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Salaires

« On veut des augmentations, pas des miettes » : malgré la répression, la grève des Vertbaudet s’organise

Face au mépris de la direction lors des dernières négociations, les grévistes de Verbaudet bloquent l’entrepôt du site de Marquette-Lez-Lille depuis mardi. Malgré la répression policière, la grève se maintient pour 20% d'augmentation et des embauches.

Lisa Mage

12 mai 2023

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« On veut des augmentations, pas des miettes » : malgré la répression, la grève des Vertbaudet s'organise

Crédits photo : Révolution Permanente

Mardi 9 mai, à l’occasion d’une nouvelle négociation entre les grévistes de Vertbaudet et leur direction, un rassemblement de soutien était organisé sur le piquet de grève. Plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel, dont des militants politiques et syndicaux, notamment de la CGT, du PCF, de l’UNEF, ainsi qu’une délégation du Réseau pour la grève générale et de Du Pain et Des Roses. C’est dans une ambiance pluvieuse mais déterminée que les travailleuses de l’entreprise de prêt à porter se sont préparées à affronter encore une fois le mépris de leur direction.

Après une matinée de discussions à propos de la mobilisation, de son impact et de ses perspectives, les délégués syndicaux et représentants du personnel se sont rendus, sous les acclamations des grévistes et de leurs soutiens, à la réunion de négociations avec la direction.

« Il y avait trois points de discussion : l’embauche des intérimaires, l’augmentation de notre pouvoir d’achat et un point sur le retour des grévistes. Sur les deux premiers points, ils n’ont rien proposé, si ce n’est nous faire faire des heures supplémentaires ou encore de racheter nos jours d’ancienneté », explique Alison Glorieux, représentante du personnel du site. Une proposition insultante, dans le sens de « travailler plus pour gagner plus » alors que beaucoup de ces femmes sont seules et précaires. « Un de nos chefs nous a même dit qu’on ne devrait pas faire du temps partiel si on veut gagner plus d’argent. Les horaires ne sont pas adaptés à une vie de famille, on est obligées de faire du temps partiel. Mais ça ils ne veulent pas l’entendre  », s’indigne Alison.

Face à ce mépris, la détermination des grévistes n’en est en rien entamée. Ces dernières ont décidé de continuer la grève jusqu’à l’obtention de leur revendications, ainsi qu’une action de blocage de l’entrepôt au sortir de la réunion. En effet, les grévistes constatent toutes l’impact qu’a leur grève sur la rentabilité de l’entreprise : « Ils perdent de l’argent avec ce conflit, là tout est bloqué, les marchandises ne rentrent plus », se félicite Alison. Manon Ovion, également représentante du personnel, ajoute : « Ça leur coûte cher, mais ils préfèrent payer des huissiers que leurs propres salariés. ».

Jeudi matin, dans la lignée de la violence patronale, la police a elle aussi tenté de décourager les grévistes en utilisant la force pour débloquer l’entrepôt. Une intervention répressive, qui répond à la subversivité de cette grève de femmes déterminées à en découdre : « Ça ne nous effraie pas. À la seconde ou ils sont partis, le blocage a été remis sur pied », explique la représentante du personnel.

Qu’il pleuve ou qu’il vente,les grévistes tiennent leur piquet. « On en a parlé entre nous et tout le monde voulait continuer. On est là pour des augmentations de salaires, pas pour des miettes », annonce Alison. « Notre force, c’est la solidarité. Des évènements sont organisés pour nous soutenir, ce soir il y a une soirée "Debout les femmes" et les fonds récoltés vont être reversés à notre caisse de grève », souligne Manon.

Cette grève démontre toute l’importance de la solidarité, que ce soit sur le volet financier à travers une caisse de solidarité qui a permis aux grévistes de ne pas perdre de salaire après 50 jours de grève, ou en terme d’appui moral sur le piquet et sur le blocage de l’entrepôt.

Si les grévistes ont déjà pris l’habitude de décider collectivement des modalités du conflit, la tenue d’assemblées générales sera clé pour penser au jour le jour une réponse aux différents obstacles qui émergent dans le cadre de la grève comme les manœuvres de la direction et les interventions policières, mais aussi pour aller chercher l’ensemble des collègues et tous les soutiens possibles pour augmenter le rapport de force et gagner.

Dans le contexte actuel, marqué par l’inflation et par les nombreux conflits sur les salaires, la détermination des grévistes de Verbaudet qui exigent 20% d’augmentation et des embauches d’intérimaires est exemplaire. Les soutenir est primordial, non seulement pour les aider à gagner, mais aussi parce que leur victoire serait une démonstration importante pour toutes celles et ceux qui cherchent à arracher des augmentations de salaires face au mépris des patrons et du gouvernement.

Soyons nombreuses et nombreux au rassemblement de soutien appelé par les grévistes mardi 16 mai à 10h devant le 112 dans le 16ème arrondissement de Paris !

Lire aussi : REPORTAGE. « Jusqu’au bout » : à Vertbaudet, des travailleuses en grève depuis 50 jours

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