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Politique

Meeting toulousain

Une campagne et une « nouvelle force politique » : 350 personnes au meeting toulousain de Anasse Kazib

Ce jeudi soir, plus de 350 personnes étaient réunies à Toulouse pour le meeting de campagne de Anasse Kazib. L'occasion de présenter cette candidature et son programme, mais aussi de décliner le projet d'une nouvelle force politique qui veut bouleverser la gauche révolutionnaire.

samedi 20 novembre

350 personnes et de nombreux secteurs présents, sur scène et dans la salle

Ce jeudi soir, plus de 350 personnes se sont retrouvées dans une ambiance combative à la salle Barcelone à Toulouse. Tous étaient venus participer au meeting de campagne d’Anasse Kazib dans la ville rose, qui a déroulé, aux côtés de plusieurs invités, le programme porté au travers de sa candidature. Et dans la même veine que le meeting de lancement de campagne organisé à Paris quelques semaines plus tôt, la composition de la salle incarnait d’elle-même le caractère inédit de la candidature d’Anasse Kazib.

« On est fiers de voir dans la salle des délégations de différents secteurs du monde du travail, de travailleurs et de travailleuses de ce qu’on a appelé la première ou la deuxième ligne, qui ont fait tourner la société pendant la pandémie. Je pense notamment aux travailleurs de l’aéronautique, de Derichebourg, Latécoère, Mecachrome, AAA, Airbus, les Ateliers de la Haute-Garonne, qui subissent de plein fouet le mépris d’un patronat qui se vante de la reprise après avoir licencié des milliers de personnes, les salariés de Tisséo et de la SNCF, les profs, les assistants d’éducation et toutes les petites mains invisibles de l’Éducation Nationale » a ainsi introduit Alberta à la tribune. Sous les applaudissements, elle a continué en saluant les nombreux jeunes présents dans la salle « venus de Sciences Po, du Capitole et du Mirail, qui représente la jeunesse en lutte contre ce système qui nous étouffe » puis les organisations venues tenir des tables dans le cadre de l’échéance : Palestina Vaincra et l’Action Antifasciste Toulouse.

Quatre interventions qui dessinent une campagne pas comme les autres et un programme radical

Rozenn Kevel, ex-salariée à Chronodrive et militante à Révolution Permanente et à Du Pain et des Roses, a ouvert le meeting sous un tonnerre d’applaudissements. Elle est revenue sur la lutte qu’elle a menée contre les violences sexistes et sexuelles dans son magasin, avec ses collègues, qui a conduit à son licenciement. Cette attaque a donné lieu à l’organisation de la première grève de l’histoire de Chronodrive : « une grève féministe contre la répression de celles qui relèvent la tête face aux violences sexistes et sexuelles » raconte la jeune militante. Une expérience qui lui a montré qu’il faut lutter pour « décloisonner et unir le combat contre l’exploitation et celui contre les oppressions » et se battre pour qu’il existe un « véritable MeToo au boulot !  ». Derrière les acclamations de la salle, Rozenn a lancé un appel à rejoindre la campagne Anasse pour continuer ce combat : « je veux vous convaincre, convaincre les jeunes de qui les responsables politiques se moquent ouvertement, comme si vouloir en finir avec le capitalisme c’était une crise d’ado, convaincre les femmes, qui souvent ne s’en sentent pas capables à cause du patriarcat (…). Ce qu’on vous propose ce soir ce n’est pas juste 2022, c’est construire ensemble un autre projet de société, dans lequel nous, les jeunes et les femmes avons un très grand rôle à jouer. ».

Gaëtan Gracia, tourneur-fraiseur dans l’aéronautique et militant à Révolution Permanente, a pris la suite, revenant avec humour sur les propos de la ministre de l’industrie concernant « la magie de l’usine ». Il a dressé le tableau des attaques que subit actuellement le monde du travail : augmentation des prix, attaques sur les retraites et le chômage, … pour mieux y opposer le programme défendu par Révolution Permanente comme le SMIC à 1800€ net, l’indexation des salaires sur le prix de l’inflation, et le partage du temps de travail sans pertes de salaire. Des mesures qu’il faudra arracher. Il conclue en ce sens en expliquant qu’il est essentiel que ceux qui font tourner la société se réapproprie la politique : « arrêtons de croire qu’on n’est pas assez intelligents, pas légitimes pour défendre nos idées politiques. Ceux qui prétendent nous représenter sont des riches, qui n’ont jamais travaillé, qui ne tiendraient pas deux jours s’ils avaient nos vies, mais qui touchent 10.000 euros par mois ! Nous n’avons pas à être représentés par des bourgeois ou des politiciens professionnels. C’est nous qui faisons tourner les machines, c’est nous qui faisons tourner le monde, donc c’est à nous de décider ce qu’on produit, comment on le produit et comment on organise la société. »

Sasha Yaropolskaya, militante transféministe et réfugiée politique russe, est revenue de son côté sur la désillusion qu’elle a connue lors de son arrivée en France et sur le climat politique délétère qu’on connaît actuellement : « Les choses vont mal en France. Et écoutez, quand une russe vous dit que les choses vont mal politiquement, c’est que les choses vont vraiment, vraiment très mal ». Elle a insisté ensuite sur la nécessité de lier le combat contre la transphobie d’État et les luttes LGBTI+ avec la lutte anticapitaliste et révolutionnaire. « Moi je n’ai pas peur de dire que la police tue. Je n’ai pas peur de dire que les capitalistes tuent. Je n’ai pas peur de dire que les fascistes à qui on donne la cour libre dans les médias nationaux tuent. Je respecte la tradition militante LGBT qui consiste dans la lutte pour la vraie égalité pour tous, pour le socialisme qui peut assurer cette égalité, pour la révolution qui peut mener au socialisme. C’est une tradition dont je suis fière ».

« Salut les wokistes ! » a lancé avec humour Anasse Kazib en entame de son intervention qui assurait la conclusion du meeting, sous les acclamations de la salle. Le candidat à la présidentielle est d’abord revenu sur les attaques de l’extrême-droite qu’il subit depuis quelques semaines, montrant ainsi la peur suscitée par sa candidature : « La dernière fois ils se sont indignés de l’absence de drapeau français dans nos meetings, pourtant cela ne les dérangent pas quand les autres candidats de la gauche révolutionnaire arborent le drapeau rouge, symbole des révolutionnaires et internationalistes. Qu’il le sache, je n’irai nulle part et je continuerais à dénoncer haut et fort le racisme et la xénophobie, comme je continuerai à dénoncer la bourgeoisie et le patriotisme ».

Face aux discours réactionnaires qui gangrènent l’ensemble des débats, sa candidature est essentielle pour que la voix des exploités et des opprimés existe en 2022. Mais si la campagne d’Anasse Kazib trouve un tel écho, c’est également parce qu’il cherche à porter un programme radical face aux crises multiples auxquelles nous sommes confrontés. Face à la crise climatique notamment, le candidat, qui pointe la bourgeoisie comme responsable du réchauffement climatique, montre que les réponses à la hauteur ne pourront provenir que du monde du travail. C’est en cela qu’il revendique la planification de la production ainsi que l’expropriation des grands groupes capitalistes sous contrôle des travailleurs, expliquant « les ouvriers sont les mieux à même de faire la transition écologique, car c’est eux qui vivent à côté de l’usine dans laquelle ils travaillent, qui se promènent dans les forêts avec leurs enfants et qui se baignent dans les rivières l’été ».

Surtout, il a expliqué qu’au travers d’une telle candidature, ouvrière et profondément anti-raciste, féministe et écolo, l’objectif est bien de porter un discours révolutionnaire dans les présidentielles de 2022 : « Souvent on nous explique que ce sont les révolutionnaires qui seraient utopiques, qu’ils rêveraient du grand soir et que leur projet ne serait pas réaliste. Le grand soir nous n’avons pas besoin d’en rêver, nous sommes persuadés qu’il arrivera et nous le préparons avec nos luttes quotidiennes. Car ce qui n’est pas réaliste c’est de penser qu’il est encore possible de vivre des années dans un système dans lequel 26 milliardaires détiennent la moitié des richesses de l’humanité. Face à la crise économique, la crise sanitaire, la crise climatique, la révolution et le renversement du capitalisme sont au contraire le seul projet réaliste ! »

Dans un moment de vive émotion, Anasse Kazib a conclu son intervention en affirmant que « oui la police tue, qu’elle soit filmée ou non » en rendant hommage à toutes les victimes de violences policières sous les acclamations de la salle. Du jamais vu dans une campagne présidentielle, et qui convainc de l’importance que Anasse Kazib soit présent en 2022. C’est pour dépasser les barrages antidémocratiques auquel le candidat fait face que Rozenn Kevel a lancé un appel « à prendre part à cette campagne, à rejoindre les comités de soutien à la candidature d’Anasse Kazib pour faire en sorte qu’on ait les 500 parrainages ».

« Faire naître une nouvelle force politique » : un meeting au service d’un projet de parti à construire collectivement

La réussite de ce deuxième meeting de campagne réaffirme non seulement l’écho que rencontre la candidature d’Anasse dans de nombreux secteurs de la population, du monde du travail aux quartiers populaires en passant par la jeunesse, mais plus largement, la pertinence du projet politique révolutionnaire qu’il porte. Comme le rappelait Sasha Yaropolskaya : « c’est collectivement qu’on a le potentiel de changer des choses dans un pays qui a urgemment besoin d’être changé. C’est collectivement qu’on va affronter le capitalisme, le racisme, l’homophobie, la transphobie ».

En ce sens, Gaëtan Gracia est revenu sur le fait que cette campagne présidentielle dépasse largement la question de l’élection mais ouvrait la voie à la construction d’une nouvelle gauche révolutionnaire. « Nos seuls problèmes ne sont pas que des problèmes de salaire ou d’emploi. Nos oppressions ne s’arrêtent pas aux portes de l’usine. Chaque militant doit sentir dans sa chair toutes les oppressions qui existent dans cette société. On le dit haut et fort, on n’acceptera pas la division des luttes ! (…) Cette division des mouvements sociaux, personne ne la dénonce, ni à gauche ni même l’extrême-gauche qui présente toujours les mêmes candidatures aux discours routinier pour faire 1%. Non, on ne fait pas une candidature de témoignage. On arrive dans la vie politique française, que les autres le veuillent ou non, et on est venus pour rester les camarades ! Aujourd’hui est en train de faire naître une nouvelle force politique, une organisation de combat, un parti pour la révolution. » a-t-il ainsi pointé lors de son intervention.

Mais pour aller vers un tel projet et permettre à Anasse Kazib de le porter dans la présidentielle, il faudra être nombreux. C’est en ce sens que le cheminot a insisté à la fin du meeting sur la nécessité d’une participation de toutes et tous à la campagne. « On n’y arrivera pas sans vous, vous pouvez nous aider financièrement mais également rejoindre les comités de soutien pour mener cette campagne à nos côtés ! » a-t-il pointé. Pour participer, c’est sur www.anassekazib2022.fr !




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