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Politique

5 décembre

Lille : une manifestation impressionnante et une répression brutale

La journée du 5 décembre a été suivie massivement à Lille et a réuni jusqu'à 20 000 personnes dans les rues. La répression policière a été d'une brutalité inédite envers les cortèges syndicaux et de grévistes.

vendredi 6 décembre 2019

L’ensemble des organisations syndicales et politiques, allant de la CGT à l’Unsa en passant par FO, FA, Solidaires et la FSU s’étaient données rendez-vous à la Porte de Paris à 14h30 pour une journée d’action contre le projet de réforme des retraites du gouvernement. La masse des manifestants contrastait fortement avec le calme qui régnait dans la ville le matin avec a circulation anormalement fluide et ses écoles sans élèves ni enseignants.

Les cortèges de la CGT et de FO étaient de loin les plus fournis mais les autres cortèges syndicaux ont eux aussi rassemblé largement et montre une forte mobilisation du monde du travail dans le Nord-pas-de-Calais. Les gilets jaunes étaient également présents, discéminé dans la manifestation ou rassemblé en cortège, à l’image du cortège des gilets jaunes de Caudry venu avec sa propre banderole pour défendre les retraites. On notait aussi un nombre très important de pompier, mobilisés pour l’occasion, et acclamé par tout le monde.

La manifestation s’étendait sur plusieurs centaines de mètres mais est restée très compacte. Dès le départ, des altercations avec les forces de répression ont eu lieu et les premiers gazage se sont produit à même pas cent mètre du point de départ. Mais c’est en fin de manifestation que la provocation policière s’est abattue sur le cortège : dans la rue de Solférino, au niveau du théâtre Sébastopol, les CRS ont gazé le cortège à plusieurs reprises et ont même fait usage des flashball.

Au même moment, la place de la République où se réunissent les cortèges en fin de manifestation a été nassée par la police qui a lancé des grenades lacrymogènes et de désencerclement sur les manifestants. On dénombre au moins un cinquantaine d’arrestation sur la journée. La plus emblématique de la brutalité policière est celle d’un père de famille frappé par la police et embarqué au commissariat alors qu’il tentait de sortir de la manifestation avec son fils de 12 ans.

Par la suite, environ 400 manifestants se sont réunis à la Bourse du travail de Lille pour organiser la suite du mouvement. L’assemblée générale souveraine s’est constituée en organe de prise de décision et a acté le poursuite de la grève et son extension lors des jours à venir. Elle s’est fixée comme objectif de généraliser la grève à tous les secteurs, des étudiants aux enseignants en passant par toutes les entreprises privée afin de faire converger les forces dans un vaste mouvement qui s’est, pour l’instant, fixé comme objectif le retrait total du projet de loi du gouvernement. L’AG se réunira à 18h les jours suivants pour décider des suites du mouvement.

On retiendra de cette journée une combattivité qu’on n’avait pas vu depuis longtemps sur Lille avec des cortèges déterminés et une ambiance très combattive aussi bien chez les étudiants que dans les autres secteurs. On retiendra aussi la répression violente de la police qui n’a pas hésiter à infliger un traitement de choc aux manifestants, à l’image de la répression qu’elle avait fait peser sur nombre de manifestations des Gilets jaunes sur Lille.




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