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Italie. Au moins 10 personnes meurent dans de violentes inondations après la sécheresse

Jeudi 15 septembre, après une sécheresse historique qui a frappé l’Italie cet été, de violentes pluies ont causé de graves inondations dans la région des Marches. Les recherches sont toujours en cours mais pour l’instant, le bilan s’élève à 10 morts et 4 disparus. Autant de symptômes d’une crise écologique qui s’approfondit et dont la gestion par la bourgeoisie devient de plus en plus meurtrière.

vendredi 16 septembre

Credit photo : AFP

Une inondation qui fait suite à un épisode de sécheresse inédit

40 cm d’eau, soit l’équivalant de 6 mois de pluie, sont tombés en seulement deux heures dans la région des Marches. Cette forte concentration de précipitations en peu de temps a entraîné de fortes inondations, tuant d’après les premiers bilans au moins 10 personnes. Quatre autres sont encore portées disparues. Au-delà des terribles pertes humaines, l’inondation a causé de nombreux dégâts matériels : les chutes d’arbres et les éboulements de terrain ont coupé de nombreuses routes et certains ponts se sont effondrés.

Les pompiers ont secouru des centaines de personnes coincées sur les toits ou les arbres afin d’échapper aux inondations. Plusieurs quartiers sont encore sans électricité et téléphone. Les écoles ont été fermées dans les zones les plus touchées. La puissance des pluies n’avait pas été prévue et les maires des villes touchées affirment que les autorités compétentes n’avaient donné aucune alerte.

Ces violentes inondations surviennent après l’épisode de sécheresse historique qui a sévit dans le nord et le centre du pays durant l’été. Un déficit de pluviométrie de plus de 50 % a été enregistré depuis le début de l’année 2022 et des températures caniculaires ont provoqué la pire sécheresse depuis 70 ans pour l’Italie. Le 11 juillet, 11 personnes avaient été tuées dans l’effondrement d’un pan du glacier de la Marmolada, dans les Alpes italiennes, conséquence des températures anormalement hautes subies par le glacier. Un Etat d’urgence a été instauré début juillet en Émilie-Romagne, dans le Frioul-Vénétie Julienne et la Lombardie. Ces régions resteront en Etat d’urgence jusqu’au 31 décembre.

Ainsi, les inondations marquent la continuité des conséquences de plus en plus meurtrières du réchauffement climatique dans des territoires comme l’Europe qui jusqu’ici étaient relativement épargnés par le pire de la crise.

Le symptôme d’une crise qui s’aggrave entre les mains de la bourgeoisie

Cet été, la population du monde entier a dû faire face aux graves dégâts causés par le réchauffement climatique. Deux tendances principales ont été à l’œuvre, signe d’une crise qui s’approfondit. D’un côté, les zones déjà impactées depuis des années par la crise climatique ont fait face à des impacts démultipliés à l’image de l’Inde, de la Chine ou du Pakistan. Ainsi, depuis juin, près de 1 500 personnes ont péri dans les inondations qui ont noyé le Pakistan, mis un tiers de la surface du pays sous les eaux et fait se déplacer près de 33 millions de personnes. Un pays qui selon une étude de l’ONG Germanwatch, est responsable de moins de 1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et subit de plein fouet la crise climatique depuis des années.

D’un autre côté, les zones jusqu’ici relativement épargnées ont dû faire face à des phénomènes d’une ampleur certes différente, mais jusqu’ici inédits, comme l’exemple de l’Italie et de l’Europe en général le montrent.

Dans les deux cas ces phénomènes et surtout leur gestion par la bourgeoisie ont été meurtriers pour les plus précaires.

Les multinationales du pétrole se gavent sur la crise énergétique tout en polluant massivement. Ainsi, 28 d’entre elles ont réalisé près de 100 milliards de profits sur les 3 premiers mois de l’année 2022 et 100 d’entre elles sont à elles seules responsables de 70% des émissions de gaz à effet de serre mondiales depuis les années 1990. Dans le même temps, ce sont les plus précaires à l’échelle internationale qui meurent des conséquences des pollutions massives qui enrichissent ces grands groupes. Alors qu’à l’échelle mondiale la population est en prise aux tragédies causées par le réchauffement climatique, il est plus que temps de mettre en place un plan de bataille pour exproprier les entreprises des secteurs de l’énergie qui n’hésitent pas à sacrifier des vies pour faire du profit.



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