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Politique

Royal demande de « réprimer très rapidement » les écolos radicaux. Un étudiant lui répond en vidéo

Ségolène Royal s'est exprimée très clairement au micro de France Inter lundi matin : « il faut réprimer très rapidement » les actions de désobéissances civiles pour le climat. Léo, étudiant à Saint Denis et militant du NPA Jeunes y répond en vidéo.

lundi 7 octobre

En interview sur France Inter, Ségolène Royal a déclaré à propos des dernières actions de « désobéissance civile » écologique qu’il fallait les « réprimer très rapidement, parce que c’est une dégradation de l’image de l’écologie et ça risque de disqualifier toutes les actions pro-environnementales ».

Une intervention qui a le mérite d’être claire. Alors même que la répression continue de faire rage contre le mouvement des Gilets Jaunes, l’ex-ministre de l’environnement en appelle à l’étendre contre les militants écologistes radicaux. Léo revient dans sa vidéo sur la mandature de Ségolène Royal comme ministre, de 2014 à 2017, pour lui rafraîchir la mémoire sur un bilan qui est une illustration on ne peut plus claire que si quelque chose « disqualifie les actions pro-environnementales », c’est bien l’hypocrisie du « capitalisme vert » qu’elle a défendu et qu’elle continue de porter.

Entre autres faits, il relève notamment que pendant qu’elle était ministre, le militant écologiste Rémi Fraisse a été tué à Sivens par grenade, et que les gendarmes ayant fait usage de leurs armes n’ont toujours pas été poursuivis. Celle-ci a aussi présidé la COP-21 à Paris en 2015, grande mascarade lors de laquelle les chefs d’États se sont réunis en grandes pompes, dans une conférence ayant couté 186,9 millions d’euros (entre accueil des délégations, repas, préparation et organisation, etc.). Pour l’événement, l’état d’urgence avait été utilisé contre les militants climatiques. 24 avaient alors été assignés à résidence, 289 interpellés et 174 placés en gardes à vue. Leur crime ? Avoir protesté contre l’hypocrisie des gouvernements, et manifesté à plus de 20000 derrière les mots d’ordres « climate, justice et peace. »
Mais c’est aussi sous sa mandature, qu’en 2016, l’écrasante majorité des recettes de la taxe carbone (3 milliards sur 3,8 milliards d’euros) ont été alloués au CICE, c’est à dire à des entreprises parmi lesquelles Total, géant pétrolier Français, ou encore Carrefour, qui a récemment soutenu la candidature de Bolsonaro au Brésil – président pyromane de la forêt amazonienne.

Comment après ça peut-elle prétendre à donner des leçons au mouvement écologique ? En réalité, ce qui l’inquiète, c’est bien le fait que la jeunesse se radicalise face aux enjeux climatiques. Ce qui la rend fébrile, c’est « un mouvement qui aujourd’hui occupe les grandes surfaces, mais qui demain risque fort d’occuper aussi les universités et les entreprises, contre la crise climatique, mais aussi contre l’avenir pourri que vous nous promettez avec la réforme des retraites. »




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