  » La volonté de «  favoriser l’équité entre les personnels  » de Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, se trouve donc être loin de la réalité. De plus, l’alternance des équipes de jour et d’après-midi prévue par la réforme rendra plus difficile la gestion des plannings, en raison d’un personnel déjà en sous-effectif. « Les collègues sont inquiets. Certains veulent même partir », témoigne Simon Chiaroni.
 
La réforme devient progressivement effective, avec la suppression de la fête des mères et des jours « forfait protocole » (journées de repos propres à l’AP-HP) depuis le 1er avril. Quant aux hospitaliers, ils continuent de se mobiliser contre le Plan Hirsch et la loi Travail, qui relèvent tous deux d’une seule et même logique : faire plus de profits sur le dos des salariés. Pour voir la réorganisation du temps de travail ainsi que le système d’alternance entrer en vigueur, il faudra attendre le 1er septembre.