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Du Pain et des Roses

Pride 2021

Transphobes hors de nos fiertés. Soutien à Sasha et aux militantes agressées !

Pendant la marche des fiertés organisée à Paris ce samedi 26 juin, plusieurs militantes ont subi des agressions physiques et verbales transmisogynes, dont certaines ont été commises par des TERFS (Féministes radicales transphobes). Solidarité avec Sasha, co-fondatrice de XY Media et les militantes du FLIRT !

dimanche 27 juin

Crédits photo : Ink Drop / Shutterstock

Soutien à nos sœurs !

Peu après le départ du cortège, un groupe se revendiquant « féministe » a scandé des slogans transphobes en arborant pancartes et banderoles « les lesbiennes n’aiment pas les pénis », « les lesbiennes ont besoin de féminisme pas de transition mutilantes ».

Une provocation absolument réactionnaire à laquelle Sasha, militante migrante et cofondatrice du média trans-féministe XY média s’est affrontée, en leur retirant leurs pancartes immondes. La police s’est empressée de protéger ce petit cortège de militantes TERF en interpellant Sasha qui a dû subir palpation et relevé d’identité par un policier de sexe masculin.

Le petit collectif transphobe est habitué du cyber-harcèlement extrêmement actif et violent envers les personnes trans. En ce moment, Sasha subit ainsi l’offensive de ces militantes et de leurs alliées. Aussi, Marguerite Stern s’est empressée de relayer cette campagne d’une violence inouïe en insultant plusieurs militantes trans-féministes sur les réseaux sociaux.

Cette attaque n’est pas isolée, et deux militantes du FLIRT (Front de libération transfem) ont également été agressées dans la manifestation. L’une d’elle a eu le nez cassé.

Nous, militant.es de Révolution Permanente et du collectif féministe révolutionnaire Du pain et des Roses affirmons notre soutien plein et entier à ces femmes victimes de transphobie. Les TERFS n’ont rien à faire dans nos prides.

Une offensive transphobe organisée

En réalité, ces attaques ne sont pas un hasard et s’inscrivent dans un contexte d’offensive réactionnaire plus large, notamment en Angleterre où le mouvement « gender critical » connaît un essor important et milite, avec la droite et l’extrême-droite, pour le recul des droits des personnes trans.

En ce sens, plus tôt cette année et alors que la Haute Cour de Justice du Royaume-Uni interdisait la prescription d’inhibiteurs d’hormones aux enfants et adolescents trans sous pression d’une campagne transphobe, nous écrivions :

« Car ce que menacent les personnes trans pour ces prétendues féministes, c’est la norme biologique qu’elles définissent pour les femmes autour de la notion de fertilité. Une notion profondément réactionnaire qui, en essentialisant les femmes, menace les acquis de toute la seconde vague du féminisme en termes d’émancipation et de droit à l’auto-détermination hors du carcan des rôles assignés aux femmes par la société patriarcale. C’est sans surprise que la droite conservatrice et religieuse se retrouve dans cette rhétorique, comme la chroniqueuse de droite chrétienne Eugénie Bastié qui tente d’importer en France cette polémique autour des inhibiteurs d’hormones. »

Une alliance réactionnaire en réponse à la radicalisation politique de toute une génération militante

En France, ces agressions interviennent dans un contexte de radicalisation politique de toute une jeune génération militante. Cette année, la marche des fiertés a été précédée d’une Pride radicale historique qui a rassemblée plus de 30 000 personnes sous une bannière anti-capitaliste et anti-raciste. Le signe affirmé que des dizaines de milliers de jeunes LGBTI refusent que le lutte contre les oppressions soit instrumentalisée au profit d’une politique libérale et raciste.

C’est d’ailleurs en réponse à l’offensive réactionnaire du gouvernement Macron, qui s’emploie depuis des mois à stigmatiser les personnes musulmanes que beaucoup se sont mobilisés samedi 20 juin. Ce qu’on voit à l’international, comme en France, c’est la proximité entre les TERF et les mouvements les plus réactionnaires : en Angleterre ou aux Etats-Unis, elles n’hésitent pas à marcher main dans la main avec les racistes de tous bords et l’extrème-droite conservatrice. En France, la publication de l’immonde tribune transphobe dans Valeurs Actuelle ou encore l’engouement d’Eugénie Bastié, chroniqueuse de droite chrétienne, pour le mouvement "gender critical" en Angleterre démontre cette alliance des franges les plus réactionnaires avec un mouvement qui n’a de féministe que le nom.

Ce que les TERF, et ce groupuscule en faisant partie à Paris, cherchent à attaquer, ce sont les bases de la solidarité entre les opprimés qui s’est construite aux travers d’années de lutte dans les mouvements féministes et LGBTI. Surfant sur la vague réactionnaire et les thèmes de l’insécurité maniés par la droite en peignant les personnes trans comme des menaces insidieuses à la société, les TERF voient comme une menace cette nouvelle génération qui se politise au travers des luttes antiracistes, féministes et LGBTI, et qui est prête à se battre contre les oppressions et à remettre en question les carcans de genre et de sexualité imposés par le capitalisme.

L’urgence d’un soutien large et déterminé

C’est pour toutes ces raisons que Sasha, les militantes du FLIRT et toutes les militant.es trans ont besoin d’une riposte urgente et collective.

Des organisations comme Act-Up Paris et le Strass ont rapidement exprimé leur soutien sur Twitter, avant la réaction de l’Inter-LGBT, à l’origine de la manifestation, qui a condamné l’agression de Sasha mais pas des militantes du FLIRT. Il est déterminant que toutes les organisations féministes et LGBTI se positionne de façon nette et tranchée : les TERFS n’ont rien à faire dans nos fiertés et c’est collectivement que nous devrons nous y affronter.




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