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Notre classe

« Il n’y a plus de mensonge possible ». Non aux licenciements chez Ogura !

Sur le site d'Ogura à Onnaing (Nord), la résistance des salariés s'organise contre un nouveau plan de licenciements. Un rassemblement est notamment prévu ce jeudi aux portes de l'usine. Révolutionpermanente.fr a pu échanger avec un délégué syndical SUD du site. Propos recueillis par Guillaume Loic.

lundi 7 septembre 2015

Est-ce que tu peux nous dire ce qui se passe chez Ogura à Onnaing ?

Notre direction nous a annoncé un plan social en juillet dernier. Et pas n’importe lequel, puisque selon ce qu’on a pu savoir lors de la réunion d’information, les fonctions qui sont touchées par ce PSE sont ciblées. Ce sont piles celles qu’occupent les élus SUD Industrie, au CE comme au CHSCT. Il semblerait que notre tôlier vise à éclater notre syndicat...

Que produit Ogura et qui sont ses clients ?

Ogura s’est installé en France, et plus précisément à Onnaing près de Valenciennes, en 1998. Il s’agit d’une entreprise multinationale japonaise implantée aux quatre coins du globe. Notre site est cependant le seul en Europe, vous trouvez les autres au Japon, en Chine, aux USA, au Brésil et plus récemment en Inde. Ogura est un équipementier Automobile de second degré, c’est à dire que nous ne produisons pas directement pour les constructeurs mais plutôt pour d’autres sous-traitants. Nous fabriquons des embrayages de climatisation automobile qui s’appellent les « clutchs ». En fait nous n’avons que deux clients, dont nous sommes donc dépendants : Sanden, qui se trouve près de Rennes, et Delphi qui auparavant se trouvait à côté de Douai mais est qui s’est délocalisé en Hongrie.

A ton avis, quelle est la stratégie de la direction depuis quelques années ?

Le fond de la question concerne notre pôle production. Même si elle ne l’assume pas, la direction veut l’arrêter et transformer le site en une sorte de centre logistique, pour la distribution. Pour cela, elle nous grignote peu à peu, en disant que nous n’arrivons pas à être bénéficiaires. La vérité c’est que cette direction préfère déplacer toute la production en Inde et en Chine où les coûts sont moindres. Et notre site se retrouverait à ne plus faire que recevoir les pièces par bateau et assurer la transaction financière...

Est-ce que c’est la première lutte qui se mène sur ce site ?

L’an dernier, en novembre 2014, nous avions déjà lancé un rapport de force afin d’obtenir des indemnités de licenciement plus propices lors du précédent PSE. Celui-ci n’était pas le premier, puisqu’il y avait déjà eu une première attaque cinq mois plus tôt. Notre direction a fait mine de céder mais ce n’était que sur des miettes. En effet, comme nous étions en plan de sauvegarde il était difficile de manœuvrer pour obtenir plus. D’autant plus que lors de ce PSE la quasi totalité des personnes s’étaient portées volontaires.

Combien êtes vous dans la boîte et quel est le nombre de suppressions d’emplois ?

En janvier 2014, nous étions à 54 personnes. Suite aux demandes de départs volontaires de la part du tôlier, aux licenciements et aux ruptures conventionnelles, aujourd’hui nous ne sommes plus que 32. Et sur ces 32 collègues, il n’y a plus que sept travailleurs en production, deux opérateurs qualité et un magasinier. Le reste sont soit agents de maitrise soit cadres. Dans ces conditions, comment la direction veut-elle que ça tourne correctement ? Aujourd’hui, elle envisage encore de supprimer neuf postes dont un magasinier, un opérateur qualité et quatre collègues en production. Il n’y a plus de mensonge possible, c’est évident maintenant que dans ses plans la production est appelée à disparaitre sur notre site !

Comment est-ce que vous vous êtes organisés quand tout ça a été révélé ?

Dés que j’ai appris cette annonce, j’en ai de suite parlé aux camarades Sudistes qui m’ont aiguillé et mis en relation avec leurs contacts aussi bien politiques que syndicaux. On a commencé par chercher à médiatiser au maximum afin d’alerter l’opinion publique. J’ai mis quelque posts sur la situation dans laquelle nous sommes sur les réseaux sociaux. Il s’avérait que j’avais des amis du NPA dans mes contacts, je les ai interpelés et ils m’ont répondu présents.

Comment tu vois les choses pour le rassemblement de ce jeudi ? Et après ?

Oui, comme tu dis nous appelons à la mobilisation ce jeudi 10 septembre dès 7h du matin. Les salariés d’Ogura et tous les soutiens sont attendus aux portes de notre usine, juste à côté du site de Toyota Onnaing qui a plusieurs fois fait parler de lui,au parc de la Vallée de l’Escaut.Normalement nous aurons des soutiens politiques tel que le NPA, le PG , il semblerait que la CNT nous rejoigne aussi car j’ai vu quelques messages circuler sur le net. Et pour le reste je n’ai pas de nouvelle ! J’espère qu’il y aura du monde. Pour l’instant je ne sais pas vraiment ce que l’on va faire après le 10. Le 8, ce mardi donc, nous serons reçu par la mairie d’Onnaing afin de trouver des solutions mais pour l’instant j’observe ma direction afin de trouver une faille et la saisir !




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