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Jeunesse

A l’ENS

Paris : 400 étudiants en AG contre la hausse des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers

Une semaine après l’annonce par Edouard Philippe d’une augmentation très importante des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires, 400 étudiants se sont réunis à l’ENS pour réfléchir aux moyens de faire retirer cette réforme.

vendredi 23 novembre 2018

Cette semaine, Edouard Philippe avait annoncé que les étudiants d’origine étrangère non ressortissant de l’UE devraient payer 1770€ leur licence, et 2770€ pour les masters et doctorats. Face à l’inquiétude grandissante des étudiants étrangers, une première assemblée générale a été appelée à l’ENS-Ulm, dans le cinquième arrondissement parisien, et près de 400 étudiants ont répondu à l’appel, tandis que près de 11 000 personnes se déclaraient intéressées sur Facebook. La réunion, très encadrée par la direction de l’école, dont le directeur, Marc Mézard, a été au coeur de la rédaction de la réforme, a finalement pu se tenir.

Un étudiant de l’ Union des étudiants étrangers algériens ouvre les débats en donnant le ton : « il faut se mettre d’accord sur un plan d’action. Il faut appeler à une manifestation le samedi 1er décembre. Outre le caractère néolibéral de cette réforme, il faut que tous luttent contre cette hausse des frais d’inscriptions, qui ferme les portes de l’université à une partie de la population ».

David Flacher, professeur à l’université techonologique de Compiègne, membre du groupe d’étude Groupe ACIDES (Approche Critique et Interdisciplinaire des Dynamiques de l’Enseignement Supérieur), résume la logique de cette réforme : « aujourd’hui, la majorité des économistes mainstream voient les études comme un investissement en termes de capital humain, et non l’éducation comme un moyen d’émancipation ». Au delà de l’injustice de cette réforme, il explique aussi qu’elle est inefficiente et inefficace : « il faut garder en tête les montagnes de dettes sous lesquelles croulent les étudiants britanniques et américains ; au Royaume Uni, le coût du non-remboursement des dettes rattrape les économies faites par la hausse des frais d’inscription. C’est injuste, inefficient et inefficace pour financer l’enseignement supérieur » conclue-t-il.

Cependant, c’est avant tout avec les méthodes du mouvement étudiant que les participants comptent mener la lutte : « on a des comptes à rendre avec ce gouvernement, qui a fait passer la loi ORE, qui a diminué les APL et qui détruit le BAC. Il faut manifester, construire des Assemblées Générales, lancer cette mobilisation étudiante qui fait si peur au gouvernement  ». Et pour cause, d’ores et déjà, des Assemblées Générales et des rassemblements sont déjà prévus, à Paris 6 Jussieu, à Paris 8, ou encore à Nanterre. Un jour de manifestation est lancé : le 1er décembre, une date qu’il s’agira de construire avec tous les étudiants.