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Société

Militarisation de l’espace public

La vague réactionnaire déferle : 115 000 flics et soldats déployés sur tout le territoire

mercredi 18 novembre 2015

Fréderic Apoyo{}

Ce mardi 17 novembre, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé sur France Info que « 115000 policiers, gendarmes et militaires [seraient déployés] sur l’ensemble du territoire national pour assurer la protection des Français ». Une militarisation de l’espace public, voilà la réponse du gouvernement aux attentats du 13 Novembre dernier à Paris.

« Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a proposé une augmentation de la mobilisation des militaires sur le territoire national dans le cadre du contrat de sécurité que nous avons ensemble. Ces militaires travailleront en étroite liaison avec la police et la gendarmerie, nous sommes dans un contexte où nous devons mobiliser toutes nos forces » a ainsi déclaré Cazeneuve. Cette annonce fait suite au déploiement, depuis vendredi, de 3.000 militaires supplémentaire sur tout le territoire.

Dès lundi, Hollande avait annoncé la création de 5000 postes de policiers et gendarmes. Une annonce entrant dans le plan du gouvernement socialiste « de porter le total des créations d’emplois de sécurité à 10000 sur le quinquennat. […] Cela permettra simplement de restaurer le potentiel des forces de sécurité au niveau qu’elle connaissait en 2007 ». Une des rares promesses tenues par le gouvernement PS, avec les réformes sociales qui tiennent à cœur au patronat français, MEDEF en tête.

Le tournant réactionnaire et sécuritaire s’accentue

Ce mercredi, devant les maires de France, François Hollande, s’est engagé à ce que la police municipale soit bientôt armée afin de « mieux protéger les policiers municipaux en finançant leurs équipements » et « en apportant aux maires qui le souhaitent les armes qui seront prélevées sur les stocks de la police nationale ». Un tournant sécuritaire que la classe politique justifie par la lutte contre le terrorisme, mais qui permet surtout d’imposer une chape de plomb aux masses populaires. C’est ainsi qu’à Saint Denis, ou une opération anti-terroriste a eu lieu dans la matinée, le reste de la journée a vu l’armée mettre en joue les habitants et les passants sans raisons apparentes. Un climat de peur et une militarisation de l’espace public visant à opprimer les quartiers populaires ; ou comment faire d’une pierre deux coups pour le gouvernement PS. L’état d’urgence a également été étendu aux DOM TOM, dans la plus pure tradition coloniale française, ce qui permet aussi de brimer les mouvements sociaux véhéments, à Mayotte notamment.

La militarisation de l’espace public est annoncée comme étant irrémédiable dans la mesure où « nous sommes en guerre », selon les termes de l’ensemble des forces politiques républicaines. Cette militarisation impose par la force une « trêve sociale » à sens unique – puisque de leur côté, le patronat et le gouvernement continuent les attaques contre les travailleurs – au nom de la sacro-sainte unité nationale dans un contexte social qui se dégrade de jour en jour. Réprimer les quartiers populaires et la contestation sociale, telle est l’une des aspirations inavouées de l’Etat. Pour condamner les actes terroristes et l’assassinat d’innocents, de Paris à Beyrouth en passant par la Syrie, se mobiliser contre la guerre, le racisme et pour poursuivre le combat social plus que jamais vital, un cadre alternatif à l’union nationale est indispensable : un front regroupant les organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse afin de contrecarrer l’offensive réactionnaire, xénophobe et anti-ouvrière des classes dominantes et de leurs bras armés.




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