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Genres et sexualités

Lutte contre la transphobie

Journée du souvenir trans 2022 : dans la rue contre la transphobie

Le TDoR (journée du souvenir trans) aura lieu ce dimanche 20 novembre. Des rassemblements sont appelés dans toute la France pour commémorer les victimes de la transphobie dans un contexte de politisation de la transphobie par les forces réactionnaires.

vendredi 18 novembre

Photographie du rassemblement pour la journée du souvenir trans du 20 novembre 2021

Des commémorations doivent se tenir dans toute la France ce dimanche 20 novembre, journée du souvenir trans, pour rendre hommage aux personnes trans assassinées, suicidées ou décédées d’overdose. Ces drames sont en effet nombreux face à la transphobie systémique, qui conduit à un fort taux de chômage, de pauvreté, d’usage de drogues et de suicide. Les personnes trans sont ainsi victimes d’une chaîne de violences et de discriminations qui vont jusqu’à des meurtres, souvent particulièrement barbares et qui touchent principalement les femmes trans, migrantes et travailleuses du sexe, lesquelles sont déshumanisées par un triple stigmate, appuyé par les politiques transphobes, anti-travailleuses du sexe et anti-migrants.

Les mobilisations avaient été particulièrement importantes l’an dernier : elles faisaient suite à des transféminicides de travailleuses du sexe et à des suicides de jeunes trans qui avaient été très médiatisés, sur fond d’un triste record de meurtres de personnes trans enregistrés sur une année.

Cette année les rassemblements pour le TDoR seront à nouveau une occasion de se recueillir et de rappeler les revendications démocratiques de la communauté trans : décriminalisation du travail du sexe, régularisation de tous les sans-papiers, suppression de la mention de sexe à l’état civil... Mais aussi de dénoncer la politisation de la transphobie ambiante par des figures telles que Dora Moutot ou Marguerite Stern. Ces dernières ont commencé à nouer des liens significatifs avec des acteurs politiques d’extrême-droite, comme on l’a vu avec l’invitation de Dora Moutot à la soirée de lancement d’un nouveau média pro-russe, après avoir été accueillie par le parti macroniste Renaissance, la présidente du groupe à l’Assemblée nationale Aurore Bergé et par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa. Aussi, des groupes féministes droitiers tels qu’Osez Le Féminisme acceptent de faire cortège commun avec des groupes activistes transphobes.

Ces dernières semaines ont également été marquées par des tentatives d’organisation de conférences transphobes, à la mairie de Paris et dans une médiathèque de Lille, qui ont été empêchées grâce aux mobilisations.

Enfin, le lobby transphobe chercherait à influencer jusqu’au ministère de l’Education Nationale. Médiapart a en effet révélé que la publication tardive de la circulaire Blanquer, dont le contenu avait surpris les associations qui avaient été consultées pour sa rédaction, avait été modifiée à la suite de rencontres entre le ministère de l’éducation nationale et des groupes transphobes.

Des évolutions très inquiétantes dont il faut prendre la mesure : des membres de Renaissance ou du Parti Socialiste sont prêts à recevoir et écouter des militants transphobes, ce qui risque de renforcer l’oppression des personnes trans et l’utilisation de la transphobie par les partis politiques au pouvoir. Le phénomène est assez initial en France, mais l’exemple des États Unis peut laisser craindre des attaques sur les droits démocratiques des personnes trans et une précarisation plus forte. Cela risque aussi de compromettre les stratégies associatives de « lobbying » pour demander plus de droits aux autorités.

C’est dans ce contexte que Révolution Permanente et Du Pain et Des Roses appuient les rassemblements qui vont avoir lieu dans toute la France pour rendre hommage aux victimes de la transphobie. A Paris, le collectif Acceptess-T a annoncé que le rassemblement parisien se tiendra devant la mairie du 20ème arrondissement ce dimanche à 17h.

Face à la diffusion de la rhétorique transphobe et au rapprochement entre des groupes anti-trans et des secteurs de la majorité présidentielle, il est urgent de s’organiser pour lutter contre la transphobie en indépendance de classe, sans rien attendre de la bourgeoisie et de ses institutions.



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