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Politique

Un saut dans la répression

Répression sur les dépôts de bus RATP : le gouvernement veut imposer sa trêve de Noël par la matraque

Dès 4h30 ce matin, les grévistes de la RATP et leurs soutiens se sont massivement mobilisés pour bloquer le départ des bus depuis les différents dépôts. Face à cette détermination en cette journée de mobilisation nationale et alors que le gouvernement est fragilisé suite à la démission de Delevoye, la police a fait un saut dans la répression, usant des tonfas et des lacrymos. Voila comment le gouvernement cherche à imposer sa trêve de Noel par la matraque. Les travailleurs restent déterminés.

mardi 17 décembre 2019

Depuis le 5 décembre, et le début de la grève reconductible dans la RATP, des piquets de grève sont organisés devant les dépôts afin de bloquer les bus conduits par des non-grévistes. Les soutiens sont nombreux (professeurs en grève, étudiants, retraités, gilets jaunes… ) et plus que jamais nécessaires pour tenir les blocages face à la répression qui n’a pas tardé à sévir pour venir briser la grève. Mercredi dernier, au dépôt d’Aubervilliers, un enseignant du 93 a été violemment interpellé. Sur les différents piquets, les blocages ont été plus nombreux et déterminés que jamais, malgré la répression. Rapide tour d’horizon.

Ce matin, au dépôt de Pleyel, près de 150 grévistes et soutiens ont tenu le blocage. La Fanfare Invisible était aussi de la partie pour mettre l’ambiance et résister face à la répression. Si la police est intervenue tôt ce matin, « ils n’ont pas réussi à nous déloger », explique notre correspondant sur place. « On a pris quelques coups, mais ils se sont fait déborder, on a tenu avec la foule dense de soutiens présents ». Ensuite, il y a eu un « deuxième round ». « Ils ont appelé des renforts : ils sont venus boucliers, casqués, excédés, ils ont tapé, des coups de matraques, un étudiant a pris un coup de matraque dans le nez », explique-t-il. « C’est la flaque de sang qu’on voit circuler sur les réseaux sociaux ». « Une étudiante s’est faite interpellée. Elle s’est jetée sur lui pour le protéger ».

A St Denis, au dépôt RATP du Barrage Jean-Marc, machiniste en grève s’est exprimé devant collègues et soutiens après la répression du blocage. « Depuis la semaine dernière, les étudiants ils sont avec nous, les profs aussi. Grâce à eux les bus ont du mal à sortir. On a une lutte contre le gouvernement, tout ça c’est pour nos familles, nos enfants ! Ne lâchons rien ! Tous ces petits macronistes à un moment donné il faut les mettre au pied du mur, leur mettre un genou à terre ! » Un cri du cœur qui témoigne de toute la détermination des grévistes.

Nico, un de ses collègues machinistes abonde en ce sens : « ils ont lancé du gaz et ils nous ont braqué avec leur flashball. Je pense qu’ils se sentent en danger, et qu’on tient le bon bout, faut pas lâcher là ! ».
Au dépôt de bus de Flandres à Pantin, grévistes et soutiens sont également très nombreux. Ils sont arrivés dès 4h30 scandant « Avec les grévistes de la RATP, so-so-solidarité ! ». En ce 17 décembre, 13ème jour de grève reconductible, « les chiffres de grévistes en particulier à la RATP et à la SNCF sont encore plus haut que le 5 décembre », nous explique Elsa, militante à Révolution Permanente.

Face à une mobilisation qui s’annonce massive aujourd’hui, l’intensification de la répression policière sur les différents points de blocage ne vient pas de nulle part. Le gouvernement a conscience que cette semaine s’annonce décisive dans la bataille pour le retrait de la réforme des retraites. « Il y a le signe d’une véritable intensification du rapport de force, lance Elsa. D’un côté, il y a de Delevoye qui démissionne, y a tout un chantage à Noël en expliquant qu’il faudrait une trêve, que les grévistes bloquent noël. Un signe de la terreur du gouvernement à l’approche de Noël c’est qu’aujourd’hui, il n’y a plus un bus de la RATP qui est capable de sortir sans la BAC. Ici ils nous ont ramené plus d’une cinquantaine de baqueux alors qu’on a fait une mêlée pour essayer de tenir le blocage, qu’on a beaucoup résisté. Ils ont sorti les gaz, les tonfas, les matraques télescopiques… ça ça montre qu’on doit être toujours plus nombreux, qu’on reviendra demain et qu’on soutiendra les grévistes tant qu’il le faudra, jusqu’à noël s’il le faut ! »

Cette répression matinale témoigne du fait que le gouvernement veut tenter d’en finir avant Noel. Il souhaite à tout prix en finir avec le mouvement de grève qui a débuté le 5 décembre et qui exige le retrait de sa contre-réforme. Alors qu’il a tenté tous les artifices pour diviser les travailleurs, sa dernière arme face à la force de la grève se résume aux matraques et lacrymos. Des signaux qui doivent nous pousser à poursuivre la mobilisation, la convergence entre les secteurs, à amplifier la grève dans tous les secteurs du public et du privé, et à la reconduire partout, dès demain, mais aussi le 19 et le 20.




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